/opinion/blogs/columnists
Navigation

Faux espoirs

Coup d'oeil sur cet article

Les cas de COVID-19 ne diminuent pas au Québec. Nous serons pris avec le virus pour plusieurs mois encore. Le gouvernement n’aurait-il pas dû nous préparer au pire dès le départ, plutôt que de nourrir notre espoir au compte-gouttes ?

Du 1er au 28 octobre, alors que le virus se propageait de façon alarmante, le gouvernement a réintroduit des mesures restrictives dans notre quotidien. « OK, on se relève les manches. On a une courbe à aplatir. »

Le 26 octobre, nous apprenions que ces mesures seraient prolongées jusqu’au 23 novembre en zone rouge. « OK, encore quelques semaines d’effort ! On va en venir à bout. »

Eh bien non. La situation pandémique dans la province s’est même détériorée.

Je suis certaine qu’il aurait été plus facile de se passer de nos célébrations des Fêtes en groupe si on avait su dès le départ que l’on courait un marathon. À force de nous demander de faire des sprints, le gouvernement nous essouffle.

Voir la pandémie par petits bouts, c’est ravageur pour la santé mentale.

Frapper le mur

Dans l’ouvrage Découvrir un sens à sa vie, le psychiatre autrichien Viktor Frankl a décrit les observations qu’il a faites sur la santé mentale alors qu’il était détenu dans un camp de concentration pendant la Deuxième Guerre mondiale. Parmi toutes les horreurs qu’il était possible d’y subir, le plus difficile, c’était de ne pas connaître la durée de ce calvaire. 

Dans le contexte moins dramatique de la pandémie, qu’arrive-t-il quand on nous demande un effort, puis un autre et un autre ? On risque de se démotiver, de ne plus avoir envie de suivre les recommandations de la Santé publique. On est aussi plus à risque d’être en déséquilibre psychologique parce qu’on ne s’organise pas pour tenir bon sur une longue période.

Frapper le mur du découragement peut laisser des bleus à l’âme.

À trop vouloir donner d’espoir, le gouvernement crée du désespoir.