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Le golf en temps de pandémie: retard modéré

En plus de celle des professionnels, la pandémie a freiné la progression des amateurs

Brigitte Thibault
Photo courtoisie Même si la pandémie a bousculé ses plans, Brigitte Thibault a remporté le championnat féminin Western, en Illinois, en juillet.

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Il est faux de prétendre que la pandémie n’a considérablement ennuyé que les golfeurs professionnels. Les jeunes amateurs y ont aussi goûté.

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La crise de la COVID-19 a provoqué un retard tant dans leur développement que leur progression.

Les Brigitte Thibault, Céleste Dao, Laurent Desmarchais, Étienne Papineau et compagnie ont dû se débrouiller pour dénicher les occasions, qu’elles soient alléchantes ou non. Ainsi, en l’absence de compétitions d’amateurs internationales permettant de se mesurer aux meilleurs de leur sport, ils ont opté en majorité pour des tournois locaux ou régionaux. 

Ils ont tous vécu la situation en relevant différents défis. Ils ne sont pas programmés pour jouer une centaine de rondes sans véritable importance et sans enjeu à leur club local, a par ailleurs témoigné l’instructeur québécois Fred Colgan. 

Du lot, Thibault a pris le taureau par les cornes en s’exilant aux États-Unis, où elle a d’ailleurs remporté le prestigieux championnat féminin Western, en Illinois, à la fin de juillet. N’en demeure pas moins qu’elle a trimé dur pour continuer à avancer... au ralenti. 

Céleste Dao n’a pu disputer que deux tournois organisés par le circuit universitaire américain avec les Bulldogs de l’Université de la Géorgie en 2020.
Photo courtoisie
Céleste Dao n’a pu disputer que deux tournois organisés par le circuit universitaire américain avec les Bulldogs de l’Université de la Géorgie en 2020.

Encore cet automne, la conférence Mountain West, dans laquelle elle évolue dans la NCAA, chez les Bulldogs de l’Université Fresno en Californie, a annulé son calendrier en raison de la pandémie. Sur la côte Est, la Québécoise Céleste Dao a pu s’élancer dans deux des trois tournois organisés par le circuit universitaire avec ses Bulldogs de l’Université de la Géorgie.  

Chez les hommes, Laurent Desmarchais, l’étoile montante au Québec, s’est aussi démarqué avec une éclatante victoire chez les pros. Il l’a réussi bien qu’il ait eu 75 % de ses entrées annuelles habituelles en tournoi.

Constat général

Le constat est toutefois généralisé parmi les golfeurs et golfeuses au niveau amateur : la pause forcée du printemps et une période estivale beaucoup plus tranquille qu’à l’habitude ont causé un retard de développement, selon les instructeurs du programme provincial et national.

« C’est un net recul de trois à quatre mois, a estimé Daniel Langevin, instructeur du programme élite de Golf Québec et entraîneur des Carabins de l’Université de Montréal. Quand il compte moins de participations en tournoi, un golfeur se développe moins bien. 

« Dans les circonstances et malgré le manque d’informations complètes, ils se sont bien battus. De plus, ils devaient composer avec des conditions psychologiques devenant parfois aliénantes, a-t-il ajouté. La capacité d’adaptation frôlait la folie. Chaque jeune athlète vivait la situation différemment. Pour certains, c’était plus difficile. »  

Motivation affectée

Menant le programme national masculin, l’instructeur-chef Derek Ingram confirme qu’il n’a jamais autant été accroché à ses appareils électroniques pour rester en contact avec ses athlètes. 

« Il y avait tant d’apprentissages à faire. Il fallait s’assurer de les aider dans leur développement physique. Je certifie que l’aspect psychologique était aussi souvent abordé dans les diverses rencontres virtuelles. »

Dès le début de la pandémie en mars, Golf Canada a fermé son centre national d’entraînement de Bear Mountain, à Victoria. Ainsi, les juniors et amateurs de l’élite qui s’y entraînaient sont rentrés à la maison pour le confinement. 

Selon la planification du programme élite, ils n’y retourneraient qu’à la fin de l’hiver, dans le meilleur des scénarios. Entre-temps, ils participent à différents camps de perfectionnement.

« C’est difficile pour les athlètes, car c’est l’absence de compétitions qui mine la motivation. Ils carburent à l’adrénaline des tournois afin d’atteindre leurs objectifs à court et moyen termes. Ils peuvent ensuite penser à l’avenir. En temps de pandémie, certains n’ont pas joué en tournoi et d’autres n’ont pas pu établir des objectifs à moyen terme. C’est donc facile de perdre sa motivation. »

À la traîne ? 

Selon Fred Colgan, le retard accumulé chez les juniors et amateurs n’est pas irrécupérable. L’élite traînera toutefois cette année « merdique » un bon moment, surtout quand viendra le temps de se mesurer aux athlètes internationaux qui ont évité un arrêt prolongé en 2020. 

« Nous avons pu maintenir le développement des habiletés individuelles pendant huit mois, mais il faudra les appliquer en situation de compétition face aux meilleurs du sport. Ce sera l’équivalent d’un retour au jeu après une blessure et une longue convalescence », a signalé l’instructeur de Québec. 

Tous les athlètes questionnés ont néanmoins exprimé être nettement mieux outillés pour surmonter les obstacles. Leurs entraîneurs en ont aussi témoigné.

« Ceux qui ont traversé cette saison 2020 deviendront des golfeurs plus forts entre les oreilles. Ils ont démontré une résilience et un acharnement incroyables », a conclu Langevin.