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Ne violez pas ma bulle

Loi 21
Photo Martin Alarie Des manifestants dénoncent la loi 21 sur cette photo prise le 2 novembre dernier.

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J’ai personnellement de bonnes raisons de honnir deux des trois « religions du livre », le christianisme et l’islam. Je n’en ai pas fait cas jusqu’à présent. Les occasions furent pourtant nombreuses... Mais comme le dit si bien mon épouse : là, c’est assez !

À l’ombre de la crise sanitaire qui nous occupe, des hordes religieuses, flanquées de leurs exégètes juridiques se trouvent devant les tribunaux. Ils ont un objectif en tête : étouffer la loi québécoise sur la laïcité. La loi 21.

Ils tentent coûte que coûte de se frayer un chemin. 

Cela heurte. Surtout quand des exhibitionnistes religieux tentent de s’imposer sans consentement, par la ruse, la calomnie, des allusions douteuses et la culpabilisation.

Le Québec est une société distincte

Celles et ceux qui tentent de neutraliser la loi 21 ignorent cette spécificité. Robert Bourassa et René Lévesque se sont battus pour cela. C’est un héritage collectif.

Il n’est pas interdit de pratiquer sa religion au Québec. Mais il est déplacé de s’en servir pour indisposer les autres.

Pour certains, le Québec ne devrait pas avoir le pouvoir de s’extirper de la loi sur le multiculturalisme canadien. Il ne devrait pas avoir le pouvoir de définir les contours de sa propre identité par une loi. 

Ils se trompent. Le Québec s’est inscrit sous le paradigme de l’interculturalisme. Il n’a jamais été partie prenante du laboratoire multiculturaliste. Celui-ci a pignon sur rue dans le reste du Canada. Les exhibitionnistes religieux y sont les bienvenus.

Le consentement collectif a son importance au Québec

Il y a belle lurette, on s’est entendu collectivement sur le fait que la religion n’a pas sa place dans les affaires de l’État. À trop vouloir y individualiser les droits des minorités au détriment du « collectif », on finira par éborgner le Droit.

Au Québec, les minorités n’ont pas que des droits comme tout le monde. Elles ont également des devoirs... comme tout le monde.

Les « droits fondamentaux » des uns et des autres

Pourquoi ai-je personnellement de bonnes raisons de voir disparaître de l’espace public ces deux religions ?

Parce qu’il y a eu 12 siècles d’esclavage des Noirs en Afrique sous l’égide de l’islam. Des millions de victimes. Le saviez-vous ?  

Ensuite, il y a eu cinq siècles d’esclavage avec des dizaines de millions d’Africains morts ou déportés aux Amériques sous la houlette du christianisme. Étiez-vous au courant ? 

Poussons le bouchon un peu plus loin : devrais-je invoquer mes droits fondamentaux face aux exhibitions publiques des adeptes de ces deux religions parce qu’à l’aune de leur passif, elles m’agressent ?

On connaît la posture des Juifs d’hier et d’aujourd’hui relativement à la mémoire du nazisme. Cet épisode de notre histoire n’a pas duré un siècle... Alors, imaginez la posture des Africains qui connaissent leur histoire... 

Il ne faut pas violer ma bulle existentielle. La neutralité absolue de l’État est non négociable en ce qui me concerne.

Il y a belle lurette, on s’est entendu collectivement sur le fait que la religion n’a pas sa place dans les affaires de l’État.