/news/society
Navigation

Aucun membre du personnel ne s’est inquiété pour la petite Rosalie

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Audrey Gagnon. Meurtrière

Coup d'oeil sur cet article

Lorsque Audrey Gagnon s’est fait montrer la porte de la Maison Marie-Rollet, après avoir menacé de mort son intervenante, et qu’elle a quitté les lieux, à 22 h 10, avec sa fille, personne ne s’est inquiété du sort de la petite Rosalie, puisque sa mère n’avait jamais été agressive envers elle.

• À lire aussi: Le petit corps portait des blessures multiples

• À lire aussi: Faire la lumière sur la mort de la petite Rosalie

Au jour 2 des audiences publiques présidées par la coroner Géhane Kamel, c’est le témoignage de l’intervenante psychosociale d’Audrey Gagnon qui a retenu la majeure partie de la journée.

Celle qui, jusqu’en septembre 2020, occupait un emploi à la maison d’hébergement pour femmes en difficulté a souligné que les liens qui l’unissaient à Audrey Gagnon avaient d’abord été « cordiaux et chaleureux » avant de se détériorer peu à peu.

Le 12 avril, une rencontre était prévue avec Audrey Gagnon, car, la veille, elle avait quitté la ressource alors que Rosalie dormait seule dans une chambre. Les intervenants voulaient aussi aborder avec elle les soupçons qu’ils entretenaient à son endroit quant à sa consommation de stupéfiants.

« Elle était sur la défensive et a dit à l’autre intervenante que j’étais toujours sur son dos, qu’elle allait me tuer et me faire brûler vive », a rapporté l’intervenante, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication. 

  • Écoutez la journaliste Kathleen Frenette sur QUB radio:    

Priée de partir

C’est à ce moment que la décision de faire quitter les lieux à la mère de famille a été prise, « en équipe », et un appel a été fait à la direction de la protection de la jeunesse (DPJ), qui avait demandé à être avisée si la mère quittait la ressource, mais le message a été laissé sur une boîte vocale, sans plus, le soir même. 

Ne sachant pas trop où passer la nuit avec sa fille, Gagnon a demandé « à plusieurs reprises » aux intervenantes de la Maison si elle « pouvait rester un soir de plus ». 

Devant une réponse négative, et plusieurs appels infructueux pour se trouver une autre ressource, elle a finalement fait savoir qu’un ami allait les héberger, elle et sa fille, sans toutefois accepter de dévoiler le nom de cet ami aux intervenantes. 

« Lorsque la décision a été prise que madame quitte, est-ce que vous aviez des craintes ou des inquiétudes pour la sécurité de l’enfant », a questionné Me Marco Robert, qui représente les intérêts d’Audrey Gagnon

Aucune crainte

« On avait certaines inquiétudes en lien avec sa routine de vie. Audrey se levait parfois tard et elle avait des retards, mais rien concernant sa dangerosité puisqu’elle n’a jamais été agressive envers sa fille », a-t-elle ajouté, catégorique. 

L’intervenante jeunesse de la Maison, qui a eu à intervenir durant le séjour d’Audrey pour l’aider dans son rôle parental, a également abordé l’aspect de l’absence d’appel, en cours de séjour, à la DPJ. 

« Avec deux ans de recul, pensez-vous qu’un appel à la DPJ, sans faire de signalement, mais seulement pour discuter du cas de madame Gagnon aurait été souhaitable », a questionné la coroner.  

« La sécurité de Rosalie n’était pas compromise et je crois qu’un appel, à ce stade-ci, aurait été précipité », a-t-elle dit.