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La Corporation Financière Champlain devient actionnaire de Louis Garneau

L’homme d’affaires Louis Garneau
Photo Stevens Leblanc L’homme d’affaires Louis Garneau

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L’homme d’affaires Louis Garneau ne sera plus seul aux commandes de son entreprise. La Corporation Financière Champlain devient actionnaire du détaillant et participera au plan de relance du groupe, qui ne prévoit plus de production en sol québécois.

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Mardi, l’ancien cycliste professionnel a annoncé la fin de la course «la plus difficile» dans sa carrière. En mars, avant que la pandémie ne frappe le Canada, l’entreprise spécialisée dans les vélos avait été contrainte de se mettre sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.

Depuis, la direction a exploré différents scénarios pour éviter la fermeture ou la vente des actifs à des étrangers. L’objectif était de rester québécois. En raison de la COVID-19, M. Garneau concède toutefois s’être buté à plusieurs portes closes au cours de sa quête pour de nouveaux capitaux.

L’homme d’affaires Louis Garneau
Photo Stevens Leblanc

«Le plus difficile a été de trouver des partenaires du Québec. [...] Il y a eu beaucoup d’intérêt de l’Ouest canadien et des États-Unis», raconte-t-il. «À la fin, il n’y avait pas beaucoup de monde qui croyait en nous», ajoute-t-il.

C’est finalement la société de placements privés Corporation Financière Champlain qui a accepté d’épauler M. Garneau en devenant actionnaire minoritaire de la compagnie fondée en 1983. Depuis déjà plusieurs mois, les deux organisations travaillent sur un plan de relance d’environ 25 M$.

Comme Le Journal le révélait la semaine dernière, le gouvernement du Québec sera également de l’aventure. Un prêt de 5 M$ avec intérêts d’une durée de cinq ans a récemment été accordé à Louis Garneau Sports. 

La Banque Nationale du Canada participera aussi au montage financier. 

Fin de la production ici

Même si le siège social demeurera à Saint-Augustin-de-Desmaures, M. Garneau concède avoir dû faire une croix sur une production locale afin de demeurer compétitif dans un marché féroce où plusieurs de ses compétiteurs s’approvisionnent en Asie afin de réduire leurs coûts. 

«J’étais rendu un peu comme le perdu qui croyait encore à un modèle d’affaires de manufacturier québécois. Le modèle ne marchait plus. Nous étions rendus à nos limites», a répondu M. Garneau.

Ce dernier avait été contraint de remercier 66 salariés en mars dans la foulée de l’annonce de la restructuration. En septembre 2019, une cinquantaine de personnes avaient perdu leur emploi lors de la fermeture de l’unité de production de textile à Saint-Augustin-de-Desmaures.

L’ancien cycliste se tournera dorénavant vers ses installations au Mexique et vers des sous-traitants en Chine pour assurer sa production. L’entreprise compte présentement environ 70 travailleurs à son siège social, où les activités seront axées sur la commercialisation, le marketing digital et la distribution.

M. Garneau siégera comme président du conseil d’administration et sera chef de la création. Son fils William n’est plus dans l’organisation. La direction a été confiée à Jean-Marc Jahoo.

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Mois difficiles

Les derniers mois ont été difficiles pour l’enseigne Louis Garneau Sports, dont les dettes s’élevaient à 28,1 M$ et celles de la division Sugoi Global à 8 M$. En septembre, la grande majorité des créanciers avaient approuvé l’offre de l’entrepreneur. Plusieurs créanciers non garantis ont toutefois dû laisser d’importantes sommes sur la table.  

Au cours des dernières années, la société montréalaise de placements privés Corporation Financière Champlain a investi dans plusieurs entreprises, comme Kanuk, La Canadienne et G2MC (Galerie du Meuble, Maison Corbeil et Jardin de Ville). 

Le Groupe Louis Garneau possède des installations au Québec, au Vermont, au Mexique et en France. La compagnie, qui détient les marques Garneau, Sugoi et Sombrio, a aussi un bureau d’approvisionnement en Chine.