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L’heure du sprint final pour Équipe Canada junior

André Tourigny espère avoir complété sa formation vendredi

Journaliste
Photo d’archives André Tourigny et les joueurs présents au camp de la sélection canadienne junior ont pu retourner sur la glace mardi après une quarantaine de 14 jours.

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André Tourigny savait que c’était le cas, mais le retour sur la glace mardi lui a confirmé que le temps est son pire ennemi. Son personnel d’entraîneurs et lui devront finaliser leur alignement et ainsi retrancher 16 joueurs d’ici vendredi.

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Les deux groupes, les Rouges et les Blancs, se sont entraînés deux fois chacun, mardi. Ils patineront de nouveau à tout de rôle ce matin avant de disputer un match intraéquipe en soirée. Même plan de match jeudi et vendredi, ÉCJ prévoit nommer les 25 joueurs qui entreront dans la bulle d’Edmonton à partir du 13 décembre.

DES CHOIX DIFFICILES

Si le poste de certains joueurs est déjà acquis dans la tête des dirigeants de la sélection nationale, plusieurs places sont encore en jeu et les deux prochains matchs décideront du sort de plusieurs d’entre eux.

«Il y a encore des batailles pour des postes et on est heureux d’avoir tout le monde sur la glace. La sélection sera difficile. [...] La marge entre les joueurs est tellement mince qu’une bonne ou une moins bonne performance va faire en sorte de changer la donne», a mentionné Tourigny mardi en fin d’après-midi.

LA PÉDALE AU PLANCHER

La situation actuelle n’est pas idéale, évidemment. Les joueurs devront disputer deux matchs de suite à haute intensité après avoir passé 14 jours loin de la patinoire, confinés à leur chambre d’hôtel.

Conscient que le risque de blessures est bien présent, André Tourigny mentionne que l’importance de jouer des matchs va au-delà du risque y étant relié.

«On s’en va jouer le meilleur tournoi au monde. Il faut jouer des matchs, il faut être intenses. Il n’existe pas de switch qui va faire que le 26 décembre, on va se dire “go, on y va”. Tous les jours, il faut y aller à fond la caisse parce qu’on n’a pas le temps de prendre notre temps. Il faut voir l’urgence de la situation à chaque jour. Si tu prends ton char, ça se peut que tu aies un accident. Vas-tu le prendre pareil ? Oui. Ça fait partie de la game

LE CŒUR BRISÉ

Se disant peiné pour les cinq joueurs qui ont été obligés de retourner à la maison puisqu’ils ne respectaient pas les critères exigés par la Santé publique de l’Alberta dans le protocole de retour au jeu, Tourigny a reconnu que de l’annoncer à Xavier Simoneau avait été particulièrement difficile.

Rappelons que ce dernier est arrivé en retard au camp puisque le résultat de son test de COVID-19 avait mis plus de temps que prévu à arriver et qu’il n’a donc pas pu participer aux matchs intraéquipe avant l’isolement.

«Quand on a pris conscience de la situation, on a tous eu le cœur brisé de voir ce qui arrivait à Xavier. Il a été un soldat incroyable pour nous. Dans tous les appels Zoom ou lors de tous les obstacles, il a toujours été poli et gentil. Quand il a eu la nouvelle, il a été le premier à envoyer un message à tous les joueurs. Un message qui venait du fond du cœur. C’est vraiment un jeune homme exceptionnel et il avait une opportunité en or. Je dis souvent que le hockey est juste, mais ce n’est pas vrai dans son cas.» 

Attente terminée pour Devon Levi 

La patience du gardien montréalais Devon Levi a été testée depuis un mois. 

Tout juste après avoir conclu sa quarantaine obligatoire puisqu’il arrivait des États-Unis, il a appris que toute la formation d’Équipe Canada junior devait à nouveau se placer en isolement après les deux cas de COVID-19 déclarés chez des joueurs de l’équipe.

Ça fait donc un mois que le choix des Panthers de la Floride attend sa chance de démontrer son savoir-faire en compagnie de tous les autres joueurs invités au camp de sélection. Pendant sa première quarantaine, Levi a patiné avec les deux autres joueurs jouant dans la NCAA, soit Alex Newhook et Dylan Holloway.

Mardi matin, il a finalement pu dire: enfin!

«Ça n’a pas été facile d’être éloigné de l’équipe pendant un mois. Par contre, j’ai tout fait en mon possible pour demeurer le plus frais et dispo possible. J’ai fait beaucoup de vidéos et j’ai fait des exercices afin de travailler sur ma coordination mains/yeux. C’était génial d’enfin pouvoir sauter sur la patinoire aujourd’hui [mardi].»

Maintenant, celui qui s’est enrôlé avec les Huskies de l’Université Northeastern n’aura que très peu de temps pour prouver son point. Équipe Canada junior tiendra des rencontres intraéquipes aujourd’hui et demain et finalisera son alignement de 25 joueurs vendredi.

«Je veux simplement me concentrer à arrêter les rondelles. La décision des entraîneurs leur revient. Tout ce que je peux contrôler, c’est le prochain tir à arrêter.»

LEÇON RETENUE

Ça semble d’ailleurs être la mentalité qu’il a décidé d’avoir à ce camp. Plusieurs invités de tous les horizons ont offert des conférences aux joueurs d’ÉCJ durant leur confinement, et Levi a retenu cette leçon.

«Ils provenaient tous de différents milieux, mais ils avaient tous le même message. Celui que j’ai retenu est qu’il est important de se concentrer sur le processus et laisser le reste suivre son cours. Pour moi, le but est de gagner la médaille d’or et, pour ce faire, je dois avoir l’un des trois postes de gardien disponibles. Je n’ai pas de contrôle là-dessus, c’est pourquoi je me concentre à arrêter les rondelles.»

C’est aussi pourquoi il ne laisse pas le bruit extérieur le déranger.

«Il y a plusieurs obstacles ou des choses sur lesquelles je peux me concentrer qui n’ont pas rapport avec mon objectif. Je veux donc rester concentré à arrêter les rondelles. C’est un honneur pour moi d’être ici avec les meilleurs joueurs de moins de 20 ans au pays. Je suis excité de sauter sur la glace chaque jour, ce qui fait en sorte que je n’ai pas de misère à laisser faire le bruit extérieur.»