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Retour dans la LPGA en 2021

Anne-Catherine Tanguay profitera de son statut de nouvelle maman

Anne-Catherine Tanguay
Photo d'archives Anne-Catherine Tanguay et son conjoint Jean-Hubert Trahan comptent arpenter de nouveau les terrains à compter du printemps prochain.

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Si tout se déroule comme prévu, Anne-Catherine Tanguay retrouvera les allées et les verts de la LPGA lors de la prochaine saison professionnelle de golf.   

C’est ce qu’elle a évoqué en entrevue avec Le Journal, en racontant son aventure de l’année 2020. Celle-ci devait être une période de repos, de récupération et de ressourcement en famille. Le passage de la cigogne en juillet dernier a cependant déjoué le plan initial, à son plus grand bonheur.

En raison de la pandémie de COVID-19, la LPGA a modifié ses règlements d’admissibilité en 2020 et les a aussi appliqués à 2021. Ainsi, Tanguay pourra profiter de son statut conditionnel et de son année de maternité pour participer à plusieurs tournois. 

Loin des allées depuis octobre 2019, elle pourra retrouver le sport qui la passionne depuis son jeune âge. Selon les dispositions de la règle sur la maternité dans le circuit professionnel, Tanguay aura droit à des exemptions. 

« La LPGA offre des choix pour prendre le congé durant l’année de grossesse ou après la naissance. On dispose de deux ans pour revenir au jeu. À cause de la COVID, tout est décalé. En 2021, je pourrai jouer sans affecter mon statut de 2022 », a-t-elle expliqué, pimpante et en santé, en entrevue vidéo. 

Selon les priorités

Ayant terminé au 130e rang des boursières à la fin de la saison 2019, Tanguay avait ensuite fait l’impasse sur la dernière étape des qualifications (Q-Series) en prévision de la saison 2020. Peu importe, elle estime qu’elle pourra participer à près d’une dizaine de tournois en 2021. 

« Avec mon statut, je pourrais même en faire davantage selon la liste prioritaire. Peut-être même que certaines joueuses asiatiques ne pourront participer à certains tournois avec les restrictions. Elles étaient moins nombreuses cette année. » 

La golfeuse âgée de 29 ans prévoyait reprendre l’entraînement en Floride en janvier. Mais en observant la situation pandémique aux États-Unis et les six mois de la petite Livia pesant dans l’équation, elle croit devoir le repousser au printemps. 

De toute façon, elle ne visait pas un retour au jeu avant la fin de mai ou le début de juin. Elle préfère franchir les étapes une à la fois et ne rien précipiter afin de revenir en force. Une chose est certaine, c’est qu’elle ne veut surtout pas s’élancer avec une tonne de pression sur les épaules. 

« Je veux avoir du plaisir dans ce processus de retour au jeu. Durant ma pause, regarder le golf à la télévision m’a fait réfléchir et j’ai remis les choses en perspective, a-t-elle raconté. C’est un sport cyclique. Je me mettais beaucoup de pression. 

« Les attentes et la gestion du stress devront être différentes, a-t-elle poursuivi. Et je vais laisser le jeu sur le terrain. Quand je sortirai du parcours, Livia sera une bénédiction. Je n’aurai plus à me concentrer sur moi. Mon attention se portera sur ma fille. »

Autre défi à venir

Si Tanguay et son conjoint Jean-Hubert Trahan ont relevé de nombreux défis dans leur nouvelle aventure parentale en 2020, voyager de parcours en parcours avec la bambine en sera un nouveau. 

Dans un baby-boom sans précédent parmi les golfeuses de la LPGA, le circuit s’est adapté à la nouvelle réalité maternelle en offrant le service de garde sur le lieu des tournois. 

Mais la situation n’est pas aussi évidente au sein du circuit Symetra, l’antichambre de la LPGA, où Tanguay pourrait aussi évoluer à quelques reprises en 2021. 

En quête de solutions, Trahan, qui agit aussi à titre de cadet, pourrait délaisser le sac afin de prendre soin de Livia durant la journée de travail de maman.  

Une famille comblée

Anne-Catherine Tanguay et Jean-Hubert Trahan ne pouvaient trouver meilleur moment pour fonder leur petite famille. 

Comme quelques golfeurs et golfeuses de l’élite au Québec dans cette saison unique lors d’un récent dossier publié dans Le Journal, la pandémie a joué en leur faveur. La décision de décréter une année sabbatique à l’automne dernier ne pouvait mieux tomber. 

« Nous étions arrivés à cette étape dans notre vie. On ne choisit jamais le meilleur moment pour tomber enceinte et donner naissance à un enfant, mais je dois avouer que c’est arrivé assez vite, a relaté la golfeuse âgée de 29 ans. C’est vrai que la naissance change une vie. La petite Livia est en pleine santé. » 

Partage d’idées

La Québécoise n’a pas tardé à renouer le contact avec ses collègues golfeuses aux États-Unis, qui ont trimé dur dans cette saison écourtée en raison de la pandémie. Elle a d’ailleurs vu son amie Sophia Popov soulever le trophée de l’Omnium britannique à la fin d’août. 

Elle n’a pas hésité à demander conseil aux mamans du circuit afin de prévoir son retour sur les allées. La vie sur la route, constamment dans les valises, n’est pas évidente. Avec un bébé de moins d’un an en prime, tous les trucs sont accueillis volontiers. 

« Depuis deux ans, de grands noms de la LPGA ont accouché, a-t-elle rappelé en nommant les Brittany Lincicome et Michelle Wie, entre autres. Des mamans m’ont conseillé d’acheter un bain gonflable par exemple, car dans les chambres d’hôtel il n’y a souvent qu’une douche, et donné des trucs pour améliorer le sommeil la nuit. Ce sont des idées utiles que je ne connaissais pas. » 

Lorsqu’elle reprendra l’entraînement, elle devra aussi adapter l’horaire à sa réalité de mère. Peu importe la complexité logistique sur la route, Livia restera toujours sa priorité.