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Six premiers ministres font front commun pour le français

Ils réclament que la loi 101 s’applique dans les entreprises régies par Ottawa

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Les six anciens premiers ministres du Québec toujours vivants s’unissent pour demander que l’application de la Charte de la langue française soit étendue aux entreprises sous juridiction fédérale.

Dans une rare unanimité entre libéraux et péquistes, Pierre-Marc Johnson, Daniel Johnson, Lucien Bouchard, Jean Charest, Pauline Marois et Philippe Couillard signent aujourd’hui une lettre ouverte en appui aux élus de l’Assemblée nationale dans leur demande face à Ottawa. 

Cette sortie publique a été organisée à l’initiative de l’ex-chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

  • Écoutez l'ancien chef du Parti québécois Jean-François Lisée avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Dans leur missive, l’ex-première ministre et les ex-premiers ministres apportent leur appui aux élus de l’Assemblée nationale qui ont récemment adopté, à l’unanimité, une motion réclamant que le gouvernement fédéral « s’engage formellement » à travailler avec le gouvernement du Québec afin d’assurer l’application de la loi 101 aux entreprises à charte fédérale sur le territoire québécois.

Ces entreprises incluent notamment les banques, les transporteurs aériens et les entreprises en télécommunication.

En entrevue avec notre Bureau parlementaire, l’ex-première ministre Pauline Marois parle d’un « moment de grâce actuellement au Québec » pour finalement étendre la loi 101 aux entreprises de juridiction fédérale, plus de 40 ans après son adoption. 

« Il y a un consensus, et au Québec une quasi-unanimité, en tout cas à l’Assemblée nationale, sur la question de l’application de la Charte [de la langue française] aux entreprises de compétence fédérale au Québec », dit Mme Marois. 

De plus, les trois partis d’opposition à Ottawa sont d’accord avec cette mesure. Seul le gouvernement Trudeau s’y oppose, note-t-elle.

« Un message très fort »

Le fait de réunir six anciens premiers ministres « avec des points de vue fort différents » envoie « un message très fort », souligne Pauline Marois.

« Ça veut dire que, peu importe nos allégeances politiques, la langue est au cœur de ce que nous sommes, explique-t-elle. C’est au cœur de notre réalité culturelle, de notre capacité de prendre notre place dans le monde. » 

Cette sortie des anciens premiers ministres vient appuyer le front commun que le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, tente de construire face à Ottawa.

L’application de la loi 101 aux entreprises fédérales est une des mesures du « plan costaud » qu’il entend déposer l’hiver prochain pour mieux protéger le français au Québec. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

La semaine dernière, les maires des six plus grandes villes du Québec, de même que plusieurs groupes de la société civile avaient signé une lettre similaire, à la demande de M. Jolin-Barrette.

Les partis d’opposition à Québec s’étaient abstenus, ce qui a valu des critiques au Parti québécois, qui fait de la langue son cheval de bataille.

Maladresse du PQ

Elle-même ex-cheffe péquiste, Pauline Marois ne se formalise pas trop de l’absence de sa formation parmi les signataires. « C’est une petite maladresse », dit-elle. 

Le PQ, rappelle-t-elle, a appuyé la motion du gouvernement qui est à l’origine de la sortie publique des premiers ministres aujourd’hui. 

Appui de six premiers ministres à la motion unanime sur la loi 101  

Le 24 novembre dernier, l’Assemblée nationale du Québec adoptait à l’unanimité une motion qui réaffirmait que la protection de la langue française est essentielle et prioritaire en tout temps et que la Charte de la langue française doit s’appliquer aux entreprises de compétence fédérale au Québec. 

Aujourd’hui, au moment où nous traversons une grave crise sanitaire dont les conséquences culturelles, sociales et économiques marqueront l’avenir, nous voulons joindre nos voix à celles des élus de l’Assemblée nationale. 

Les fonctions que nous avons occupées nous ont placés au cœur de la promotion et de la défense de la francophonie en Amérique, une responsabilité unique et une situation fragile qui exigeront de tous les élus une vigilance de tous les instants. 

Pierre-Marc Johnson

Photo d’archives

Daniel Johnson

Photo d’archives

Lucien Bouchard

Photo d’archives

Jean Charest

Photo d’archives

Pauline Marois

Photo d’archives

Philippe Couillard

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