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Au tour de la mère de la petite Rosalie de raconter sa version

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Audrey Gagnon, coupable

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Quand Audrey Gagnon s’est fait expulser de la ressource d’hébergement avec sa petite Rosalie, elle n’avait nulle part où aller et, comme la maison refusait de la garder une nuit de plus ou de lui donner un ticket de bus, elle a marché quatre heures sous la pluie pour trouver refuge dans un taudis.

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Affichant une candeur désarmante, Audrey Gagnon, 25 ans, a pris la parole publiquement pour la première fois, jeudi, depuis les tristes événements survenus en avril 2018 dans un appartement de la rue Gaspard 

C’est dans cet appartement qu’Audrey Gagnon a trouvé refuge avec sa fille, Rosalie, après s’être fait montrer la porte de la Maison Marie-Rollet.
Photo courtoisie
C’est dans cet appartement qu’Audrey Gagnon a trouvé refuge avec sa fille, Rosalie, après s’être fait montrer la porte de la Maison Marie-Rollet.

Depuis le début de la semaine, les différentes intervenantes et la directrice de la Maison Marie-Rollet ont mentionné à la coroner, Me Géhane Kamel, que le départ d’Audrey Gagnon avait été décidé d’un «accord commun», après qu’elle eut menacé de mort une intervenante.

La principale intéressée a quant à elle indiqué que l'«accord commun» s’était fait entre les intervenantes, mais qu’elle ne voulait pas partir, sachant qu’elle n’avait nulle part où aller.

Après que la décision sans appel eut été rendue, Audrey Gagnon a essayé de trouver un endroit pour passer la nuit, mais une seule personne, un ami de son ancien copain, a accepté de l’héberger. Elle a quitté la Maison Marie-Rollet à 22h10.

«J’ai demandé un billet d’autobus et elles n’ont pas voulu m’en donner un. Je n’avais pas d’argent, alors j’ai marché jusque chez lui. Il pleuvait, ma fille était protégée, dans sa poussette, par un plastique. Ça m’a pris quatre heures pour me rendre», a-t-elle témoigné.

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Photo courtoisie

Appartement «insalubre»

Elle a également ajouté que l’appartement où elle avait atterri avec sa fille était «insalubre et inapproprié pour son enfant». 

Le lendemain, elle a fait de nombreux appels, mais aucune ressource ne pouvait la recevoir. Elle a donc rappelé à deux reprises à la Maison Marie-Rollet et supplié qu’on la reprenne, sans succès. 

En début de semaine, elle a parlé à son intervenante de la DPJ et, selon ses dires, elle lui a fait savoir qu’elle avait été mise dehors et qu’elle était dans un endroit inapproprié. 

«À quel moment vous commencez à être inquiète pour Audrey et Rosalie?» a demandé la coroner à l’intervenante de la DPJ qui a témoigné. 

«Quand on sait qu’une femme est expulsée à 22h le soir, c’est sûr que c’est inquiétant. Mais je n’avais pas d’inquiétude pour la sécurité immédiate de Rosalie», a-t-elle laissé tomber.