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Enquête publique sur le décès de Rosalie Gagnon: la coroner s'impatiente

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Au quatrième jour de l’enquête publique sur le décès de la petite Rosalie Gagnon, la coroner Me Géhane Kamel semble commencer à s’impatienter face aux réponses des intervenantes de la Maison Marie-Rollet.

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«Je veux bien être claire. Mon mandat n’est pas de trouver un coupable, mais plutôt de comprendre ce qui s’est passé, pour qu’un drame comme celui-ci ne se reproduise plus. Je veux pouvoir faire des recommandations en conséquence et, pour ce faire, j’ai besoin de réponses», a-t-elle dit à la dernière intervenante qui a témoigné.  

Ce commentaire est survenu après que Me Kamel eut demandé à l’intervenante pourquoi ni elle ni sa collègue n'avaient avisé l’urgence sociale le lendemain du jour où Audrey Gagnon, ayant menacé de mort une employée de la ressource d’hébergement, s’était fait montrer la porte.  

Audrey Gagnon avait alors supplié les intervenantes de lui permettre de revenir avec sa fille, mentionnant «être à la rue».  

«Je ne me rappelle pas qu’elle nous ait mentionné être à la rue. Pour ce qui est de l’urgence sociale, ma collègue et moi n’avons pas considéré qu’on devait faire un appel, parce qu’il n’y a jamais eu de menaces envers sa fille ou envers elle-même et que nous n’avions aucune inquiétude pour Rosalie», a répondu l’intervenante, dont l’identité est protégée.  

Cette intervenante est celle à qui Audrey Gagnon, lorsqu'elle est revenue chercher ses effets personnels à la Maison Marie-Rollet, le 15 avril, a dit avoir un nouveau conjoint, précisant qu'elle habitait désormais chez lui.  

C’est dans cet appartement qu’Audrey Gagnon a trouvé refuge avec sa fille Rosalie après s’être fait montrer la porte de la Maison Marie-Rollet.
Photo courtoisie
C’est dans cet appartement qu’Audrey Gagnon a trouvé refuge avec sa fille Rosalie après s’être fait montrer la porte de la Maison Marie-Rollet.

Photo courtoisie

«Elle s’est toujours très bien occupée de sa fille et elle se projetait dans le futur avec elle, alors, moi, je n’avais aucune inquiétude», a ajouté l'intervenante.  

Quand Me Marco Robert, qui représente les intérêts d’Audrey Gagnon, lui a demandé si le fait qu’une femme se retrouve à la rue était un motif de signalement, l’intervenante a répondu par l’affirmative. 

«Vous avez quand même contresigné la note qui mentionne que madame dit être à la rue et vous avez choisi, avec votre collègue, de ne pas loger d’appel à l’urgence sociale?» a poursuivi Me Robert, ce à quoi l’intervenante a répondu en soutenant à nouveau «qu’elle ne se souvenait pas qu’Audrey Gagnon était à la rue». 

«Pour moi, elle était chez son nouveau conjoint et nous n’avions aucune inquiétude pour l’enfant», a-t-elle dit. 

Rappelons que, cinq jours après s’être fait mettre à la porte de la Maison Marie-Rollet, Audrey Gagnon a poignardé sa fille à 32 reprises à l’aide d’une dague, puis a jeté son corps dans une poubelle.