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Une sombre farce qui pourrait mal tourner

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Donald Trump et ses fidèles partisans continuent d’entretenir la fiction d’un renversement possible de l’élection présidentielle. Ça n’augure rien de bon.

De toutes les prévisions faites avant l’élection, il y en a une que je ne crains pas de ressortir : Donald Trump avait annoncé qu’il allait contester les résultats en cas de défaite et il était facile de prédire l’échec lamentable qui se déroule devant nous.

Il était évident que Donald Trump ne pourrait pas réussir, mais il persiste toujours et sa capacité de déni de la réalité semble n’avoir d’égale que sa mauvaise foi.

Trump garde le cap

Mardi était « safe harbor day », le jour où, selon la loi fédérale, les listes de grands électeurs approuvées par les États deviennent irrévocables. 

Il est désormais impossible de renverser les résultats, mais le président continue quand même à entretenir l’illusion qu’il peut encore prévaloir, dans le but évident d’extraire le maximum de fonds de ses partisans. 

Son « Save America PAC » a recueilli plus de 200 millions de dollars depuis l’élection et l’argent continue d’entrer à flots. 

Des efforts pathétiques

De très rares républicains, comme le sénateur de Pennsylvanie Pat Toomey, s’insurgent contre cette volonté de renverser la volonté des électeurs et appellent leurs partisans à tourner la page. Ils ont toutefois l’impression de prêcher dans le désert.

La plupart des républicains restent honteusement muets devant les agissements du président. D’autres en rajoutent pour s’attirer ses faveurs ou pour ne pas se mettre ses partisans inconditionnels à dos. 

L’Attorney General du Texas, Ken Paxton, a déposé une plainte en Cour suprême contre la Géorgie, le Michigan, la Pennsylvanie et le Wisconsin, que la plupart des analystes juridiques considèrent au mieux futile. Certains disent que Paxton cherche à se faire valoir devant Trump parce qu’il fait face à des accusations de fraude qu’il ne détesterait pas voir effacer par une grâce présidentielle. Qui s’en étonnerait ?

Comme la cinquantaine d’autres actions légales intentées par « l’équipe d’étoiles » juridique de Trump, sous la direction rocambolesque de Rudy Giuliani, ces efforts pathétiques pour renverser la volonté de l’électorat vont faire chou blanc.

Suite incertaine

Donald Trump a réussi à faire croire à la moitié des républicains qu’il a des chances de rester en poste et, parmi ceux-là, il y a des fêlés prêts à tout pour l’appuyer. Ils l’ont déjà démontré en intimidant les responsables politiques qui refusent de saborder la volonté des électeurs.

Que feront ces partisans gonflés à bloc par les harangues de Trump quand ils seront rattrapés par la réalité ? Les fêlés mettront-ils leurs menaces de violence à exécution ou se contenteront-ils d’envoyer leurs économies à Trump et de beugler sur les réseaux sociaux ? 

Les républicains trouveront-ils le courage de dire à Trump que cette sombre farce a assez duré et qu’il est temps de s’éclipser en douce avant que les choses tournent au vinaigre ? À défaut d’une greffe massive de colonnes vertébrales dans le camp républicain, on peut en douter.