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Pourquoi pas Noël dehors?

Des familles proposent ce compromis, appuyé par une épidémiologiste

Quebec
Photo Stevens LeBlanc La Ville de Québec a installé ses stations chaleureuses au cours des dernières semaines un peu partout en ville. Des familles aimeraient maintenant pouvoir faire la même chose dans leur cour à Noël.

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Déçues de ne pas pouvoir passer Noël en famille, des familles souhaiteraient pouvoir au moins se réunir à l’extérieur pour passer quelques heures ensemble, un compromis qui serait une « excellente idée » selon une épidémiologiste.

Même au moment où le gouvernement prévoyait de permettre les rassemblements à l’intérieur, Roselyne Gohier et ses proches planifiaient de déjà fêter Noël dehors.

« On a fait une pratique, moi et mon conjoint, il y a deux semaines pour voir la disposition des lieux, mais quand on a appris que c’était interdit, même à l’extérieur, ça a dégonflé notre ballon », explique la résidente de Laval, qui envisageait de recevoir ses deux enfants et ses quatre petites-filles autour d’un feu extérieur avec un verre de vin et du chocolat chaud « pour une heure ou deux ».

« On cherchait vraiment à minimiser les risques », explique Mme Gohier, déçue de voir ses plans tomber à l’eau. « Si c’est interdit, on ne le fera pas, il y a des gens plus mal pris que nous. Mais c’est triste quand même. »

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Photo Stevens LeBlanc

« Noël, c’est dehors »

Pour l’épidémiologiste Nima Machouf, la solution qui était envisagée par Mme Gohier et d’autres familles est pourtant pleine de bon sens. L’experte soutient que passer du temps en famille restreinte dehors serait le compromis idéal entre diminution du risque et répit pour la santé mentale.

« Noël, cette année, c’est dehors ! lance la Dre Machouf. C’est une excellente idée. Ça permettrait de se voir, de ventiler et il n’y a pas de danger si c’est à l’extérieur ». 

Par contre, l’experte insiste sur le respect des mesures en place si l’on veut que ça fonctionne.

« Si le gouvernement fait une bonne éducation, s’il réussit à insister sur le fait qu’on doit être à deux mètres, qu’on doit porter le masque, qu’on n’échange pas de nourriture, on serait capable de se voir à l’extérieur », croit-elle.

Et si quelqu’un devait aller à l’intérieur ? Ou si on devait aller aux toilettes ?

« Même si les gens devaient entrer, c’est comme entrer dans un magasin. Si on ne reste pas une heure, qu’on y va un à la fois, en portant le masque, le danger est minime. Ce qu’on ne veut pas, c’est être longtemps à l’intérieur avec les autres », explique la docteure.

Accommodements souhaités

Actuellement, en zone rouge, tout rassemblement, même extérieur est interdit insiste la santé publique.

« [...] l’objectif est d’éviter tout contact en dehors de notre bulle familiale et de diminuer les occasions de socialiser qui nous font diminuer notre vigilance face au virus », a expliqué au Journal le ministère de la Santé.

Mais comme la famille de Roselyne Gohier, Nima Machouf souhaiterait voir François Legault permettre certains aménagements. Il en va, selon l’experte, du taux d’adhésion aux mesures à long terme et, par le fait même, du sort qu’on réserve au réseau de la santé.

« Tout le monde est à bout. On n’a pas le droit, collectivement, de ne pas respecter les mesures. On veut se voir, mais pour être en sécurité, c’est à l’extérieur que ce serait possible », croit l’épidémiologiste.  

Les « stations chaleureuses » 

  • La ville de Québec a mis en place ces 24 « stations chaleureuses » cette année. 
  • Les gens peuvent s’y rencontrer, assis autour d’un foyer extérieur. 
  • « Si jamais vous vous apercevez qu’autour du feu, il y a quelqu’un qui ne parle pas beaucoup, le vivre--ensemble, c’est peut-être de lui parler. [...] Donnez-y donc un peu de chaleur humaine », demandait le maire Régis Labeaume lors de l’annonce de l’initiative. 
  • La santé publique salue l’initiative, mais insiste toutefois pour qu’on y respecte la bulle familiale et qu’on ne s’y rassemble pas en groupe. 

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