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Une réalité qui dérange

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Québec sévit davantage en ce qui concerne les rassemblements. Les rencontres clandestines pourraient coûter jusqu’à 6000 $ par personne. On ne badine plus !

Certes, la croissance des cas et des décès semble s’accélérer. La population doit donc limiter la propagation du virus. Mais tout le fardeau de la crise ne devrait pas reposer uniquement sur elle.

Statistiques

Les statistiques interprovinciales traduisent une réalité qui dérange et que les autorités doivent expliquer.

Après le Québec, l’Ontario est la deuxième province la plus touchée au Canada. Celle-ci enregistre 15 % moins de cas que le Québec. Toutefois, elle compte deux fois moins de décès. 

L’Alberta, la troisième province la plus touchée, a 54 % moins de cas que le Québec. Mais elle rapporte 91 % moins de décès. 

Quant au nombre de morts pour 100 000 habitants, les statistiques sont toutes aussi accablantes. Le Québec déplore 87 décès pour 100 000 habitants. Mais ce ratio tombe à 26 pour l’Ontario, et à 15 pour l’Alberta.

Et ça, c’est sans compter toutes les victimes du délestage dans les hôpitaux !

Explications

Les citoyens sont responsables des contaminations. Mais c’est le système de santé qui est responsable des décès.  

Or, il n’y a aucune raison de croire que le Québec affronte une souche de la COVID plus virulente que celle qui sévit dans les autres provinces. Alors, pourquoi le taux de mortalité est-il nettement plus élevé ici que n’importe où ailleurs au Canada ? Pourquoi sommes-nous incapables de sauver les malades ?

C’est facile de culpabiliser la population et de l’étouffer avec des remontrances paternalistes et des restrictions toujours plus sévères pour « préserver le système de santé ». Mais qu’est-ce qui est fait pour diminuer le taux de mortalité ? Car n’oublions pas que, ultimement, c’est le système de santé qui doit protéger les Québécois, et non les Québécois qui doivent protéger le système de santé !