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«Oui, mon Dieu, oui»: satisfaisant

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La découverte de la masturbation chez une adolescente (Natalia Dyer) n’est pas un sujet facile. Pourtant, la réalisatrice et scénariste Karen Maine parvient, avec Oui, mon Dieu, oui, à livrer une comédie sensible et pertinente.

En situant l’intrigue dans une école catholique du début des années 2000, Karen Maine s’extrait des travers des «films pour ados sur la sexualité». Elle mise sur le léger, le drôle et la base plutôt que de devoir aborder Pornhub et le harcèlement en ligne, conférant ainsi au long métrage de 78 minutes une fraîcheur rare, qui n’est pas sans rappeler (dans un tout autre genre, bien sûr) celle de Eighth Grade (2018).

Alice (Natalia Dyer, tout simplement parfaite) fréquente une école secondaire catholique. Ayant découvert ses premiers émois sexuels en regardant la fameuse scène d’amour dans la cale du Titanic, elle décide de se lancer à la découverte de la masturbation. Victime de rumeurs sur sa légèreté de mœurs, Alice chemine néanmoins dans ce parcours semé d’embûches, la rigidité de la foi n’étant pas moindre. Car, sans autre explication de la sexualité féminine qu’une comparaison boiteuse avec des électroménagers et l’interdiction de tout rapport sexuel avant le mariage, l’adolescente de 16 ans doit apprendre sur le tas.

Les clavardages de Yahoo lui fournissent une idée de base, le père Murphy (Timothy Simons), qui regarde un porno «antique» (les années 2000 sont une source inépuisable de rires), et sa participation à une retraite en pleine nature lui donneront une idée du reste. Toutes les situations sont finement observées, la religion fournissant, là aussi, un prétexte à fustiger tous ceux qui veulent contrôler le corps des autres, qui insistent sur le fait que les garçons ne peuvent faire taire leurs pulsions, etc.

Tout dans Oui, mon Dieu, oui en fait une histoire de «coming of age» (ce passage entre l’adolescence et le début de l’âge adulte) sympathique, féministe et remplie de bon sens.

Note: 3,5 sur 5