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Le point sur le sucre

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Le tableau nutritionnel obligatoire affiché sur les produits alimentaires est en voie de modification. Parmi les nutriments ciblés par les changements, on retrouve le sucre, ce mal aimé des dernières années ! Le point sur les changements réglementaires de l’étiquetage nutritionnel. 

En début d’année 2014, Santé Canada entamait un processus de révision des règlements sur l’étiquetage nutritionnel qui s’est déroulé en plusieurs phases, incluant une vaste consultation populaire. Ces engagements de changements à la réglementation avaient pour but de simplifier et d’améliorer l’information nutritionnelle donnée aux consommateurs canadiens. Compte tenu de l’intérêt croissant des consommateurs à avoir plus d’information sur la teneur en sucre des aliments et des préoccupations en santé publique concernant l’apport excessif en sucre, les changements concernent à la fois le tableau de la valeur nutritive et la liste des ingrédients. L’industrie a désormais un an pour appliquer ces modifications à ses étiquetages.

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Changements qui entreront en vigueur :  

  1. Introduire un pourcentage de la valeur quotidienne (% VQ) pour les sucres totaux qui sera basé sur un apport de 100 grammes (pour un régime de 2000 calories). Les sucres ajoutés et les sucres naturellement présents sont inclus dans les sucres totaux.  
  2. Regrouper tous les ingrédients à base de sucres sous une seule catégorie appelée « sucres ».      

Le % de la VQ pour les sucres totaux aide les consommateurs à comprendre si un produit contient un peu (moins de 5 %) ou beaucoup (plus de 15 %) de sucres totaux.

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De plus, tous les ingrédients à base de sucres seront regroupés en une seule catégorie dans la liste d’ingrédients. L’objectif est d’aider à clarifier la quantité de sucre réellement ajoutée aux aliments. Les sucres peuvent porter différents noms, ce qui facilite leur dispersion dans la liste d’ingrédients lorsqu’ils sont ajoutés en différentes quantités, laissant une fausse impression que le produit contient peu de sucre. Une fois les sucres regroupés, il sera beaucoup plus facile d’identifier les produits riches en sucre. 

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Si la modification du règlement sur l’étiquetage prévoyait d’abord distinguer les sucres ajoutés des sucres naturels, cette proposition a ensuite été rejetée. Pourquoi ce changement proposé précédemment a-t-il été ignoré ? Le raisonnement de Santé Canada est que cette catégorisation pourrait véhiculer l’idée que les sucres ajoutés en soi sont différents sur le plan nutritionnel des sucres naturels. De plus, il serait difficile de distinguer les sucres ajoutés des sucres totaux dans un produit alimentaire, car il n’y a pas de méthode analytique distincte pour mesurer ces valeurs séparément ; il faudrait se fier aux quantités indiquées par le fabricant, ce qui limiterait la fiabilité de cette valeur. 

Que sont les sucres ajoutés ?  

De façon simplifiée, les glucides peuvent être catégorisés en deux : l’amidon et le sucre. Les sucres sont des glucides simples (appelés monosaccharides et disaccharides), tels que le glucose, le fructose, le galactose, le maltose, le saccharose, le lactose, etc. Ils sont naturellement présents dans certains aliments complets tels que les fruits, les légumes et les produits laitiers non sucrés. 

Divers sucres sont ajoutés lors du processus de fabrication des aliments. Le sucre contribue bien sûr à la saveur, mais également à la texture, à la couleur et à la conservation des produits. Les sucres comme le miel et le sirop d’érable peuvent être considérés comme des « sources naturelles », mais ils ne sont pas différents des autres types de sucres ajoutés, car ils contiennent le même nombre de calories et très peu de vitamines et de minéraux. Pour les Canadiens, les principales sources de sucres ajoutés sont les boissons sucrées, y compris les boissons gazeuses, pour sportifs et énergétiques, les laits aromatisés et les boissons végétales sucrées, les jus ainsi que les eaux sucrées, les thés et les cafés aromatisés. Les aliments emballés comme les céréales, les sauces, les desserts, les pâtisseries, le pain, les barres granolas et les bonbons font aussi grimper l’apport en sucres chez les Canadiens.  

Recommandations actuelles pour l’apport en sucres  

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Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) dirigée par Statistique Canada en 2015, les adultes consomment en moyenne 47,5 g de sucres libres (sucres ajoutés et sucres naturellement présents dans le miel, les sirops et les jus de fruits), soit 9,9 % des calories totales chaque jour. 

La recommandation canadienne est de limiter les sucres totaux (sucres naturels et ajoutés) à 20 % des calories consommées, ce qui représente 100 g pour un régime de 2000 calories. L’American Heart Association émet des recommandations pour les sucres ajoutés en proposant de limiter à moins de 100 calories par jour pour les femmes (soit 25 g ou l’équivalent de 6 c. à thé de sucre) et à moins de 150 calories pour les hommes (soit 38 g ou l’équivalent de 9 c. à thé de sucre). Enfin, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi, en 2015, la recommandation d’une limite maximale d’apports en sucres libres (sucres ajoutés et sucres des jus de fruits) fixée à 10 % de notre apport calorique, soit 50 g par jour pour un régime de 2000 calories.  

Différents noms de sucres ajoutés   

  • miel  
  • lactose   
  • sirop de malt  
  • maltose   
  • sirop d’érable  
  • agave  
  • mélasse  
  • nectar  
  • saccharose  
  • dextrose, dextrine  
  • cassonade  
  • sucre blanc granulé   
  • sirop de maïs   
  • extrait sec de sirop de maïs  
  • sirop de maïs à haute teneur en fructose   
  • fructose     

Les sucres ajoutés sont-ils préoccupants pour la santé ?  

Les glucides, y compris les sucres, sont essentiels au bon fonctionnement du corps. Une fois ingérés, ils sont métabolisés sous leur forme la plus simple, le glucose, qui est le carburant préféré du cerveau. Il est recommandé de consommer au moins 130 g de glucides par jour et ils devraient constituer entre 45 % et 65 % de notre alimentation. Les aliments riches en glucides apportent de l’énergie, des fibres et de nombreuses vitamines et minéraux essentiels à notre alimentation.

Les sucres ajoutés ne sont pas « mauvais » en soi : sur une base moléculaire, ils sont décomposés et absorbés dans l’intestin de la même manière que les sucres naturels. Ce sont les quantités excessives présentes dans les aliments transformés qui peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. Les données probantes suggèrent que l’excès de sucre peut entraîner la prise de masse adipeuse et hausser le risque d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires. 

Notre conclusion  

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Si on ne doit pas mettre au banc des accusés un nutriment (le sucre ou le gras, par exemple) comme principal responsable de notre pandémie d’obésité et de la croissance fulgurante du diabète de type 2, on a tous intérêt à limiter notre apport en sucres ajoutés.

Le changement de direction de Santé Canada, qui n’oblige plus les fabricants à distinguer les sucres ajoutés des sucres naturels, est décevant. Un produit qui contient, par exemple, des fruits ou du lait comparé à un autre produit contenant du sirop de maïs à haute teneur en fructose n’est pas équivalent. La Food and Drug Administration (FDA) a rendu obligatoire l’inscription des « sucres totaux » et des « sucres ajoutés » sur les étiquettes alimentaires américaines, ce qui renforce mon point que la mesure est réaliste. Cet ajout pourrait aussi pousser l’industrie agroalimentaire à limiter la quantité de sucre rajouté à ses produits dans le but de séduire le consommateur soucieux de sa santé. Le changement de cap de Santé Canada est-il relié au lobby de l’industrie du sucre ? Il est permis d’en douter ! 


  • Merci à Chloé Fleurent-Grégoire, stagiaire en nutrition, pour sa précieuse collaboration   
  • Pour d’autres conseils : visitez isabellehuot.com