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Un rêve longtemps sur la glace

François-Guy Thivierge s’est offert le Weeping Wall, dans l’Ouest canadien, après des décennies d’attente

1213 - cadorette - Alpinisme
Photo courtoisie Même un alpiniste aguerri comme François-Guy Thivierge doit prendre son courage à deux mains avant de s’attaquer à la section supérieure du Weeping­­­ Wall.

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L’alpiniste de Québec François-Guy Thivierge a entamé en août 2019 le défi de sa vie : gravir 55 montagnes en 55 mois pour souligner ses 55 ans. Chaque mois, Le Journal vous présente une montagne qu’il a gravie dans le cadre de ce projet.


Quand François-Guy Thivierge se documentait sur l’escalade dans sa jeunesse, une cascade de glace de l’Ouest canadien ne cessait de piquer sa curiosité. 

Depuis, les aléas du quotidien ont fait en sorte que cet attrait de toujours s’est transformé en vieux rêve remisé. Jusqu’à ce que l’alpiniste de Québec saisisse l’occasion de s’attaquer au fameux Weeping Wall, en Alberta, question de cocher une autre case sur sa liste des 55 montagnes à gravir en 55 mois.

C’est avec le sourire habituel du conquérant que l’alpiniste de Québec a attaqué un autre défi particulier.
Photo courtoisie
C’est avec le sourire habituel du conquérant que l’alpiniste de Québec a attaqué un autre défi particulier.

L’hiver reprend tranquillement ses droits avec l’arrivée de décembre. Et qui dit hiver dit forcément aller jouer dans la glace. C’est, du moins, le terrain de jeu de François-Guy Thivierge depuis 35 ans, lorsqu’il a commencé à apprivoiser l’escalade à la chute Montmorency. 

Dès lors, la fascination pour le Weeping Wall, joyau du parc national de Banff, l’a toujours habité. Le mur qui pleure, en raison des cascades qui le jonchent durant la belle saison, se transforme en bête d’une tout autre nature une fois l’hiver venu.

« Je voyais ce mur de glace dans des livres quand j’étais petit. Ça m’apparaissait déjà parmi les grands classiques des parois de glace au pays.  

L’ascension de cette paroi glacée doit se faire dans un angle à donner le vertige.
Photo courtoisie
L’ascension de cette paroi glacée doit se faire dans un angle à donner le vertige.

« Le projet d’y aller est resté sur la glace pendant des décennies, mais quand j’ai monté ma liste de 55 montagnes pour mes 55 ans, je me suis assuré de ne pas remettre ça à plus tard. Le rêve, il fallait le réaliser maintenant, pendant que j’ai encore l’énergie pour le faire et la passion qui brûle », raconte d’une voix animée l’infatigable grimpeur.

Un défi technique

Dans son vaste bagage d’alpiniste de par le monde, Thivierge a bien sûr déjà rencontré des défis d’une plus grande complexité, qu’il s’agisse de la durée d’une ascension, des conditions climatiques extrêmes ou de l’altitude à gérer.

Cette fois, c’est le côté physique de l’aventure qui l’a emballé par-dessus tout.

« Le défi est très technique. C’est dans le style de la chute Montmorency, mais c’est six fois plus haut. L’escalade est toute en glace et très verticale. C’est tellement à pic que si tu échappes quelque chose, ça se retrouve directement au sol sans toucher à rien », témoigne, amusé, l’explorateur aguerri.

Les efforts n’ont pas été ménagés pendant plus d’une dizaine d’heures pour venir à bout de la bête.
Photo courtoisie
Les efforts n’ont pas été ménagés pendant plus d’une dizaine d’heures pour venir à bout de la bête.

Même s’il en a vu d’autres dans sa vie bien remplie, Thivierge ne cache pas que les papillons l’ont vite envahi, au pied du grand mur à la base de la montagne Cirrus.

« J’étais accompagné de Jyoti Venne et de Ryan Rieburger. Jyoti l’avait déjà gravi, ce qui amenait un côté rassurant. On s’est levé à la noirceur pour planifier une ascension épique. Je ressentais des palpitations devant l’inconnu. En bas d’un tel mur, tu te demandes : les bras vont-ils me lâcher ? Est-ce que j’ai la capacité physique pour ça ? », se remémore-t-il.

En deux parties

La première partie de la paroi a été gravie de manière plutôt confortable, après une approche de quelques minutes seulement.

« C’est l’un des avantages de cette escalade. Tu sors de ton auto et cinq minutes plus tard, l’approche est finie ! Le chemin pour y aller, par l’autoroute entre le lac Louise et Jasper, c’est l’équivalent de la 20... mais avec des paysages magnifiques ! Tu ne vois pas les kilomètres défiler », s’émerveille encore Thivierge.

Pour gravir le Weeping Wall, Thivierge a profité du soutien financier de son partenaire des 25 dernières années, Les Assurances Jean Gamache.
Photo courtoisie
Pour gravir le Weeping Wall, Thivierge a profité du soutien financier de son partenaire des 25 dernières années, Les Assurances Jean Gamache.

Une fois arrivé à la partie supérieure de la chandelle de glace, c’est là que le véritable plaisir (ou le supplice, c’est selon) commence.

« Tu fais à peu près 2000 tractions avec les piolets. Ça donne à peu près 5000 coups de marteau. Tu ressens la fatigue. Il faut toujours s’assurer de bien placer ses pieds et de s’agripper à la glace. Les appréhensions se sont vite estompées et j’ai gagné en confiance en mesurant bien les efforts », explique celui qui a bouclé en beauté une autre expédition.

Voilà encore une bonne dizaine d’heures bien investies dans le quotidien de François-Guy Thivierge.

WEEPING WALL  

Cap sur la montagne  

  • Pays : Canada  
  • Altitude : 1829 m  
  • Région : Parc national de Banff  
  • Ascension : 350 m  
  • Durée : 10 h 30  
  • Première ascension : 1970 (section du bas) et 1980 (section du haut)   

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