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Projet Laurentia: le Port insiste sur l’impact minime sur la qualité de l’air

Projet Laurentia
Photo Courtoisie, Administration portuaire de Québec Projet Laurentia

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Le Port de Québec assure que les activités de Laurentia ne créeront aucune dispersion de particules fines, mais convient que des poussières plus grossières pourraient affecter le secteur de la baie de Beauport. 

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Tableaux à l’appui, le Port a mis en lumière des informations qui se trouvent dans le rapport de l’Agence d’évaluation d’impact, mais dont l’Agence a négligé de présenter les nuances selon le PDG de l’Administration portuaire de Québec (APQ), Mario Girard.  

«Il y a un problème de communication entre les experts et Monsieur et Madame Tout-le-Monde. Ce qui manque [dans les conclusions du rapport], c’est que ce sont des risques très faibles.» 

M. Girard a présenté au Journal mardi les modélisations effectuées par le Port, appuyées par une firme externe. En ce qui concerne les poussières fines, qui sont les plus nocives pour la santé, les analyses indiquent que le terminal de conteneurs n'apportera aucun dépassement des normes lors de sa période d’exploitation. 

Les données sont basées sur des méthodes de calcul qui sont les mêmes pour tous les projets, insiste Jenny Vieira, consultante et spécialiste de la qualité de l’air. Elles présentent également des dépassements «potentiels», en considérant le pire des scénarios, qui a peu de chances de se produire, souligne Mme Vieira. 

Au plus fort de la phase de construction, c'est quelques dépassements circonscrits qui pourraient survenir, soit un maximum d’une dizaine par an, généralement situés dans la zone du fleuve ou de la baie de Beauport.  

Poussières 

Par contre, pour les poussières plus grossières, on prévoit davantage de dépassements et ceux-ci affecteront surtout la zone de la baie de Beauport, mais aussi les quartiers résidentiels avoisinants, dans une plus faible proportion. À la baie de Beauport, on pourrait voir plus d’une dizaine de dépassements, en période de construction.  

Par la suite, lors de l’exploitation normale du site, ces émissions hors normes devraient se limiter à moins d’une vingtaine par an, concentrées dans le secteur de la baie. 

Le Port promet des mesures de mitigation, comme l’installation d’un appareil qui peut détecter toute émission non conforme. On peut ainsi moduler les activités du site en fonction de ce qu’on mesure à la source, explique M. Girard. «Avec un bon programme de suivi, on peut être proactif afin d’éviter tout dépassement de norme», renchérit Mme Vieira. 

Elle mentionne par ailleurs qu’«un dépassement n’égale pas nécessairement un risque pour la santé. Il y a d’autres facteurs qu’il faut regarder.» 

Pour Mario Girard, «la perception du projet n’est pas la bonne et est basée sur de fausses perceptions et de la désinformation». 

Sondage 

L’APQ a d’ailleurs fait réaliser un sondage par la firme Léger, quelques jours après le dévoilement du rapport préliminaire de l’Agence, qui était très critique envers le projet en raison d’impacts environnementaux jugés «négatifs». Dans la population, 41 % des gens ont une opinion positive du projet, contre 25 % qui le voit négativement, révèle le sondage. «Un écart significatif», selon le sondeur, Jean-Marc Léger. 

Si on exclut les indécis ou ceux qui affirment ne pas connaître le projet Laurentia, 62 % des répondants appuient le projet de terminal de conteneurs, contre 38% qui sont défavorables. 

«C’est un appui important et significatif des citoyens qui estiment que c’est un projet important pour la relance économique de la région», indique M. Léger. 

Pour Mario Girard, ces chiffres sont «rassurants». «Il serait dommage de se priver du projet le plus vert en Amérique du Nord.»