/news/currentevents
Navigation

Prostitution juvénile à Québec: deux accusés ne «croyaient pas» qu'elle avait 16 ans

Bloc Justice
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

Si deux des cinq hommes accusés d’avoir tenté d’obtenir les services sexuels d’une mineure moyennant rétribution se sont rendus dans un hôtel de Québec, en février 2019, c’est parce qu’ils ne «croyaient pas» que l’escorte à qui ils avaient affaire avait 16 ans.

• À lire aussi: Prostitution juvénile: les policiers sont-ils allés trop loin?

Dave Hamel, un opérateur de construction de 41 ans, et Raphaël Beaumont, un ancien enseignant du secondaire de 26 ans, sont tous deux accusés de leurre et d’avoir tenté d’obtenir les services sexuels d’une mineure après s’être fait prendre dans le cadre d’une opération policière visant les potentiels clients de la prostitution juvénile.  

Lors de l’opération, une annonce a été publiée sur différents sites et 167 personnes ont répondu à l’offre. Toutefois, seulement cinq hommes ont pris la décision de se déplacer à l’hôtel, et ce, malgré le fait que la «jeune fille» avec qui ils textaient leur ait dit qu’elle avait 16 ans.  

«Je ne la croyais pas, alors j’ai voulu aller valider», a dit Raphaël Beaumont lorsqu’interrogé par son avocate, Me Stéphanie Pelletier-Quirion. Il a aussi mentionné au juge Mario Tremblay qu’il espérait quitter la chambre d’hôtel lorsque l’agente d’infiltration s’est rendue à la salle de bain. 

Toutefois, les policiers sont entrés à ce moment et procédé à son arrestation. «Mais, monsieur Beaumont, même en sachant qu’elle avait 16 ans, vous êtes tout de même allé à l’hôtel?» a alors questionné la poursuivante, Me Mélanie Dufour. 

«Je n’avais plus le goût, mais je m’étais engagé. Si elle n’avait pas répondu à mes textos, ç'aurait été mieux», a-t-il témoigné.  

Même son de cloche chez son coaccusé Dave Hamel, qui, lui non plus, ne croyait pas la prétendue jeune fille qui disait avoir 16 ans.  

«Je suis allé parce que je voulais valider de mes yeux qu’il s’agissait d’une personne mineure... mais je ne cherchais pas de mineur... pour moi, le site sur lequel j’étais allé était un site pour les 18 ans et plus... pas pour les mineurs», a-t-il dit en interrogatoire principal. Il a également ajouté qu’il croyait qu’il s’agissait «peut-être d’un jeu de rôle». 

Rappelons que dans le cadre de ce procès, le juge aura aussi à déterminer, en plus de la culpabilité ou non des accusés, si les policiers du Service de police de la Ville de Québec sont allés trop loin lorsqu’ils ont placé des annonces de jeunes filles qui offraient des services sexuels dans le but de piéger les clients.