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Encore mieux que le trophée Cy-Young

Derek Aucoin
Photo d’archives Derek Aucoin a brièvement porté l’uniforme des Expos en 1996.

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J’ai reçu un appel du bureau du député provincial de Terrebonne et ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, lundi soir. Il allait remettre le lendemain matin sa première Médaille de l’Assemblée nationale au citoyen de Terrebonne et ancien lanceur des Expos Derek Aucoin.  

Lorsque je me suis réveillé hier, le soleil brillait, mais la chaleur n’était pas au rendez-vous. J’étais plus émotif que d’habitude, car j’avais une rencontre avec une personne que j’aime beaucoup, Derek Aucoin.

Je me suis dirigé lentement vers sa résidence. Je n’ai pu m’empêcher de penser aux beaux moments que j’ai partagés avec lui. Je revoyais Derek à l’âge de 12 ans participant à différents tournois de baseball dans la région de Boisbriand.

Lentement mais sûrement, lorsqu’il a commencé à jouer au niveau midget, on ne pouvait pas le manquer sur un terrain de baseball. Ce n’était pas en raison de sa grandeur que je l’avais remarqué. C’était sa passion, son respect pour ses amis et sa balle rapide qui le distinguaient des autres.

Dans le baseball majeur

J’ai eu une pensée pour son fils Dawson, généreux et passionné de la vie, tout comme son père et sa mère.

Derek a lancé pour la formation de Saint-Eustache au niveau junior, et, quelques années plus tard, je l’aperçois en train d’effectuer des lancers devant l’abri des joueurs des Expos sur le terrain du Stade olympique.

C’était la première et non la dernière fois que je voyais Derek porter fièrement l’uniforme des Expos. Il venait de signer son premier contrat professionnel avec l’équipe montréalaise. Quelques années plus tard, il lançait dans les ligues majeures. 

Lorsque je suis arrivé devant sa résidence hier, mon cœur battait très fort. J’ai dû faire un gros effort pour m’empêcher de verser des larmes de tristesse lorsque sa dynamique épouse, Isabelle Rochefort, est sortie de la maison pour venir à notre rencontre. Il y avait les deux membres du cabinet du ministre Fitzgibbon qui lui ont remis la médaille pour Derek, et deux de mes collègues du Journal de Montréal.

« Tout p’tit » toujours positif

Je ne me souviens pas de la dernière fois où le ton de ma voix était aussi faible. J’écoutais attentivement Isabelle nous décrire ce grand homme que j’ai toujours appelé « Tout p’tit » malgré ses 6 pieds et 7 pouces. Elle nous a transportés dans la vie de « Tout p’tit », qui aime tellement aider les jeunes à découvrir une passion dans la vie. Je me suis tourné vers la rue devant sa résidence, sur laquelle plusieurs de ses amis ont fait une marche avec lui. Malgré sa maladie, une fois la marche terminée, « Tout p’tit » avait trouvé une façon de nous motiver. Cela aurait pourtant dû être l’inverse.  

Derek n’a jamais cessé d’aider des familles qui avaient besoin d’un soutien moral. Il y avait des familles de l’extérieur de Montréal qui lui demandaient des billets de baseball pour leurs enfants. Il invitait les familles pour un séjour dans un hôtel de Montréal, à ses frais. Une fois arrivés dans leur chambre, les membres de la famille trouvaient sur le lit des chandails des Expos, des balles et les billets pour le match.

Le sourire des gens

Il a régulièrement posé ce geste sans jamais en parler à personne. Sa récompense, c’était le sourire qui illuminait le visage des gens qu’il gâtait.

Dans le baseball majeur, la plus grande marque de reconnaissance pour un lanceur est sans aucun doute d’être le récipiendaire du trophée Cy-Young, attribué au lanceur par excellence de l’année. 

Lorsque Derek a appris qu’on lui décernait la Médaille de l’Assemblée nationale, il a déclaré à son épouse Isabelle : « Cet honneur, c’est encore mieux qu’un trophée Cy-Young, car cela récompense l’essence d’une personne ».