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COVID-19: d’autres hôtels de Québec partent en croisade contre les taxes

Le propriétaire du Concorde s’est lui aussi adressé à la Cour supérieure

Quebec
Photo Stevens Leblanc Le propriétaire du célèbre hôtel Le Concorde, sur Grande Allée à Québec, s’ajoute à une liste de plus en plus longue d’hôteliers qui réclament une révision, voire l’annulation de leurs taxes municipales en 2020 en raison de la crise sanitaire.

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Après Le Delta et le Grand Times, les propriétaires du Concorde et de cinq autres hôtels partent en croisade à leur tour contre la Ville de Québec pour réclamer l’annulation de leur compte de taxes en raison de la pandémie.

D’autres requêtes, passées sous le radar, ont été déposées en Cour supérieure depuis le début du mois de novembre. L’homme d’affaires Jean-Guy Sylvain et ses partenaires ont pris les grands moyens pour «préserver leurs droits».

La procédure vise l’hôtel Le Concorde sur la Grande Allée, l’Hôtel Ambassadeur sur le boulevard Sainte-Anne, l’Hôtel Universel à Sainte-Foy et les hôtels Unilofts du chemin Sainte-Foy et de la Grande Allée. Les propriétaires de l’Hôtel Classique ont également demandé au tribunal de réviser leur compte de taxes pour l’année 2020.

En résumé, tous les propriétaires réclament à peu près la même chose : ils demandent à un juge d’ordonner une nouvelle évaluation de la valeur de leur immeuble, de fixer celle-ci à 1 $ à compter du 13 mars 2020 – jour où l’état d’urgence sanitaire a été décrété – puis de déclarer nuls et illégaux les comptes de taxes municipales et scolaires délivrés jusqu’à présent. Enfin, ils réclament le remboursement des sommes versées en trop.

«C’est un calvaire pour les hôtels, plaide M. Sylvain. On a des hôtels où on paie au-dessus d’1 M$ puis les taxes sont basées sur notre chiffre d’affaires aussi en partie, en plus de la valeur de l’immeuble. J’ai perdu 90 % de mon chiffre d’affaires donc qu’ils arrangent mes taxes!»

Contre le projet de loi 67

Les requêtes des hôteliers ont un lien direct avec un article controversé du projet de loi 67, lequel prévoit spécifiquement que les entreprises ne pourront invoquer la crise sanitaire pour obtenir un ajustement de leur facture de taxes foncières.

«La loi nous donnait l’autorisation de demander aux villes d’ajuster nos taxes puis là, le gouvernement passe une loi rétroactive au mois de mars, comme par hasard... Ça n’a pas de sens de nous enlever nos droits. C’est la Ville de Québec et toutes les villes qui poussent après le gouvernement», s’insurge M. Sylvain.

La Fédération canadienne des entreprises indépendantes et la Fédération des chambres de commerces du Québec réclament le retrait de l’article 135 du projet de loi, qui n’a pas encore été adopté.

Le lobby des villes dénoncé

Les associations hôtelières ont fait la même démarche, mais ont peu d’espoir de convaincre le gouvernement Legault de reculer. «On va continuer à faire des représentations, mais cette bataille-là, on le sait qu’on va la perdre. Toutes les municipalités sont contre nous. On n’a pas leur force économique et politique», se désole Marjolaine de Sa, de l’association hôtelière à Québec, résignée. 

Taux d’occupation de 9 % dans le dernier mois  

Marjolaine de Sa, Directrice générale
Photo Stevens LeBlanc
Marjolaine de Sa, Directrice générale

Les hôtels de la région de Québec ont enregistré un taux d’occupation famélique de 9 % en novembre, selon les plus récentes statistiques obtenues par Le Journal.

Ces résultats désastreux, compilés par l’Association hôtelière de la région de Québec, illustrent une fois de plus la dure réalité des établissements hôteliers, victimes de l’effondrement du tourisme.

La directrice générale de l’Association, Marjolaine de Sa, dévoilera le bilan officiel pour l’année 2020 en janvier, mais elle prédit déjà un taux d’occupation qui devrait osciller autour de 20 %, un chiffre gonflé par une performance inespérée en début d’année, avant que les frontières soient fermées.

«On va finir l’année à 20 % parce qu’on a fait des bons mois de janvier et février, alors qu’on se dirigeait vers un taux de 71 %», relativise-t-elle. «Pour commencer à être rentable, un hôtel a besoin d’avoir entre 40 % et 45 % de taux d’occupation. Quand tu fais 9 %, je n’ai pas besoin de te dire que tu ne fais pas d’argent. Tu restes ouvert parce que tu veux garder ton personnel.»

45 hôtels sont fermés

Pas moins de 45 établissements, de toutes tailles, sont fermés temporairement, sur environ 250 dans la région. 

«Il y en a plusieurs qui m’ont dit qu’ils n’ouvriraient pas avant le mois de juin. On a huit établissements qui ont fermé définitivement. Ils nous l’ont annoncé à nous, mais les employés ne sont pas tous au courant. Il y a de petits établissements dans le lot, comme des bed & breakfast», déplore Mme de Sa.

«On a 80 % des employés en hôtellerie à Québec qui ont perdu leur emploi définitivement ou qui sont sur le chômage», rappelle-t-elle.

Aide insuffisante

Les hôteliers répètent souvent qu’ils n’ont jamais réclamé l’aide de l’État dans le passé. Cette fois-ci, ils n’ont pas le choix et jugent les programmes en place insuffisants. «Une chance qu’on a eu de l’aide au fédéral parce qu’au provincial, pour le tourisme, on n’a pas eu grand-chose. Même si tu demandes un prêt de 2 ou 3 M$, avec une portion pardonnable maximum (de 200 000 $), ça ne couvre souvent même pas un mois d’opération.» 

Hôtel Le Concorde   

  • Construit en 1974  
  • 28 étages  
  • 406 chambres et suites  
  • Valeur de l’immeuble au rôle 2019-2021 : 27 M$  
  • Facture de taxes municipales en 2020 : 915 858 $ (+ 50 000 $ pour les taxes d’eau et de déchets)   

Situation au Québec

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