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Décès de Thomas Ratté: victime d’un malaise au prononcé de sa peine

La sentence de Kevin St-Hilaire a dû être reportée

Kevin St-Hilaire
Photo d'archives Kevin St-Hilaire alors qu’il s’apprêtait à être accusé au palais de justice de Québec, en mai 2018.

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Visiblement ébranlé, Keven St-Hilaire, qui a causé la mort de Thomas Ratté en 2018, a été victime d'une chute de pression en cour, interrompant le juge qui s’apprêtait à prononcer sa peine, jeudi.

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Le juge Jean-Louis Lemay a commencé la lecture de son jugement sur le coup de 9h40, alors que la famille de l’accusé et celle de la victime se trouvaient dans la salle d’audience.  

La victime Thomas Ratté, en compagnie de sa mère, Odette Lachance.
Photo courtoisie
La victime Thomas Ratté, en compagnie de sa mère, Odette Lachance.

Après lui avoir demandé de s’avancer devant lui, le magistrat a autorisé l’accusé à s’asseoir, sachant que la lecture du jugement prendrait plusieurs minutes. 

Le juge a d’abord rappelé que St-Hilaire s'était reconnu coupable d’avoir causé la mort du jeune Thomas alors qu’il conduisait un véhicule et que ses capacités étaient affaiblies par l’alcool. Il a ensuite précisé l’objectif de la peine.  

«Il ne s’agit pas ici de déterminer le coût d’une vie, non plus d’un simple calcul mathématique ou encore d'une comparaison stérile de la souffrance de deux familles meurtries, mais plutôt de l’application pondérée de critères prévus à la loi et pondérés par la jurisprudence», a-t-il mentionné.  

Consommation excessive

Le jour des tristes événements, St-Hilaire avait consommé de huit à dix bières sur une courte période avant de quitter le bar où il se trouvait.  

«À plusieurs reprises, les deux personnes qui l’accompagnaient lui ont demandé les clés de son véhicule ou proposé d’aller le reconduire, ce qu’il a refusé.»

À 20h48, la victime, âgée de 17 ans, circulait sur sa planche à roulettes en bordure de l’avenue du Bourg-Royal, en compagnie de sa copine et d’un ami. C’est à ce moment que Thomas Ratté a été renversé par le véhicule. Conduit à l’hôpital, l’adolescent est mort de ses blessures le lendemain.   

«Comme facteurs aggravants, le tribunal retient la décision délibérée de l’accusé, de conduire son véhicule, l’absence de trace de freinage avant la collision et le fait qu’il ignore les offres alternatives de raccompagnement répétées», a mentionné le magistrat en ajoutant que «le taux d’alcool enregistré, près du double de la limite permise», démontrait un degré d’intoxication volontaire important.  

Baisse de pression

Comme le magistrat abordait plus en détail son analyse, St-Hilaire, excessivement blême, a dit au juge «que ça n’allait pas» et qu’il «perdait contact».  

La salle d'audience a immédiatement été évacuée et les ambulanciers dépêchés sur les lieux ont transporté l’homme en centre hospitalier pour qu’il y reçoive des soins. 

De retour sur le banc, le juge Lemay a quant à lui fait savoir qu’il entendait prononcer la peine avant la période des Fêtes. Si tout va bien, la suite de sa décision sera connue vendredi ou, au plus tard, lundi.