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Il faut se recentrer sur la réussite scolaire

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Avant l’arrivée de la pandémie de COVID-19, le système scolaire québécois avait de grandes forces et d’énormes défis.

Nos élèves se démarquaient dans les tests internationaux. Les jeunes de 15 ans, évalués tous les trois ans par le biais des tests PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), se classaient parmi les meilleurs au monde, particulièrement en mathématique. 

De plus, contrairement à un discours populaire, le Québec n’a pas un système scolaire inéquitable. Les tests PISA évaluent l’équité des différents systèmes scolaires en mesurant l’écart entre les élèves les plus performants et les moins performants. 

En 2018, de toutes les provinces canadiennes, c’est au Québec que cet écart était le plus faible en lecture et en mathématique, ce qui en ferait en fait le système scolaire le plus équitable au Canada, qui se classe lui-même parmi les pays les plus équitables au monde. 

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec l'auteur de cette lettre sur QUB radio:   

Une pandémie qui accentue les problèmes

Là où le portrait s’assombrit est sur le plan de la persévérance scolaire. Le Québec continue à afficher le plus faible taux de diplomation au Canada. Près d’un élève sur cinq n’obtient pas son diplôme d’études secondaires dans une période de sept ans. La pandémie de COVID-19 risque d’accentuer ce problème :

– Plusieurs élèves accusent un retard scolaire depuis le printemps ;

– Les élèves en difficulté n’ont pas eu accès à des cours d’été pour se rattraper ;

– Les jeunes du 2e cycle du secondaire sont présents à l’école une journée sur deux et ceux du collégial n’y sont presque jamais au moment de leur parcours où le risque de décrochage est le plus élevé ;

– Les directions d’écoles nous avertissent que les taux d’échec sont en nette progression ;

– La pondération de la première étape a été fixée à 50 %, alors que les 2 premières étapes ont habituellement une pondération de 20 % chacune, entraînant un risque de démotivation des élèves qui se retrouveront en échec après étape.  

Ce risque d’augmentation du taux de décrochage scolaire arrive à un moment où notre tissu social et notre économie sont déjà fragilisés par la pandémie. 

Photo Courtoisie

Besoin de diplômés

L’école amène un milieu de vie stable et bienveillant dans un contexte où on observe une augmentation de l’anxiété et de l’isolement. De plus, l’impact économique sera important dans un contexte où la relance aura besoin de diplômés.

Il devient donc primordial que la société québécoise se mobilise pour faire de la persévérance scolaire une priorité nationale. Certes, les enjeux de gouvernance des structures et la ventilation des écoles sont importants, mais il faut surtout faire en sorte que la crise sanitaire ne devienne pas une crise de décrochage scolaire qui aura des impacts sociaux et économiques majeurs.

Tout au long de leur histoire, les Québécois ont démontré leur esprit d’innovation et leur dynamisme. Ils ont mis en œuvre une révolution tranquille qui leur a permis de rattraper un important retard économique à une vitesse phénoménale pour devenir une des sociétés les plus ouvertes et modernes au monde.  

Cette révolution s’est faite d’abord et avant tout en priorisant la modernisation de son système scolaire. Il est grand temps de revenir à cette priorité.

Je peux affirmer que les écoles privées québécoises sont prêtes à faire leur part et à collaborer avec les acteurs du réseau scolaire pour le bien de tous les élèves, notamment auprès des élèves qui ont des plans d’intervention à la suite de diagnostics de troubles de l’apprentissage, qui représentent presque 20 % des élèves des écoles privées.

Il s’agit d’un moment historique qui est critique pour la réussite scolaire des jeunes Québécois, mais aussi d’un moment propice à l’innovation. Nos écoles sont prêtes à participer activement à une nouvelle révolution tranquille qui aura une fois de plus l’éducation comme moteur principal.

David Bowles
Président, Fédération des établissements d’enseignement privé
et directeur général, Collège Charles-Lemoyne

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