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La relance plombée par un Congrès divisé

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Le Congrès doit absolument pondre un plan d’urgence pour soutenir l’économie américaine lourdement affectée par la pandémie. Le résultat s’annonce décevant.

L’arrivée des vaccins suscite l’espoir aux États-Unis, alors que le pays a franchi le cap des 300 000 décès dus à la COVID-19, mais l’économie a un urgent besoin d’un remède de cheval.

Il est loin d’être certain que le Congrès sera à la hauteur du défi, car le président sortant pourrait lui mettre des bâtons dans les roues.

Encore des milliards...

Même si la COVID a frappé beaucoup plus fortement les États-Unis que le Canada, la part du PIB consacrée aux mesures de stimulation fiscale y demeure plus faible que chez nous. 

L’économie américaine a pourtant bien besoin d’un remontant. 

La reprise de l’emploi et de la consommation ralentit, ce qui plombe les perspectives de relance économique, même si la situation sanitaire s’améliore dans les prochains mois.

Les montants requis pour la relance sont gigantesques. Les défis politiques aussi.

Partisanerie et immobilisme

Même si l’élection est passée et que plusieurs législateurs ont la tête dans leurs boîtes de déménagement, le Congrès met les bouchées doubles pour trouver une entente avant vendredi, mais la polarisation partisane complique les choses.

Le processus n’a rien de ragoûtant. Tout le monde s’entend que les sommes à engager doivent avoisiner les 900 milliards de dollars, mais les deux partis tiennent un dialogue de sourds sur les priorités qui doivent guider leurs actions et sur les faveurs particulières qui accompagneront cette aide. 

Les démocrates souhaitent bonifier les programmes d’assurance-chômage pour cibler d’abord les employés des secteurs paralysés par les mesures sanitaires, alors que les républicains craignent les effets à long terme d’un renforcement de l’assurance-chômage et réclament une distribution de fonds plus générale pour stimuler la demande. 

De plus, les républicains insistent pour que les entreprises soient protégées face aux recours que les employés pourraient faire contre celles qui ont forcé leurs employés à travailler dans des conditions où ils ont été exposés au coronavirus. Pendant ce temps, le président partage certains objectifs de son parti et dissimule mal son intention de compliquer la vie à son successeur.

Déception quasi assurée

Le Congrès n’a pas vraiment le choix de faire quelque chose pour éviter que cette profonde récession se transforme en longue dépression.

C’est ce qu’il fera bientôt, probablement au petit matin, avant que tout le monde rentre à la maison pour les fêtes. Comme on souhaite éviter que le président vienne tout bousiller avec son veto, il faudra se contenter du plus petit dénominateur commun, qui risque de ne satisfaire personne. 

Le prochain président aura-t-il les coudées franches pour mettre un programme plus cohérent sur les rails ? Ça reste à voir. Même si les démocrates réussissent l’impossible en arrachant les deux sièges de la Géorgie et une majorité précaire au Sénat, l’Administration Biden en aura plein les bras à réparer les dommages économiques de la pandémie.