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Décès de Thomas Ratté: 3 ans de prison pour le chauffard qui a fauché la vie d’un ado

Sous l’effet de l’alcool, Kevin St-Hilaire avait heurté Thomas Ratté

Kevin St-Hilaire
Photo d'archives En plus de la peine d’emprisonnement de trois ans qui lui a été imposée, Kevin St-Hilaire ne pourra pas conduire pendant cinq ans.

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Après avoir suspendu, jeudi, la sentence qu’il s’apprêtait à rendre parce que l’accusé a eu un malaise, le président du Tribunal a conclu sa décision, vendredi matin, et condamné l’homme qui a fauché la vie de Thomas Ratté à 36 mois de détention. 

• À lire aussi: Décès de Thomas Ratté: victime d’un malaise au prononcé de sa peine

Pour une deuxième journée d’affilée, Kevin St-Hilaire a pris place devant le juge Jean-Louis Lemay, puis il s’est excusé d’avoir forcé l’arrêt de la Cour, jeudi, parce qu’il avait eu une défaillance. 

Disant comprendre la nervosité qui l’habitait, le magistrat a eu des paroles très empathiques face à l’accusé, qui faisait face à la justice pour la première fois.

« Il s’agit d’une étape incontournable lorsque l’on reconnaît sa culpabilité, et si ça peut vous rassurer, dites-vous que personne ici n’a de plaisir, mais il nous faut clore ce chapitre pour pouvoir écrire le prochain », a mentionné Jean-Louis Lemay avant de reprendre là où il avait été interrompu la veille. 

Facteurs aggravants et atténuants

À titre de facteurs aggravants, le juge a retenu que, le soir du 23 mars 2018, St-Hilaire a conduit alors qu’il avait un taux d’alcoolémie élevé et qu’il a « ignoré les offres de raccompagnement répétées » faites par ses amies. 

Au chapitre des facteurs atténuants, le juge a considéré le plaidoyer de culpabilité de l’accusé, l’absence d’antécédents judiciaires et le rapport présentenciel positif qui démontre que St-Hilaire provient d’une bonne famille, que, depuis les événements, il a cessé de consommer de l’alcool et qu’il est un actif pour la société. 

« Pourtant, tous ces acquis ne l’ont pas empêché le jour du drame de faucher la vie d’une victime innocente qui se destinait, elle aussi, à devenir un actif pour la société », a dit le juge Lemay. 

En plus de la peine d’emprisonnement qui lui a été imposée, St-Hilaire devra respecter une ordonnance d’interdiction de conduire pendant cinq ans. 

Douleur

Au sortir de la salle d’audience, la mère de Thomas, Odette Lachance, a fait savoir que, pour elle, la sentence en était une « à perpétuité » puisqu’aucune peine ne lui ramènera son fils. 

« Ni dans 5 ans ni dans 10 ans... Par contre, cette étape-là de faite, c’est bien. On va pouvoir s’attarder aux bons moments... aux bons souvenirs », a, pour sa part, fait savoir Benoit Ratté, le père de l’adolescent. 

Rappelons que le jeune Thomas, 17 ans, circulait sur sa planche à roulettes en bordure de l’avenue du Bourg-Royal lorsque St-Hilaire l’a fauché. Grièvement blessé, l’adolescent avait été transporté à l’hôpital où il est décédé des suites de ses blessures.

Extraits du jugement

« Au moment de la commission de l’infraction, l’accusé est âgé de 29 ans. Il a la maturité et l’expérience nécessaires pour assumer son comportement. »

« Sans doute n’a-t-il pas planifié de causer la mort de la victime, mais il n’est pas sans savoir qu’il n’est pas en état de conduire. » 

« Les membres de la famille de Thomas Ratté sont aussi des victimes à part entière, les conséquences éprouvées et leur souffrance vécue [...] constituent un facteur aggravant qui doit être pris en compte. »