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Le débat sur la qualité de l’air est biaisé, dit Roberge

Des intérêts commerciaux sont en jeu, selon le ministre

Jean Francois Roberge
Photo d'archives Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, attend des études avant d’agir.

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Alors que Québec est critiqué pour avoir tardé à se préoccuper de la qualité de l’air dans les écoles, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, affirme que les débats entourant la pertinence de doter les classes de purificateurs d’air sont teintés par des intérêts commerciaux et politiques.

«J’ai comme l’impression qu’il y a des acteurs qui ont des intérêts dans le dossier», a-t-il laissé tomber lors d’une entrevue accordée au Journal récemment. 

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«Quand on vend des systèmes, on est content quand les gens en achètent, même chose pour les gens qui les installent», a-t-il ajouté.

Au cours des dernières semaines, le ministre s’est fait malmener sur la place publique, accusé par l’opposition et des experts de se traîner les pieds dans ce dossier. 

Des écoles privées et des commissions scolaires anglophones n’ont pas hésité à doter leurs classes de purificateurs d’air alors que les risques de transmission de la COVID-19 par aérosol sont de plus en plus reconnus. 

Les recommandations d’un comité d’experts qui se penche sur la qualité de l’air dans les écoles sont attendues en janvier.

«Capital politique»

Or, le ministre Roberge déplore que «des gens essaient de se faire du capital politique» «en disant le contraire de ce que disent les experts de la Santé publique».

«Je trouve ça douteux de dire “on va installer [des purificateurs d’air]” avant de savoir si c’est bon ou avant même de savoir si c’est dangereux», a-t-il déclaré.

En commission parlementaire au début décembre, le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique à la direction de la santé publique, a affirmé que les purificateurs d’air dans les classes pourraient augmenter les risques de propagation du virus si les appareils n’étaient pas installés correctement.

Cette analyse ne fait toutefois pas l’unanimité dans la communauté scientifique. 

L’Allemagne, par exemple, a entrepris dès septembre de doter de purificateurs d’air toutes ses classes qui ne sont pas ventilées adéquatement.

M. Roberge assure de son côté que l’argent sera au rendez-vous si le comité d’experts en arrive finalement à la conclusion que l’achat de ces appareils est nécessaire. 

«On va suivre les recommandations», a-t-il affirmé.

À l’Assemblée nationale, les déclarations du ministre ont toutefois fait bondir Québec solidaire. «Le ministre dérape», a déclaré son porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois. 

Québec solidaire réclame des purificateurs d’air dans les classes non pas pour «faire de l’argent», mais plutôt par «principe de précaution», a-t-il ajouté. 

«Il n’y a pas de complot, juste des gens qui veulent que nos enfants soient en sécurité, affirme M. Nadeau-Dubois. Au lieu de s’entêter, les autorités québécoises devraient s’inspirer des meilleures pratiques à travers le monde. La ventilation, c’est un moyen de plus de lutter contre le virus. Pourquoi s’en priver?»