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Surdoses mortelles: la Couronne demande huit ans pour une vendeuse de drogue

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La femme de 47 ans de Saint-Jean-Port-Joli qui a fourni une drogue dure revendue à trois hommes dans la vingtaine, dont deux sont décédés à l’automne 2019, encourt une peine de huit ans de pénitencier.

Julie Anctil a plaidé coupable à des accusations de possession et de trafic de narcotique en octobre dernier et est en attente de sa peine, qui devrait être connue le mois prochain. Mais si le juge qui préside le dossier reconnaît le lien juridique de cause à effet entre la mort des hommes et l’implication d’Anctil, cela constituerait un facteur aggravant qui augmenterait sa peine de manière significative.

Cette question a été au cœur des discussions, vendredi au palais de justice de Montmagny, alors qu’avaient lieu les observations sur la peine.

Aux yeux du procureur de la Couronne, Me François Doyon-Gascon, il ne fait aucun doute que «si l’acte de vente [de drogue] n’avait pas eu lieu, il n’y aurait pas eu de décès». Ce qui intéresse le tribunal, et toutes les parties prenantes, c’est le degré de responsabilité de Julie Anctil dans toute cette affaire.

Le 13 septembre 2019, Anthony Miville, Marc-Olivier Paquet et Jean-Philippe Caron avaient acheté 3,5 grammes de MDA (méthylène de dioxyde d’amphétamine) à Brandon Plourde, qui lui-même les avait achetés à Julie Anctil. Le trio croyait s’être procuré de la MDMA – de l’ecstasy –, mais ils ont plutôt eu en leur possession sept fois la quantité létale d’une pure substance hautement dangereuse.

Puis, Miville, Paquet et Caron se sont rendus au Bière Fest de Rivière-du-Loup où ils ont divisé la drogue en trois parts égales avant de la consommer. Seul Jean-Philippe Caron restera en vie, puisqu’il ne consommera pas toute sa part.

L’avocat de la défense, Me Michel Barrette, a affirmé que «Julie Anctil ne pouvait raisonnablement prévoir la mort des jeunes hommes», ajoutant qu’elle n’avait eu «d’aucune manière une intention homicidaire».

Me Barrette considère que la détention provisoire de sa cliente suffit et ne demande qu’une journée de prison.

La Couronne, pour sa part, pense que Julie Anctil était consciente de la dangerosité de la substance et qu’elle n’a formulé aucune mise en garde à Plourde sur la quantité à consommer.

Pour la Couronne, le lien de causalité est avéré. Elle réclame huit ans d’emprisonnement, moins la détention provisoire de 22 mois et 20 jours.

Julie Anctil connaîtra son sort le 14 janvier prochain.