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Des centaines de milliers $ perdus

L’ex-ministre Pierre Arcand a vendu ses parts dans une compagnie pour éviter toute apparence de conflit d’intérêts

Pierre Arcand
Photo Pierre-Paul Poulin L’ex-ministre Pierre Arcand, photographié cette semaine à son bureau de comté de Mont-Royal Outremont, a perdu beaucoup d'argent en faisant ce que Pierre Fitzgibbon refuse de faire : vendre ses parts dans une entreprise qui a des liens avec l’État.

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Ministre du gouvernement Charest, Pierre Arcand a perdu « des centaines de milliers de dollars » lorsqu’il a vendu ses parts dans une entreprise privée pour éviter toute apparence de conflit d’intérêts, ce que Pierre Fitzgibbon a refusé de faire.

« C’est difficile à évaluer, mais on parle de plusieurs centaines de milliers de dollars de perte, car ce n’est pas la meilleure façon de vendre », note le député libéral en entrevue avec Le Journal.

Pierre Arcand a fait fortune dans le monde de la radio. Avant de se lancer en politique, il avait déjà liquidé ses avoirs dans la chaîne de stations de radio Corus, mais il restait actionnaire de la compagnie Métromédia Plus, une entreprise d’affichage publicitaire.

« Techniquement, je n’étais pas obligé de vendre. Mais en 2009, le PQ avait fait de l’éthique son cheval de bataille, et je voyais venir les attaques. J’ai décidé de vendre, car je ne voulais pas être pris », a-t-il dit. Il ne s’en plaint pas : « j’aurais pu décider de quitter la vie politique et de garder mes affaires. C’est un choix qu’on fait », a-t-il dit.

Fitzgibbon savait

M. Arcand a suivi avec attention le plus récent rapport de la commissaire à l’éthique, qui reproche au ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, d’avoir conservé des parts dans une entreprise privée qui avait des liens avec l’État. M. Fitzgibbon a refusé de se départir de ses actions d’Immervision au prix coûtant, pour ne pas perdre d’argent.

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Arcand enregistrée le 9 décembre au micro d'Antoine Robitaille sur QUB radio:

Pour le libéral, c’est inadmissible. « La grosse différence entre M. Fitzgibbon et moi, c’est qu’en 2008, il n’y avait pas de commissaire à l’éthique. Lui, lorsqu’il a annoncé sa candidature, avant même les élections, il aurait dû connaître les règles et immédiatement entreprendre des démarches pour se départir de ses actions », a-t-il dit.

Il estime que M. Fitzgibbon a manqué de prudence en apparaissant sur une scène, dans le cadre des fonctions, aux côtés de la dirigeante de l’entreprise, dont il est toujours partenaire financier, comme l’a révélé Le Journal.

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Mêmes arguments

Mais Pierre Arcand non plus ne voulait pas vendre en 2008, avant de céder en raison de la pression politique. Ironiquement, les arguments du PLQ étaient les mêmes que ceux de François Legault en 2020. 

« Si nous voulons avoir des gens de qualité en politique, des gestionnaires de premier plan comme M. Arcand, nous devons faire des accommodements », disait l’attaché de presse de M. Charest, Hugo D’Amour, dans une entrevue à La Presse.

Mais depuis, un code d’éthique a été adopté à l’Assemblée. Et même si la CAQ veut aujourd’hui l’assouplir, M. Arcand estime qu’il faut plutôt que M. Fitzgibbon montre patte blanche et vende enfin ses actions.  

« Les règles en politique, elles sont là pour être respectées. La commissaire lui a donné toutes les chances pour se mettre en ordre. C’est normal que les citoyens demandent la probité maximale à leurs élus »

– Pierre Arcand, député du PLQ

Fitzgibbon toujours en infraction au code de déontologie des élus   

Pierre Arcand
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Selon un rapport de la commissaire Ariane Mignolet :  

  • Il a omis de déclarer qu’une entreprise qu’il détenait avait des liens avec Investissement Québec, même s’il avait obtenu cette information à deux reprises.    
  • Il détient toujours une entreprise, Immervision, qui a des liens avec l’État, même si cela contrevient au code.    
  • Il est intervenu auprès d’Investissement Québec pour annuler une aide à cette entreprise.