/opinion/columnists
Navigation

Gestion opportune, tête à claques à venir

Jean Francois Roberge ecoles
Photo Simon Clark Très commode d’avoir un ministre de l’Éducation junior et éjectable lorsque la gronde surgira ! Sur la photo, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge

Coup d'oeil sur cet article

La crise sanitaire a favorisé la CAQ jusqu’à maintenant.

Le dernier sondage Léger illustrait encore une fois sa popularité alors que le premier ministre semble profiter du désastre avec une population qui doit se fier à lui comme timonier sur une mer inconnue.

L’ampleur de la crise a rendu la population plus indulgente dans la conduite générale du gouvernement pour plusieurs dossiers sensibles.

Le manque de transparence, la distance inadéquate entre les autorités politiques et celles de la Santé publique, ainsi que la méconnaissance du microbe ont permis au premier ministre de faire à peu près ce qu’il veut. 

Les incohérences dans les restrictions laissent de glace la population, plus affairée à se choquer après ceux qui les remettent en question.

On ne change pas de général sur le champ de bataille, le jugement pourrait toutefois être plus incisif au retour de la paix !

Confinement chirurgical

À l’instar des pays occidentaux, le gouvernement tente de concilier sécurité et économie en acceptant une large part de risques pour la population.

Les annonces de confinement sont faites sans que nous disposions de données qui expliquent leur bien-fondé.

La fermeture des restaurants, des cinémas, des musées et des salles de spectacles s’est révélée sans effet dans l’endiguement de la pandémie. 

On se surprend encore que, dans les centres de santé, du personnel soignant soit appelé à passer de zone froide à zone chaude, augmentant du coup les risques de transmission du coronavirus.

On garde les écoles ouvertes malgré la multiplication des cas d’infections. À ce propos, ce qui explique l’insistance gouvernementale semble être plus lié à sa fonction de garderie afin que les parents puissent aller au travail.

Les centres d’éducation des adultes n’échappent également pas aux risques avec leur clientèle pas toujours disciplinée et les espaces restreints.

On cherche des puces au ministre de l’Éducation. Il se défend de faire tout ce qu’il y a à faire. L’échec est toutefois garanti parce qu’on lui demande l’impossible en sachant que le milieu scolaire est un vecteur majeur de propagation dans plusieurs pays.

Et que dire de la fermeture des commerces non essentiels tout en gardant ouverts ceux des sociétés d’État ?

La tricherie

Il ne se passe pas un jour sans que j’entende des gens qui adaptent les directives gouvernementales à leur convenance. Le laxisme sur les voyages et les sorties du pays est observable quotidiennement.

Pourquoi les gens se gêneraient-ils quand l’exemple vient de haut et que le gouvernement accommode ses décisions avec ses intérêts électoraux ?

La CAQ ne pourra pas jouir de la chance des partis provinciaux au pouvoir, ailleurs au Canada, qui ont déclenché les élections générales en pleine pandémie et qui ont gagné leur pari.

La prochaine élection québécoise sera postpandémique avec une meilleure appréciation de la justesse des décisions et on peut déjà anticiper que les résultats ne seront pas aussi éblouissants pour la CAQ que les récents sondages !