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Le concert surréaliste au pied d’un volcan de Jimi Hendrix

Jimi Hendrix
Photo courtoisie Pochette de l’album The Jimi Hendrix Experience

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Le 30 juillet 1970, Jimi Hendrix présentait une prestation surréaliste au pied d’un volcan sur l’île d’Hawaï. Un concert donné quelques semaines avant sa mort et que l’on peut maintenant écouter dans sa totalité.  

Entouré du bassiste Billy Cox et de Mitch Mitchell à la batterie, le légendaire guitariste a offert, dans le vent et devant environ 400 spectateurs, deux prestations de 50 minutes.

On entend un trio, inspiré et au sommet de sa forme, interpréter les Foxey Lady, Voodoo Child, Red House, Fire, Purple Haze et de nouveaux titres comme Dolly Dagger et Freedom, joués devant public pour la première fois.

Jimi Hendrix s’est retrouvé, malgré lui, au centre de cette aventure étonnante. Son gérant, Michael Jeffery, avait négocié une entente avec la compagnie de disques Warner afin de financer l’aménagement du studio Electric Lady, à New York, victime de dépassements de coûts.

En échange d’une avance de 500 000$, l’étiquette de disque obtenait les droits de la trame sonore du film Rainbow Bridge. Un long-métrage expérimental sur le mouvement de contre-culture présent sur cette île du Pacifique.

Cette trame sonore devait contenir du nouveau contenu, mais le guitariste gaucher, peu intéressé par ce projet, n’avait pas composé de musique pour ce film qui n’allait nulle part. 

Excitant

Son gérant a toutefois réussi à le convaincre de donner un concert au pied du volcan Haleakala. L’idée était de filmer ce concert, d’insérer des séquences dans le long-métrage et d’attirer les amateurs d’Hendrix dans les salles de cinéma.

Les spectateurs, à la demande du réalisateur Chuck Wein, ont été positionnés devant la scène en fonction de leur signe astrologique.

Le film, qui contenait 17 minutes de la performance du guitariste, s’est avéré être un échec retentissant. Et l’album lancé comme étant la trame sonore de Rainbow Bridge ne contenait pas de matériel interprété lors de ce spectacle surprise. Il s’agissait d’une compilation réunissant une chanson provenant d’un autre spectacle et des titres enregistrés en studio entre 1968 et 1970.

L’intégrale de ces deux spectacles est maintenant offerte, accompagnée du documentaire Music, Money, Madness... Jimi Hendrix in Maui, qui raconte, avec tous les intervenants de l’époque, cette folle aventure. 

Retrouvées dans les voûtes, les bandes de ce concert ont été retravaillées et remixées avec un mélange de technologie analogue et numérique.

«Jimi et ses musiciens sont exceptionnels lors de ce spectacle. Jimi joue très bien et il est au sommet de son art. On voit qu’il est heureux. Ils interprétaient du contenu qui avait été enregistré trois semaines avant ce concert et qu’ils n’avaient jamais encore joué devant public. C’était excitant. C’est une fenêtre sur une autre époque», a indiqué, dans un entretien, Eddie Kramer, qui a réalisé l’album Live in Maui, ajoutant le qualificatif de surréel pour qualifier ce concert.

Il y avait des vents de 15 miles à l’heure et le son de la batterie était de très mauvaise qualité. Les enregistrements de l’époque étaient inutilisables. 

Quelques mois après le décès de Jimi Hendrix, Mitch Mitchell est retourné aux studios Electric Lady pour réenregistrer les pistes de batterie. Il a regardé quelquefois ce qui avait été filmé en format 16 mm et il s’est exécuté avec précision.

«Mitch a été incroyable. Il a livré la marchandise très rapidement. C’était très émotionnel de le voir jouer ses chansons après le décès de Jimi», a raconté le réalisateur.

Eddie Kramer mentionne qu’il existe encore beaucoup de matériel en spectacle inédit dans les voûtes. Il travaille sur certaines parutions à venir.

«Nous sommes très prudents avec ça. Il s’agit de s’assurer de faire ça convenablement et de le faire au bon moment», a-t-il indiqué.