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Spectacles: une saturation à prévoir

Côté spectacles, Nick Farkas, entrevoit avec optimiste la deuxième moitié de 2021

Nick Farkas evenko
Photo courtoisie, Susan Moss Le promoteur Nick Farkas et son équipe se sont rapidement mis à plancher sur la programmation d’Osheaga pour l’été prochain.

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Important promoteur de spectacles – il est derrière les grands concerts au Centre Bell et le festival Osheaga –, evenko a vu la quasi totalité de ses opérations prendre abruptement fin à la mi-mars. Mais pour le responsable de la programmation, Nick Farkas, la relance des activités dans le courant de 2021 pourrait même laisser place à une congestion jamais vue dans les salles de spectacles.

Comment l’arrivée de la pandémie a-t-elle été vécue chez evenko?

« Ç’a été difficile, surtout de continuer à être motivé. L’été a quand même beaucoup aidé, car on a pu faire quelques shows et les cas avaient descendu drastiquement. Tout le monde sentait qu’il y avait de l’espoir. Mais là, on est retourné dans une deuxième vague. Le plus dur est de commencer quelque chose, comme Osheaga, et que l’événement est annulé. On a aussi programmé des spectacles qu’on a dû reporter trois fois. » 

Vous avez annoncé il y a quelques jours les trois têtes d’affiche pour Osheaga 2021 (Foo Fighters, Cardi B, Post Malone). Quel est votre optimisme pour le retour des grands concerts l’été prochain?

« La majorité de l’industrie en Amérique du Nord et en Europe pense que les spectacles à l’extérieur vont probablement avoir lieu. Le ton a changé énormément quand il y a eu la première annonce du vaccin de Pfizer. On a beaucoup, beaucoup d’appels d’agents pour des shows à l’automne 2021. On commence aussi à en avoir de plus en plus pour l’été et même des shows à l’intérieur. C’est encourageant. » 

Vous aviez d’abord annoncé les Foo Fighters, Lizzo et Kendrick Lamar pour l’édition 2020 d’Osheaga. N’était-il pas possible de tous les reprogrammer pour l’an prochain?

« On a été chanceux de pouvoir le faire pour notre festival LASSO. Mais pour Osheaga, les plans étaient différents. Le monde n’est plus disponible, les albums sortent à d’autres moments. On ne voulait pas nécessairement avoir le même lineup. C’était des bonnes nouvelles quand on a approché Post Malone et Cardi B et qu’ils étaient disponibles. » 

« Lizzo et Kendrick, leurs horaires ne marchaient pas pour l’an prochain, ou bien ils n’étaient pas en mesure de confirmer aussi vite qu’on en avait besoin. Il faut dire que d’habitude, on annonce nos têtes d’affiche en février. Là, on voulait le faire plus tôt parce qu’il y a encore 10 000 personnes qui ont gardé leur billet de l’édition 2020. On voulait donc leur annoncer rapidement qui allait jouer. C’était important pour nous. » 

Où en est le travail pour le reste de la programmation du festival?

« Je dirais qu’on a programmé probablement 80 à 85% des artistes. On envisage de l’annoncer dans le coin du mois de février. Les têtes d’affiche, c’est important. Mais pour nous, les journées à Osheaga commencent à 13h. On veut présenter les meilleurs artistes possibles pendant trois jours. » 

Pourrait-il y avoir une congestion l’an prochain chez les promoteurs pour obtenir les artistes internationaux?

« Les gros, gros noms, comme Elton John, ont déjà décidé de repousser à 2022... Mais il y a beaucoup de gros noms qui seront là à la fin 2021. Ce sera du jamais vu. Juste en regardant la quantité d’artistes qui nous approchent, ce sera une saturation totale! Quand tu regardes la quantité d’options qu’on a au MTelus, Corona et Centre Bell, je n’ai jamais vu de ma vie autant d’artistes qui visent les mêmes périodes. C’est normal parce qu’ils n’auront pas été en tournée pendant 18 mois. Ça va être occupé, surchargé, mais j’ai hâte. J’ai hâte d’avoir 11 spectacles par soir! » 

La situation avec la COVID est encore très incertaine pour l’an prochain. Pourquoi ne pas avoir attendu que les choses se règlent avant d’annoncer le retour d’Osheaga?

« On ne pourrait pas juste commencer à travailler sur Osheaga et le mettre en vente quand tout sera en vert. Ça ne marche pas. [...] Ça prend du temps pour programmer 100 artistes et planifier tout ça. Il faut qu’on y aille comme si ça avait lieu. Si on était sûr que ça n’aurait pas lieu avant 2022, on aurait mis l’emphase sur 2022. Mais là, l’industrie et les artistes sont prêts à confirmer et à prendre le risque avec nous. On n’a pas le choix. C’est ça qu’on fait dans la vie! Osheaga 2021 va quand même être 18 mois après le début de la COVID. Il y a beaucoup de choses qui ont changé depuis le mois de mars. » 

« Si on est en mesure de faire le festival, que le gouvernement dit oui, que les frontières sont ouvertes, que les gens portent des masques et qu’il y a des tests rapides... On veut que le monde soit en sécurité, c’est le but principal. On prend ça au sérieux. C’est super important. » 

On a vu beaucoup de concerts virtuels se tenir dans les derniers mois. Osheaga pourrait-il être présenté dans une formule hybride, avec quelques spectateurs sur place et un volet web?

« C’est une option. On a des scénarios A, B, C, D, E, F, G pour chacun de nos festivals. C’est sûr qu’on regarde fort pour avoir un côté web. C’est important. Ça va faire partie de nos festivals en 2021 et plus tard. On a vu avec le Jazz et les Francos comment ç’a super bien été. Y’a du monde qui veut avoir cette expérience-là. Ça fait partie de nos plans. » 

« Parmi les autres scénarios, l’équipe de production travaille sur des capacités réduites, une quantité de scènes réduite, toutes sortes d’affaires. Je ne sais pas où on va être, mais on va être prêt! On veut retourner au travail. On a des plans pour toutes les salles, toutes les configurations. » 

Si les frontières sont toujours fermées l’été prochain, Osheaga pourrait-il être présenté avec uniquement des artistes canadiens?

« C’est aussi une option qu’on regarde. Il y a tellement d’imprévus. Si ce sont juste des artistes canadiens, québécois, on va essayer de faire quelque chose. On n’enlève rien sur la table. The show must go on. On veut faire quelque chose l’année prochaine. Qu’est-ce que ça va être? Ce sera à discuter. Mais pour l’instant, on espère présenter Osheaga au moins d’une manière assez similaire aux années précédentes. » 

Osheaga accueille habituellement 135 000 spectateurs en trois jours. Il est difficile d’envisager une telle foule l’été prochain, non?

« C’est sûr. Ce sera des décisions qu’il faudra prendre au fur et à mesure que ça avance. En ce moment, on ne sait même pas ce que serait la capacité permise. Est-ce qu’on pourrait avoir 20 000 personnes sur tout le site ou juste sur le parterre principal? On a fait toutes sortes de dessins pour voir combien de gens rentraient sur le site en respectant le deux mètres [de distanciation]. On espère que [cette mesure sanitaire] ne sera plus là au mois d’août parce que ce sera difficile de présenter le festival. » 

Certaines personnes parlent d’exiger que les spectateurs aient été vaccinés ou qu’ils soient testés sur place, pour le retour des festivals l’an prochain. evenko envisage-t-il cette possibilité?

« Je pense que oui. On ne sait pas où sera la technologie dans huit mois. Je sais que Ticketmaster, Live Nation et plein d’équipes de sports travaillent sur des tests rapides. D’ici huit mois, on va utiliser les meilleurs outils pour ça.» 

L’organisation d’Osheaga propose pour la première fois un plan de paiement où les consommateurs peuvent payer leur passe pour le festival en plusieurs versements, au lieu d’un seul. Pourquoi avoir ajouté cette option?

« On voyait qu’il y avait de plus en plus de festivals aux États-Unis qui le faisaient. On sait que ce n’est pas toujours facile de sortir 300$ d’un seul coup des poches. Surtout avec la COVID, il y a bien des gens qui sont sous-employés ou qui n’ont plus d’emploi. S’il sont cette option-là, ça leur donne au moins une chance d’y aller, on l’espère. C’est juste quelque chose qu’on voulait essayer pour voir si le monde allait apprécier. On va voir. » 

BIO  

  • Nom : Nick Farkas 
  • Âge : 55 ans 
  • Profession : Vice-président concert et événements chez evenko et fondateur d’Osheaga  
  • Impact : evenko produit chaque mois une centaine d’événements musicaux familiaux et sportifs partout au Québec, ainsi que dans les provinces de l’Atlantique et dans le nord-est des États-Unis. En raison de la pandémie, l’entreprise a aussi dû annuler ses festivals prévus à Montréal l’été dernier : Osheaga, ÎleSoniq, ’77 Montréal et LASSO.