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Les impôts des Québécois ne doivent pas financer la porno, dit Christine St-Pierre

La députée libérale Christine St-Pierre
Photo d'archives La députée libérale Christine St-Pierre

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La députée libérale Christine St-Pierre presse Québec de stopper l’octroi de subventions à des entreprises œuvrant dans le domaine de la pornographie, tel le géant MindGeek, qui a reçu près de 200 000$ du gouvernement provincial depuis dix ans.

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«On ne veut pas que les impôts des Québécois servent à produire de la porno», a-t-elle tranché à la lumière d’informations rapportées par notre Bureau d’enquête lundi.

La députée a exhorté la ministre responsable de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, à confier à des experts le mandat de se pencher sur la présence de pornographie juvénile sur des sites liés à des entreprises enregistrées au Québec et à proposer des mesures pour la prévenir et la réprimer.

La mise en place d’un tel comité d’experts était une des recommandations contenues dans le rapport de la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs déposé début décembre et dont Christine St-Pierre était vice-présidente.

Le cas de Pornhub, un des sites phares de la compagnie MindGeek dont le siège social se trouve à Montréal, a fait les manchettes à plusieurs reprises ces dernières semaines. Une enquête du New York Times avait démontré qu’il était possible d’y retrouver des vidéos de mineures et de femmes visiblement violées.

L’État québécois a allongé depuis dix ans au moins 96 152$ en aides financières diverses à MindGeek, qui se dit établie au Luxembourg, un paradis fiscal, mais dont la haute direction et la majorité des employés sont à Montréal, a rapporté notre Bureau d’enquête.

Or, selon des précisions apportées par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale lundi, l’ensemble des subventions accordées de son côté à Manwin (l’ancien nom de MindGeek) s’élèverait plutôt à 189 215$, soit plus du double de ce qui avait d’abord été rapporté.

Ainsi, ce sont 17 contrats de subventions salariales qui ont été octroyés à l’entreprise entre 2010 et 2018 afin de soutenir des postes en technologie tels que développeur web ou développeur de logiciel, a indiqué un porte-parole du ministère par courriel.

«En 2018, dès que nous avons pris connaissance de la nature des activités de l’entreprise, soit le divertissement pour adulte, le Ministère a cessé toute forme d’aide financière à cette entreprise», a-t-on assuré.

À cette somme s’ajoute toutefois un montant de 7332$ octroyé en 2019-2020 par le gouvernement Legault, qui a puisé dans le Fonds vert pour le «déploiement des véhicules électriques» de l’entreprise.

Si le gouvernement fédéral peut agir pour modifier le Code criminel et rendre illégale la diffusion de contenus de ce genre, la «seule poignée» dont dispose Québec à l’égard de MindGeek reste de lui couper les subventions dont elle dispose, a affirmé Christine St-Pierre.

Et si une part importante des subventions accordées à l’entreprise l’ont été sous les anciens gouvernements libéraux de Jean Charest et de Philippe Couillard, Christine St-Pierre plaide qu’elle n’en savait rien.

«Si ces éléments avaient été portés à mon attention lorsque j’étais ministre dans un gouvernement, j’aurais remué ciel et terre. [...] Ce sont des affaires inacceptables», a-t-elle martelé, en entrevue.

– Avec la collaboration de Jean-François Cloutier, Bureau d’enquête

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