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Michel Dallaire laisse tomber son mégaprojet

Les Sœurs de la Charité, à Beauport, sont redevenues propriétaires de leurs terres agricoles

Quebec
Photo Stevens LeBlanc L’immense domaine des Sœurs de la Charité, à Beauport, s’étend sur plus de 22 millions de pieds carrés (plus de 200 hectares) au nord de l’autoroute Félix-Leclerc.

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Le promoteur Michel Dallaire renonce officiellement à son projet de miniville à Beauport sur les terres des Sœurs de la Charité.

Ces dernières ont repris possession de leur domaine, mais elles n’abandonnent pas l’idée de le développer dans le futur. L’acte notarié a été signé vendredi dernier. 

La société en commandite Terres d’espérance, créée par la Fondation famille Jules-Dallaire, a rétrocédé les terres acquises en 2014 pour près de 40 M$.

À l’époque, le promoteur prévoyait construire 6500 unités d’habitation dans le cadre de ce projet dit « philanthropique » puisque les profits de la vente devaient être versés à des œuvres caritatives.

Aucun projet concret n’avait cependant été dévoilé à la population.

Obstacles

De nombreux obstacles se sont mis sur la route du promoteur au fil des ans. L’opposition citoyenne ne cessait de croître et le gouvernement du Québec a refusé que la Ville de Québec intègre ces terres à son Schéma d’aménagement et de développement.

Bref, la route vers un dézonage était de plus en plus ardue, même si l’administration Labeaume y croit toujours.

Ceux qui espèrent que ces terres conserveront une vocation exclusivement agricole à long terme seront déçus d’apprendre que les Sœurs de la Charité n’ont pas lancé la serviette. Elles prévoient toujours développer ces terres, avec ou sans M. Dallaire.

Retour à la case départ 

Une nouvelle démarche de réflexion, qui s’annonce longue, s’amorcera en 2021 pour déterminer la vocation future de ces terres. 

Les religieuses ne sont « pas pressées » et veulent bien faire les choses.

« Nous prendrons tout le temps qu’il faut pour mener à bien cet exercice de réflexion en harmonie avec le milieu », a déclaré sœur Monique Gervais, supérieure générale.

Le statu quo n’est toutefois pas envisageable à long terme. « Québec est une ville en croissance, on est entourés par des maisons, à droite, à gauche, au nord, au sud, c’est un périmètre hautement urbanisé [...]. Il faut voir comment on peut faire un développement ou un aménagement qui va rejoindre tout le monde, c’est ça, le défi », a confié le conseiller spécial des sœurs, Jean M. Gagné, en entrevue avec Le Journal.

Il n’a pas été possible de joindre Michel Dallaire, jeudi, qui abandonne ainsi un deuxième projet d’envergure en peu de temps, après avoir cédé les rênes du défunt Phare à COGIR.

Le cabinet du maire Régis Labeaume n’a pas voulu commenter.

D'AUTRES RÉACTIONS

« Il faut encore assumer la vocation agricole de ces magnifiques terres. C’est un incontournable. La Ville peut jouer un rôle de leadership. Il faut être innovateur. »

-Jean Rousseau, conseiller de Démocratie Québec

« Nous sommes heureux d’apprendre que le Groupe Dallaire abandonne l’idée d’un développement résidentiel sur ces terres fertiles, car nous considérions ce projet comme un non-sens. »

-Gabriel Lalancette, président de l’UPA de Québec, Jacques-Cartier

« C’est une bonne nouvelle. Ça donne de l’espoir. Il y a tellement plus à faire que du développement résidentiel sur ces terres. On aime le fait que les religieuses soient ouvertes au dialogue. »

-Monique Gagnon, porte-parole de Voix citoyenne