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La Brasserie Maltco a surmonté la pandémie

La brasserie était en plein démarrage lorsque le confinement a mis en danger ses opérations

La Brasserie Maltco a surmonté la pandémie
Photo Facebook, Brasserie Maltco

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Lancer une entreprise moins de quatre mois avant le début de la pandémie aurait pu se révéler catastrophique, mais la Brasserie Maltco a tout de même réussi à produire un million de bouteilles et à poursuivre ses projets d’expansion.

Maltco a produit ses premières bières à la fin de novembre 2019 dans ses installations situées dans l’édifice du Marché Jean-Talon de Charlesbourg, à Québec. L’entreprise voyait les choses en grand avec six représentants sur la route. Puis est arrivée la pandémie.

«On l’a eu difficile, mais on s’est relevé les manches et dans les circonstances, ça a bien été. On est parti gros, puis au bout de quatre mois, on ne pouvait plus rentrer nulle part. Tout était arrêté et on se retrouvait avec une usine gigantesque qui ne pouvait plus produire», explique Alain Rochette, un des copropriétaires de la brasserie.

«Nous avons mis nos représentants sur le télémarketing et notre directeur des ventes a signé des ententes avec de grosses bannières, poursuit-il. Nous n’avions plus besoin d’aller dans chacune des épiceries, ça a été beaucoup plus simple. Si on avait continué avec la méthode traditionnelle, selon moi, on ne passait pas au travers.»

En fin de compte, les neuf variétés de bières de Maltco sont maintenant disponibles dans 1000 points de vente. L’objectif est de doubler le nombre de points de distribution en 2021.

Des projets

L’entreprise songe même à offrir ses produits hors du Québec. «On va voir si on n’a pas des opportunités pour exporter. Il y a aussi de la place pour des produits québécois en Europe, même en Belgique et en Allemagne. La façon le plus simple serait de les brasser là-bas», estime celui qui se présente avec humour comme PDG en gestion de la soif!

Il faut dire que la brasserie n’est à une fraction de son potentiel qui se situe entre 20 et 25 millions de bouteilles de 473 ml annuellement, selon M. Rochette. «Notre objectif est de 3 à 3,5 millions de canettes pour 2021 et c’est très réalisable», avance-t-il.

Maltco propose actuellement ses produits à l’unité, en paquet de quatre, ou dans une caisse mélangée de huit, appelée la Réserve du bonheur. Mais pour gruger des parts de marché aux grands brasseurs, elle compte éventuellement proposer ses produits qui fonctionnent le mieux en format de 355 ml en caisse de 12.

Sous-traitance et branding

La COVID-19 a aussi amené Maltco à accélérer son projet de brasser pour d’autres entreprises.

«Une petite brasserie dont la demande explose, ou qui ne peut pas agrandir, peut faire affaire avec nous. Parfois, leur brasseur vient la brasser ici. J’aime autant brasser mon concurrent que ce soit quelqu’un d’autre qui le fasse. Dans le milieu de la microbrasserie, c’est normal de se donner un coup de main», plaide-t-il.

«On le fait aussi pour des entreprises qui ne sont pas de brasseurs, qui veulent avoir des marques maison, ou juste avoir leur nom sur une bière pour donner à des clients. C’est un marché en plein développement», affirme M. Rochette.

S’il est possible de mettre son nom sur un produit de la brasserie, à partir d’une production de 3000 l, il est aussi possible d’avoir sa propre recette.

Avant de débuter l’aventure Maltco, les cinq propriétaires faisaient d’ailleurs brasser leur bière maison chez un tiers lorsqu’ils ont ouvert le resto-bar les Maltcommodes. Ce n’est que deux ou trois ans après l’ouverture qu’ils ont commencé à brasser leurs produits.

Lever son verre à 2021

Question de conjurer le sort et de tourner la page sur une année difficile, Maltco invite toute la population à un événement virtuel sur sa page Facebook le 31 décembre à 20h.

«On fait un gros tchin-tchin, un gros f*** you 2020 et bienvenue 2021», conclut Alain Rochette.