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Nouveau confinement: moins de dividendes pour l’État québécois

Le confinement à travers le Québec aura des impacts sur les revenus des sociétés d’État et les finances publiques

SAQ
Photo Pierre-Paul Poulin Une file de clients devant une SAQ du Plateau-Mont-Royal, il y a quelques jours. Les ventes de cette société d’État ont explosé au cours des dernières semaines, par rapport aux cinq temps des Fêtes précédents.

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Casinos, restaurants, entreprises, détaillants... Le confinement à travers le Québec, dont les mesures se resserreront encore davantage à partir du 25 décembre, devrait continuer de malmener les finances des sociétés d’État. En novembre, Québec avait déjà amputé 1,2 milliard (G$) à ses prévisions.  

Depuis le 11 décembre, Loto-Québec ne compte plus aucun établissement de jeux ouvert. La société d’État a aussi suspendu son offre d’appareils de loterie vidéo, et il n’est plus possible de jouer au bingo en réseau ou au Kinzo. Ses revenus passent par la vente de loteries et le jeu en ligne. 

Dans une mise à jour budgétaire publiée à l’automne, le gouvernement espérait tout de même récolter pour l’exercice financier en cours 481 M$ de sa société du jeu, soit 891 M$ de moins que prévu en mars. 

Il y a fort à parier qu’il faudra bientôt revoir ces chiffres à la baisse. Aucune date n’est encore avancée concernant la réouverture des casinos et des salons de jeux. Entre avril et septembre, les revenus de la société d’État avaient plongé de 75 %, passant de 736 M$ l’an dernier à 181 M$. 

La SAQ en hausse

Lors de ses dernières prévisions, en novembre, le gouvernement avait pris en considération la possibilité que d’autres vagues frappent le Québec. Une fermeture généralisée de l’économie, comme au printemps, n’était toutefois pas prévue. Québec espérait alors recevoir 3,6 G$ de ses vaches à lait. 

À la Société des alcools du Québec (SAQ), la fermeture des restaurants et des bars continuera de se faire sentir.  

Lors du premier confinement, la SAQ avait vu ses profits reculer de 6,6 %, principalement en raison de la fermeture des restaurants. Durant l’été, la société d’État était toutefois parvenue à rattraper ou presque son recul lors de la première tentative de relance de l’économie québécoise.

Hydro au ralenti

Chez Hydro-Québec, les mauvaises créances de consommateurs ainsi que la baisse de la demande d’électricité des entreprises en raison du nouveau confinement risquent de continuer d’influencer ses résultats négativement. 

Globalement, depuis le début de l’année, les ventes d’électricité ont diminué de 4%. Si la consommation résidentielle a crû dans les mêmes proportions, elle a chuté de 8% dans le commercial et l’institutionnel, et de près de 10% dans l’industriel.

Déjà, on sait que les conséquences se feront sentir par centaines de millions de dollars dans les coffres de Québec. Au cours des neuf premiers mois de 2020, Hydro a accusé un retard de 435 M$ sur son bénéfice de 2019.

Est-ce que sa situation financière continuera de s’aggraver, maintenant que Québec a choisi de remettre la province sur pause? Possible. Au cours de l’automne, sa pdg avait fait des projections de bénéfices d’un peu plus de 2 G$. Cela représentait une chute de 30%, comparativement aux 2,9 G$ de bénéfices de l’exercice précédent.

Une province moins riche

Selon la Fédération canadienne des contribuables (FCC), il ne fait pas de doute que les sociétés d’État et les ministères devront se serrer davantage la ceinture en 2021. Le directeur pour le Québec estime qu’il devrait même avoir des baisses salariales dans certains départements et leur direction. 

«Tant au gouvernement que dans les entreprises gouvernementales, il doit y avoir des coupes. (...) La capacité de payer des Québécois n’est pas la même aujourd’hui qu’il y a dix mois», répond Renaud Brossard.  

«Le fait de voir que le gouvernement continue d’aller de l’avant comme si rien n’était, sans baisse salariale et avec le même effectif, cela ne reflète pas la réalité de ce que vivent les Québécois», poursuit-il. 

À la Société québécoise du cannabis, les ventes ont plus que doublé entre avril et septembre. Québec visait en novembre des revenus de 50 M$ qui seront affectés au Fonds des revenus provenant de la vente de cannabis. 

LES DIVIDENDES VERSÉS PAR NOS GRANDES SOCIÉTÉS D’ÉTAT   

HYDRO-QUÉBEC 

Dividende projeté (1) : 1,74 milliard $

Prévision initiale (2) : 2,276 G$

Dividende en 2019-2020 : 2,19 G$

Dossiers à surveiller :  

  • Remise à niveau des systèmes d’économie d’énergie offerts par Hilo.    
  • Efforts de récupération des manques à gagner pour cause de défauts de paiement de clients.    
  • Développements liés aux projets d’exportation d’électricité à New York et au Massachusetts.        

SAQ

Dividende projeté (1) : 1,12 G$

Prévision initiale (2) : 1,22 G$ 

Dividende en 2019-2020 : 1,23 G$ 

Dossiers à surveiller :  

  • Mise en place d’un système de collecte de bouteilles.    
  • Impact de la fermeture des restaurants et des bars.    
  • Versement des bonis.        

SQDC

Dividende projeté (1) : 50 M$ 

Prévision initiale (2) : 50 M$ 

Dividende en 2019-2020 : s. o.

Dossier à surveiller :  

  • Déploiement du réseau de succursales.    
  • Augmentation de l’offre de produits dérivés à base de cannabis.    
  • Déploiement dans d’autres villes du service de livraison la journée même.        

LOTO-QUÉBEC

Dividende projeté (1) : 481 M$ 

Prévision initiale (2) : 1,37 G$ 

Dividende en 2019-2020 : 1,33 G$ 

Dossiers à surveiller :  

  • Date de réouverture des casinos et salons de jeux.    
  • Retour au travail des milliers d’employés temporairement remerciés.         

1- Prévision lors de la dernière mise à jour économique de novembre 2020.

2 – Prévision prépandémie lors du budget de mars 2020.

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