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Naissance d’une population
Photo courtoisie Naissance d’une population/Les Français établis au Canada au XVIIe siècle
Collectif sous la dir. de Hubert Charbonneau
Presses de l’Université de Montréal

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Voici un ouvrage qui va plaire à ceux et celles qui sont curieux de leurs origines.

C’est, en quelque sorte, le produit du Programme de recherche en démographie historique (PRDH) du Département de démographie de l’Université de Montréal et de son projet de « reconstituer, individu par individu, la population française et catholique établie dans la vallée du Saint-Laurent depuis l’origine, c’est-à-dire à partir de la fondation de Québec par Samuel de Champlain, en 1608 » jusqu’en 1680. L’étude porte exclusivement sur 3380 individus des deux sexes, arrivés de France pendant cette période et qui ont fondé une famille ici, à moins d’y être venus en couple.

Ces pionniers prennent place « dans un territoire inhabité [il est bon de le rappeler]. Les Iroquois, qui dominaient toute la vallée au siècle précédent, ont abandonné le pays pour des raisons plus ou moins obscures (Trudel, 1963). Lors de la fondation de Québec, seuls des nomades séjournent temporairement dans les basses terres pour y chasser et surtout y pêcher, de sorte qu’on peut conclure à l’absence de peuplement permanent. C’est donc en terres pratiquement vierges que s’installent les premiers colons du Canada », qu’on peut diviser en trois catégories : les engagés, les filles à marier et les militaires.

Au XVIIe siècle, ils seront environ 15 000, ces Français « fondateurs de la souche canadienne-française [...] qui prennent ainsi possession d’un pays neuf ». Qu’est-ce qui les a motivés à traverser l’Atlantique ? Ce sont surtout des gens humbles, mais qu’on a choisis en fonction de leur savoir-faire, de leur âge (entre seize et quarante ans) et de leur robustesse. En d’autres mots, il faut des gens en santé, physiquement et moralement. 

Quant aux filles à marier puis aux Filles du roi, deux désignations qui correspondent à deux époques précises, on désire qu’elles « ne soient aucunement disgraciées de la nature, quelles n’ayent rien de rebuttant a l’exterieur, qu’elles soient saines et fortes pour le travail de Campagne ». Afin d’atteindre un taux de croissance plus élevé, le roi donnait à ces femmes et filles une certaine somme d’argent pour les inciter au grand voyage. Plus de la moitié de ces femmes sont urbaines.

Avec l’envoi de militaires pour protéger la colonie des attaques iroquoises, le nombre d’hommes devint de beaucoup supérieur à celui des femmes. À eux aussi on offrit de l’argent pour les inciter à s’installer au pays et à se marier. La pression est alors très forte sur les femmes célibataires ou veuves. 

Pour en arriver à ces conclusions, les auteurs se sont basés sur les registres paroissiaux où sont consignés les actes de baptême, de mariage et de sépulture, ainsi que sur les recensements nominatifs. Un véritable travail de moine. On apprend, entre autres, que « l’immigration pionnière est principalement composée de jeunes célibataires se déplaçant seuls ; une centaine tout au plus arrivent dans la colonie à 45 ans et plus. Presque tous sont nés en France, essentiellement à l’ouest d’une ligne Bordeaux-Soissons ».

On suit la trajectoire des grandes lignées de pionniers, dont celle de Guillemette Hébert. Enfant de Louis Hébert et de Marie Rollet, elle a épousé Guillaume Couillard, avec qui elle a eu une descendance de 689 personnes avant 1730. Chaque pionnier compte en moyenne 88 descendants. « Les pionniers ont, en moyenne, 6,3 enfants. [...] Au sommet de la distribution, 5 hommes ont atteint au moins la vingtaine, alors qu’aucune femme n’a donné naissance à plus de 18 enfants connus ». 

C’est de la région de la Perche, en France, qu’est partie une majorité de pionniers, plus précisément du village de Tourouvre, à 150 kilomètres de Paris. « Aucune autre paroisse rurale de France n’en fera autant pour le peuplement du Canada », nous dit un des auteurs.

Malgré les rigueurs du froid, les pionniers ont su s’adapter rapidement à leur nouvel habitat. « Qu’à peine plus d’un millier de femmes, ayant pris époux en l’espace d’un demi-siècle, se retrouvent cinquante ans plus tard à la tête de 50 000 descendants ne manque pas d’impressionner ; que ces mêmes femmes représentent avec leurs conjoints environ les deux tiers du patrimoine génétique de six millions de Canadiens français est un phénomène qui justifie à lui seul la reconstitution de la population du Québec ancien », concluent les auteurs.

En annexe, on trouve une liste des 1995 pionniers et 1425 pionnières, avec leur descendance au 31 décembre 1729.

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