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Le métier d’accordeur en voie de disparition

Une entreprise de Montréal, Piano Esmonde White, veut fonder une école de technicien de piano

Oliver Esmonde White
Photo Chantal Poirier Si rien n’est fait, le Québec se retrouvera avec une importante pénurie d’accordeurs de piano, estime Olivier Esmonde White.

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Le métier de technicien et d’accordeur de piano est en voie de disparition. Il n’existe pas d’école au Québec et l’entreprise Piano Esmonde White souhaite, en partenariat avec une institution collégiale, ouvrir la sienne. Des démarches sont en cours.

On retrouve, en ce moment, 200 accordeurs de piano au Québec. La pénurie est telle que des salles de spectacles et des festivals ont parfois de la difficulté à trouver quelqu’un pour accorder leurs pianos. 

« La moitié des techniciens de piano ont plus de 60 ans et vont, dans quelques années, partir à la retraite. C’est un métier qui ne s’enseigne plus au Québec. C’est possible d’obtenir de la formation aux États-Unis et en Europe, mais c’est très coûteux », a indiqué Oliver Esmonde White, lors d’un entretien.

Le fondateur de l’entreprise située dans le Mile-End, à Montréal, qui est la seule à assembler des pianos au Canada, travaille sur ce projet d’école depuis quelques années. Des démarches sont en cours avec le gouvernement et le ministère de l’Éducation.

« Il y a encore beaucoup de détails à régler, mais ça avance bien. Trois cégeps pourraient héberger ce programme et ça pourrait se faire aussi rapidement qu’en 2021, si les choses évoluent dans la bonne direction », a-t-il fait remarquer.

Crise majeure

En plus d’un manque d’accordeurs, cette situation amène aussi un problème de main-d’œuvre.

« Il est de plus en plus difficile aussi de trouver des gens qui sont capables de fabriquer et de réparer les pianos. Il y a des villes au Canada et au Québec où il n’y a plus de techniciens. Ça veut dire qu’on ne peut pas vendre de pianos, qu’on ne peut pas donner de leçons et de concerts. La crise est majeure. Il est minuit moins une », a-t-il laissé tomber, insistant sur l’urgence de la situation.

Piano Esmonde White doit, pour ses raisons, recruter sa main-d’œuvre à l’étranger.

« On fait affaire avec une des plus grosses écoles en Europe, », a-t-il mentionné.

Le gouvernement, explique Oliver Esmonde White, n’était pas au courant de cette problématique.

« Personne n’avait sonné l’alarme. Notre projet est extrêmement bien reçu », a-t-il fait remarquer.

Oliver Esmonde White est convaincu qu’un technicien de piano pourra, une fois sa formation complétée, bien gagner sa vie.

« Et comme dans n’importe quel secteur, lorsque tu es bon, tu es en demande. C’est un métier qui combine la technologie moderne, parce que le monde du piano est en évolution, d’artisanat, de science et d’art. C’est, pour une certaine catégorie de personnes, vraiment un beau métier », a-t-il dit.

Formation

Originaire d’Edmonton, Oliver Esmonde White, avait 28 ans, lorsqu’il a plongé dans le monde du piano. Corniste et diplômé de l’Université d’Ottawa, il voulait travailler dans le monde de la musique et ne voulait pas devenir musicien.

« Je suis tombé dans les pianos par hasard, dans les années 60, à une époque où cet instrument était roi dans tous les magasins de musique », a-t-il raconté. 

Il a appris le métier de technicien auprès du musicien Gilles Losier qui était accordeur de piano à la Place des Arts. Il est ensuite devenu, en 1986, le premier Nord-Américain à étudier à l’Académie technique du piano Yamaha à Hamamatsu au Japon.