/news/politics
Navigation

Catherine Fournier, loin de la ligne de parti et plus heureuse que jamais

Les élus indépendants peuvent mieux servir leurs électeurs, croit la députée

Quebec
Photo Stevens LeBlanc La députée Catherine Fournier, photographiée un peu plus tôt ce mois-ci devant l’Assemblée nationale, estime avoir redoré le blason des députés indépendants, qui sont généralement des élus exclus de leur parti pour des raisons éthiques ou politiques.

Coup d'oeil sur cet article

Moins de deux ans après avoir quitté le Parti québécois, la députée Catherine Fournier ne pourrait plus se passer de la liberté qu’elle a gagnée en se libérant du carcan étouffant d’un parti politique.

• À lire aussi: Voici les 10 moments forts de la politique québécoise en 2020

«Dans une formation politique, on doit constamment réagir à ce que dit ou fait le gouvernement. On doit toujours chercher des failles. Maintenant, je choisis mes batailles. Je peux concentrer mes énergies sur les sujets qui sont importants pour ma circonscription, ou pour moi», affirme la femme de 28 ans, élue pour la première fois lors d’une élection partielle en 2016 dans la circonscription de Marie-Victorin, à Longueuil.

Depuis sa rupture avec le PQ, la députée hyperactive a déposé six projets de loi, de la livraison de boissons alcoolisées à la lutte aux violences à caractères sexuels dans les partis politiques. Ils ne seront pas appelés, mais peuvent lancer des débats, dit-elle au cours d’un entretien de fin d’année avec Le Journal.

Ce n’est pas inutile : le gouvernement analysera la possibilité de doter le Québec d’une constitution à la suite d’une de ses propositions. Elle s’est battue pour que les demandeurs d’asile qui ont travaillé dans le réseau de la santé durant la pandémie obtiennent une citoyenneté. Et Québec songe à fournir les produits hygiéniques féminins dans les écoles à son initiative, ajoute-t-elle.

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

«Bien humblement, j’ai fait un beau pied de nez à ceux qui ont dit qu’être député indépendant réduit à l’insignifiance», laisse-t-elle tomber, tout sourire.

Au service des électeurs

Mme Fournier plaide que la force d’un député sans parti est de ne relever que de ses commettants, plutôt que devoir plaire à un chef et à un caucus.

«Mes positions sont cohérentes avec mes convictions et les besoins de mes électeurs. Je sens que j’ai une connexion directe avec eux», dit-elle. Mais l’expérience Fournier peut-elle être répliquée? Elle-même n’y croit pas trop, même si elle estime que les Québécois seraient mieux servis par des élus affranchis de la partisanerie qui afflige les travaux parlementaires.

«Ça aiderait à rebâtir la confiance de la population à l’égard de la politique. On peut espérer qu’il y aura un peu moins de partisanerie, avec des lignes de parti un peu moins étanches. Mais c’est un problème systémique», dit-elle en riant. «La dynamique de compétition entre les partis étant ce qu’elle est, je ne crois pas qu’on va voir ça», reconnaît-elle.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Contre la partisanerie

C’est aussi pour lutter contre la partisanerie qu’elle a lancé le projet Ambition Québec, une organisation «non partisane» indépendantiste. Elle veut se connecter avec ceux qui ne sont pas déjà dans le milieu souverainiste. Autre défi : crever les bulles idéologiques. Il faut être capable de communiquer d’une chapelle à l’autre, dit-elle. À Québec, elle constate la féroce compétition entre le PQ et QS, qui voient chacun en l’autre leur plus grand adversaire.

«C’est un problème parce qu’on ne sera jamais en mesure de réaliser le projet de pays sans rassemblement des forces. Pour l’instant, la voie est bloquée», laisse-t-elle tomber.


Son parcours  

  • Élue pour le PQ en 2016  
  • Réélue pour le PQ en 2018  
  • Quitte le PQ en 2019 pour siéger comme indépendante   
  • Elle souhaite l’émergence d’une coalition qui court-circuite les lignes partisanes.