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COVID-19: 12 découvertes passées sous le radar cette année

Ces innovations scientifiques fascinantes ont permis de mieux comprendre le virus

Même s’il est globalement faible, le risque d’avoir des complications de la COVID-19 est plus élevé chez les femmes enceintes, indique une étude fédérale américaine.
AFP Même s’il est globalement faible, le risque d’avoir des complications de la COVID-19 est plus élevé chez les femmes enceintes, indique une étude fédérale américaine.

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L’année 2020 aura été marquée par un bouillonnement scientifique comme on en a rarement vu, et qui a notamment débouché à une vitesse inespérée sur la mise au point de vaccins. Dans ce flot incessant de nouvelles, certaines découvertes et initiatives de la science sont passées plus inaperçues. En voici 12 qui nous aident à mieux comprendre notre « ennemi invisible » et ce qu’il nous réserve pendant encore au moins quelques mois.

• À lire aussi: COVID-19: la fin de la pandémie en 2021? 

1. Et si les animaux détenaient la clé du remède ?

Même s’il est globalement faible, le risque d’avoir des complications de la COVID-19 est plus élevé chez les femmes enceintes, indique une étude fédérale américaine.
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Des chercheurs canadiens pensent que, si l’on comprend pourquoi certains animaux sont infectés par le coronavirus et pas d’autres, on pourrait découvrir pourquoi, chez l’humain, il affecte plus les personnes âgées et ceux qui ont des comorbidités. Ce qui pourrait éventuellement déboucher sur de nouveaux traitements, soulèvent-ils dans un communiqué de l’Université McGill diffusé il y a quelques semaines. 

Une partie de la réponse résiderait dans les cellules impliquées dans le processus d’infection et leur niveau d’oxydation. «On sait que le virus peut infecter les humains, les chats, les chiens et les furets, mais pas les bovins et les porcs. De plus, la COVID-19 frappe les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies sous-jacentes plus sévèrement que les jeunes et les gens en bonne santé. Jusqu’à présent, ce n’était pas très clair pourquoi», a souligné le Dr Jaswinder Singh, professeur agrégé pour l’université montréalaise.   

2. Des épidémiologistes racontent leur quotidien 

Le New York Times a demandé à 700 experts de l’épidémiologie à quoi ressemble leur quotidien, au début décembre, en cette situation de pandémie pendant laquelle on les devine particulièrement précautionneux. 

On apprend que 90 % ont recommencé à faire leurs courses en personne, comme aller à l’épicerie ou à la pharmacie. De plus, 62 % voient à l’occasion des amis, mais seulement à l’extérieur, comme lors de randonnées. Or, signe de leur penchant pour la prudence, l’immense majorité continue de se priver d’une foule d’activités que l’on sait plus risquées. Ainsi, seulement 12 % ont mangé dans un restaurant dernièrement, 9 % reconnaissent avoir participé à un petit dîner intérieur, et 8 % affirment qu’ils accepteraient de prendre l’avion. Pratiquement aucun ne se permet de rendre visite à une personne qui n’est pas un proche (3 %) ou d’assister à un événement sportif ou culturel (1,5 %). 

Notons que la moitié des répondants n’a pas l’intention de changer de comportement tant qu’au moins 70 % de la population ne sera pas vaccinée, tandis qu’un peu moins du tiers prévoit modifier un peu leurs habitudes quand ils seront eux-mêmes immunisés.   

3. Jamais sans mon masque

Même s’il est globalement faible, le risque d’avoir des complications de la COVID-19 est plus élevé chez les femmes enceintes, indique une étude fédérale américaine.
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Portée seule, la visière de protection ne vous protégera pas si une personne infectée éternue près de vous, démontre une étude publiée il y a quelques semaines dans la revue American Institute of Physics. Selon une simulation informatique, la personne qui éternue projette un vortex de gouttelettes en forme de beignets. 

En moins d’une seconde, celui-ci atteint aisément un individu placé à un mètre, et les particules n’ont aucun mal à atteindre les extrémités de l’écran facial, principalement par le bas. On estime que 4,4 % des gouttelettes se retrouvent alors dans la région du nez du porteur de visière et que le risque de transmission est réel, surtout s’il inspire au même moment. C’est pourquoi le port du masque est indiqué, même si l’on porte une visière.   

4. Le virus bloqué en moins de 24 heures

Même s’il est globalement faible, le risque d’avoir des complications de la COVID-19 est plus élevé chez les femmes enceintes, indique une étude fédérale américaine.
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Un médicament antiviral a connu des résultats spectaculaires dans un essai clinique sur des animaux, faisant espérer à des chercheurs qu’il pourrait «supprimer complètement la transmission du virus en 24 heures» si les mêmes effets sont mesurés chez l’humain. 

Les spécialistes de l’université d’État de Géorgie ont infecté six furets avec le coronavirus et en ont traité la moitié avec un médicament appelé molnupiravir, qui est administré par voie orale et qui est déjà connu pour être efficace contre d’autres virus respiratoires. Dix-huit heures plus tard, chaque bête a été mise dans une cage avec deux furets non infectés. 

En quelques jours, tous les animaux qui étaient en contact avec des furets non traités ont contracté l’infection. À l’inverse, aucun animal en contact avec les furets qui ont reçu le médicament n’a été infecté. Le molnupiravir empêcherait le coronavirus de faire des copies de lui-même dans le corps. 

Des essais cliniques ont déjà commencé sur les humains, mais des résultats ne sont pas attendus avant le mois de mai 2021, selon le Daily Mail, un quotidien britannique.   

5. Une prédisposition héritée de... l’Homme de Néandertal 

L’homme de Néandertal est peut-être à blâmer pour expliquer pourquoi certaines personnes sont plus vulnérables au coronavirus et en subissent des conséquences plus graves. 

Cet automne, une étude publiée dans la revue scientifique Nature a en effet avancé qu’un segment d’ADN hérité de ce lointain cousin de l’espèce humaine rendrait certaines personnes jusqu’à trois fois plus susceptibles d’avoir besoin d’une ventilation mécanique. 

Ce segment n’est pas distribué de façon homogène sur le globe, précise l’étude. Il est présent chez 16 % des Européens et chez environ la moitié de la population d’Asie du Sud, alors que la proportion la plus élevée (63 %) est au Bangladesh. (Avec l’AFP)   

6. Les décès sous-estimés pendant la première vague 

Durant la première vague de la crise, les morts causées directement ou indirectement par la COVID-19 ont été sous-estimées de 20 % en moyenne dans 19 pays d’Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande, selon une étude parue en octobre dans la revue Nature Medicine

Dans ces 21 pays, les décomptes officiels ont formellement recensé 167 148 décès causés par le coronavirus, entre la mi-février et le mois de mai 2020. Les chercheurs calculent toutefois que le nombre réel pourrait atteindre 206 000 décès, ce qui représente l’excédent de décès durant la période étudiée, par rapport au nombre de décès qui aurait été attendu s’il n’y avait pas eu de pandémie, en fonction des statistiques des dernières années. 

La différence s’expliquerait principalement par l’incapacité à tester systématiquement tous les patients quand les hôpitaux étaient débordés. 

Dans une plus faible mesure, on pense que des décès indirects ont été entraînés par un accès plus difficile aux services de santé, par exemple des traitements pour le cancer retardés. 

Aux États-Unis, toujours pendant la première vague de la pandémie, une autre étude a estimé qu’en moyenne, chaque fois que deux décès étaient directement reliés à la COVID-19, un troisième Américain mourait des suites de la crise. (Avec l’AFP)   

7. Une épidémie de troubles psychiatriques 

La COVID-19 ne cause pas que des symptômes physiques. Près d’une personne sur cinq qui contracte l’infection souffre aussi, moins de trois mois après le diagnostic, d’un trouble psychiatrique, que ce soit de l’anxiété, une dépression ou de l’insomnie, selon le quotidien The Guardian, qui cite une étude de l’Université d’Oxford. 

Les chercheurs ont parcouru pas moins de 70 millions de dossiers médicaux venant des États-Unis, dont 62 000 cas de coronavirus qui n’ont pas débouché sur une hospitalisation. 

L’incidence d’un trouble mental à l’intérieur de 90 jours, quel qu’il soit, était de 18,1 % chez les patients de la COVID-19, dont 5,8 % en étaient à leur premier diagnostic d’un trouble psychiatrique.   

8. Moins d’anticorps chez les enfants 

Les enfants infectés par le coronavirus auraient tendance à produire des anticorps plus faibles et moins diversifiés que les adultes, a suggéré en novembre une étude parue dans la publication scientifique Nature Immunology. Paradoxalement, ce pourrait être une bonne chose, car une réponse immunitaire plus faible suggère que les enfants sont généralement touchés moins sévèrement par le coronavirus, et qu’ils le mettent K.-O. avant qu’il commence à faire trop de ravages, a analysé l’un des auteurs, dans une entrevue avec le New York Times

L’étude était basée sur des échantillons provenant de 47 enfants entre 3 et 18 ans avec un âge médian de 11. Les scientifiques ont toutefois reconnu que leur méthodologie comportait des limites, notamment parce qu’elle était basée sur un seul échantillon par individu, pris à des moments différents. Les résultats doivent donc être interprétés avec précaution.   

9. Risque plus élevé chez les femmes enceintes

Même s’il est globalement faible, le risque d’avoir des complications de la COVID-19 est plus élevé chez les femmes enceintes, indique une étude fédérale américaine.
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Même s’il est globalement faible, le risque d’avoir des complications de la COVID-19 est plus élevé chez les femmes enceintes, indique une étude fédérale américaine. 

Les chercheurs ont analysé des données provenant de 461 825 femmes âgées de 15 à 44 ans qui ont contracté le coronavirus de janvier à octobre, se concentrant uniquement sur celles qui ont connu des symptômes de la maladie, détaille la chaîne CNN. Les femmes enceintes étaient plus susceptibles de nécessiter des soins intensifs (10,5 pour 1000 femmes enceintes, comparativement à 3,9 pour 1000 femmes qui ne le sont pas) et avaient trois fois plus de chances d’avoir besoin d’une aide respiratoire. 

Le risque de succomber à l’infection était aussi légèrement plus élevé avec 1,5 décès par 1000 femmes enceintes, contre 1,2 décès par 1000 femmes qui ne le sont pas.   

10. Chanter moins fort pour combattre la contagion 

Une étude britannique a suggéré cet été que les artistes n’auraient qu’à chanter moins fort pour réduire le risque de transmission du virus, nous apprend un article du journal britannique The Guardian. Les scientifiques ont demandé à 25 chanteurs professionnels de respirer, parler, tousser et chanter à différentes intensités dans un entonnoir où était mesurée la présence de gouttelettes. Ils ont découvert que le volume avec lequel on parle ou chante est un facteur déterminant dans le risque d’envoyer des particules potentiellement infectieuses dans l’air. 

Au volume le plus faible qui était mesuré, chanter ou parler ne générait pratiquement pas plus d’aérosols que de respirer. Mais, à 90 ou 100 décibels, la quantité de particules était de 24 à 36 fois plus importante. La taille de la salle, sa ventilation, et la durée de la performance sont d’autres facteurs qui jouent sur les probabilités de contagion.   

11. Comment le coronavirus atteint-il le cerveau ?

Même s’il est globalement faible, le risque d’avoir des complications de la COVID-19 est plus élevé chez les femmes enceintes, indique une étude fédérale américaine.
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 On estime que jusqu’à un tiers des personnes qui tombent malades de la COVID-19 ressentent au moins un symptôme d’ordre neurologique, comme une perte d’odorat ou de goût, des étourdissements, des maux de tête ou une perte d’équilibre. Selon le New York Times, une récente étude suggère que le SRAS-CoV-2 passe par le nez pour se rendre au cerveau, du moins dans les cas les plus sévères de la maladie. 

Une analyse par des chercheurs allemands sur les échantillons d’une trentaine de patients décédés a permis de trouver la signature du coronavirus dans plusieurs régions du cerveau, mais aussi dans les profondeurs de la gorge, où celle-ci rencontre la cavité nasale. À cet endroit, une muqueuse olfactive servirait en quelque sorte de porte d’entrée au virus, selon l’hypothèse des auteurs.   

12. Deux jumeaux identiques, des trajectoires cliniques opposées 

On serait porté à croire que deux jumeaux identiques, vivant à la même adresse, travaillant au même endroit et ayant été infectés par la même personne porteuse de la COVID-19 seraient affectés à peu près de la même manière par la maladie. Or, il semble que ce ne soit pas le cas, si l’on en croit une étude de cas menée en Italie et publiée le 8 décembre dernier, portant sur deux hommes de 60 ans répondant à tous ces critères. 

Les frères ont attrapé le coronavirus en mars dernier, vraisemblablement du même client rencontré dans l’atelier de carrosserie où ils travaillent. Les deux avaient une charge virale semblable quand ils ont subi les dépistages. Pourtant, l’un n’a été hospitalisé qu’une dizaine de jours et a guéri sans incident, alors que l’autre est resté à l’hôpital pendant plus d’un mois, a dû être intubé et a nécessité des soins intensifs. 

Heureusement, il a survécu. Dans leurs écrits, les chercheurs n’avancent aucune piste pour expliquer deux trajectoires aussi différentes. L’étude apporte néanmoins une autre preuve que le coronavirus ne touche pas deux personnes de la même manière.   

Ce qu’en pense le doc Béliveau 

Nous ne sommes pas que des êtres génétiques, chacun d’entre nous est la somme de ce qu’il a vécu (son épigénétique)! Dans le cas présent, il serait important de connaître l’historique d’infection des jumeaux par d’autres membres de la famille des coronavirus. Une étude a montré que 30-50 % des personnes qui n’ont pas eu la COVID-19 présentent malgré tout une immunité contre le virus, médiée par les lymphocytes T. 

On pense que cette réponse immunitaire croisée provient d’une mémoire immunitaire d’infections antérieures par d’autres coronavirus, comme ceux responsables du rhume bénin, étant donné que ces virus possèdent plusieurs protéines similaires au coronavirus actuel. Un des jumeaux s’est donc peut-être mieux défendu parce qu’il présentait au départ une meilleure immunité face au coronavirus due à une exposition antérieure à d’autres coronavirus.

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