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Aux États-Unis, l’empreinte de 2020 sera profonde

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Dans cette annus horribilis qui achève, les États-Unis ont affronté plus que leur part d’événements et de défis qui laisseront une marque durable.

Le voici enfin, ce dernier jour d’une année qu’on s’efforcera d’oublier. 

Nous n’avons pas été épargnés, bien sûr, mais nos voisins du Sud en ont vraiment eu pour leur rhume.

Impeachment et couronnements

L’année s’est entamée avec le procès en destitution de Donald Trump, pour un abus de pouvoir dont il s’est vanté ouvertement, symbole d’une présidence où la corruption et la transgression des règles crevaient à ce point les yeux qu’on ne les voyait plus. 

La suite était prévisible. Au Congrès, tous les élus républicains sauf un se sont rangés derrière celui qui a transformé leur parti en culte voué à sa personnalité.

Chez les démocrates, on s’attendait à des primaires plus serrées, mais celui que Trump craignait tant, Joe Biden, s’est rapidement imposé et a réussi le tour d’unifier son parti et de conserver l’initiative jusqu’en novembre, mais cette unité reste fragile.

Pandémie et chaos

En partie à cause d’un président qui souhaitait minimiser le coronavirus pour ne pas nuire à ses chances de réélection, et aussi en raison de failles profondes dans la société américaine, les États-Unis affichent l’un des pires bilans au monde après un an de pandémie.

Les divisions sociales étaient aussi à l’honneur pendant tout l’été à la suite du meurtre de George Floyd à Minneapolis. L’événement a éveillé les consciences, alors que plus de 15 millions d’Américains ont manifesté contre l’injustice raciale, mais il a aussi braqué une partie de la population contre un mouvement malheureusement accompagné de violence.

Le solde politique de ces événements historiques simultanés reste incomplet. Si la pandémie et son impact économique sont largement responsables de la défaite de Donald Trump, la crainte soulevée par le désordre social explique en partie pourquoi cette défaite n’a pas été plus cinglante.

Soulagement et malaise

Pour ceux qui croient encore aux idéaux américains, le résultat de l’élection présidentielle a été un soulagement. La plaie du trumpisme demeure toutefois béante.

On peut se réjouir qu’un nombre record de 81 millions d’électeurs aient rejeté l’affront aux valeurs démocratiques et républicaines que personnifiait Donald Trump, mais il n’en demeure pas moins que 74 millions d’électeurs en ont redemandé.

Qui aurait cru que le populisme autoritaire de droite, qui sévit déjà dans plusieurs démocraties plus fragiles, aurait été si près de s’imposer ainsi dans une démocratie prétendument forte comme les États-Unis ? 

C’est le malaise qui subsiste après cette annus horribilis aux États-Unis. Ça aurait pu finir plus mal, mais les défis que les États-Unis ont affrontés en 2020 ne disparaîtront pas de sitôt. 

L’impuissance d’institutions paralysées par la partisanerie devant la corruption et les abus de pouvoir d’un président qui persiste dans son délire autoritaire, les plaies béantes laissées par une pandémie meurtrière et les divisions attisées par un combat inachevé pour la justice sociale et raciale resteront présentes encore longtemps.