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Le retour de la chaleur humaine en 2021?

Le vaccin contre la COVID-19 donne bon espoir de pouvoir se réunir à nouveau autour d’un repas en 2021

Restaurant
Photo d'archives Isabelle et Julien étaient heureux, l’été dernier, sur la terrasse des 3 Brasseurs situé sur la Grande Allée, à Québec, pendant la brève ouverture des restaurants. De quoi nous faire rêver un peu à l’été 2021 si la situation s’améliore.

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Les réunions virtuelles ont servi de béquille pendant la pandémie, mais l’année 2021 est certainement celle où l’on retrouvera le plaisir de se voir en personne, ce qui sera fort positif pour le moral, croient des psychologues.

« On est des êtres sociaux. On a besoin de se voir, se toucher. Jamais une rencontre virtuelle va remplacer une réunion en personne », lance d’emblée Dave Saint-Amour, professeur au département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Avec le début de la campagne de vaccination contre la COVID-19, tout porte à croire qu’il sera à nouveau possible de retrouver un semblant de normalité dans la prochaine année, même si certaines mesures sanitaires seront encore de la partie.

Le pire sentiment pour la santé psychologique, c’est de se sentir déconnecté de ses amis, ses proches, son travail et ses loisirs, comme c’est le cas à cause du confinement, fait valoir M. Saint-Amour.

Cela explique d’ailleurs pourquoi près du tiers des Québécois avaient un sentiment négatif à l’approche du temps des Fêtes, selon un sondage Léger-Le Journal.

« Les activités vont se remettre tranquillement en place [en 2021]. On va pouvoir reprendre notre vie sociale, parler à des gens plutôt qu’à des écrans. Ça va avoir un effet [positif] direct sur notre moral », explique avec optimisme le psychologue.

Les limites de la technologie

Si 2020 nous a appris quelque chose, c’est que les réunions virtuelles ont leurs limites, estime son collègue François Richer, lui aussi professeur au département de psychologie de l’UQAM.

« Certains aspects sont moins bien transmis via un écran. Il nous manque des sons enveloppants, faisant sentir [un groupe] au même endroit, ainsi que des détails du langage non verbal qui participent à la contagion émotionnelle », explique-t-il.

Comme certains signaux fondamentaux de la communication sont absents en vidéoconférence, notre cerveau doit déployer plus d’efforts pour suivre la conversation que si elle avait lieu en présentiel, abonde Dave Saint-Amour.

Rêver de voir ses amies

Depuis le début de la pandémie, les occasions de se rassembler se sont faites plus rares.

Une mère qui avait l’habitude de manger mensuellement avec ses trois amies au restaurant La Muse, à Drummondville, au Centre-du-Québec, rêve à son prochain souper de filles.

« On est quatre mamans super occupées avec nos familles et nos emplois. Mais on prenait le temps au moins une fois par mois de se retrouver autour d’un bon repas », raconte Karine Houle. 

« C’est bien plus qu’un simple repas au restaurant », poursuit-elle, enthousiaste à l’idée de pouvoir retrouver ce petit plaisir coupable en 2021.

Pour la prochaine année, le psychologue François Richer a un souhait qui va en ce sens : que les agendas des gens soient remplis d’événements prévus, planifiés et qui impliquent d’autres gens.

« On a besoin de ça d’un point de vue de la stimulation mentale et sociale », souligne-t-il. 

Les restaurateurs ont hâte de reprendre du service  

Le souhait le plus cher des tenanciers de restaurants et bars est d’enfin retrouver leur clientèle et leur faire revivre une expérience plaisante, et ce, même s’ils savent que la prochaine année comportera elle aussi son lot de défis.

« Le frisson que ça me donne de voir jusqu’à 500 personnes se réunir chez nous pour s’amuser, c’est une émotion assez difficile à décrire », confie Andy Aboushaybeh, directeur général des opérations des Terrasses Bonsecours, à Montréal.

« J’ai hâte de retrouver ce lien humain qu’on a tous perdu en 2020 », lance pour sa part Alexandre Lejeune, copropriétaire de plusieurs bars dans la métropole, dont le Social Verdun et La Drinkerie Ste-Cunégonde.

Servir des repas en formule pour emporter n’apporte pas une satisfaction complète à son homologue Mathieu Pettigrew, propriétaire des restaurants Continental, Conti Caffe et L’Improviste, à Québec.

« C’est loin d’être la même chose. Si on travaille en restauration, c’est parce qu’on aime le monde. [Avec les mets pour emporter], on ne peut pas faire vivre à nos clients l’expérience du restaurant avec l’ambiance », dit-il.

Tournés vers l’avenir 

Avec l’arrivée du vaccin, les tenanciers ont bon espoir de pouvoir rouvrir leur établissement au courant de l’année 2021.

« Pour les restos et bars touristiques, ça sera encore difficile. Même l’été prochain, on n’est pas près de revoir des touristes débarquer comme avant la pandémie », estime cependant Mathieu Pettigrew.

Il est lui-même propriétaire d’un resto touristique au cœur du Vieux-Québec et il ne sait pas si son établissement passera à travers cette crise.

Soutien de la clientèle

Les petits restos de quartier vont mieux tirer leur épingle du jeu, croit-il.

« La clientèle va être au rendez-vous », dit-il en notant le soutien de ses clients locaux depuis le début de la pandémie.

Même s’il s’attend à rouvrir ses bars dans des conditions « pas optimales à 100 % », Alexandre Lejeune compte se battre jusqu’au bout pour sauver ses entreprises et retrouver sa clientèle.

Quant à Andy Aboushaybeh, il s’attend à « du jamais-vu » quand il pourra rouvrir son restaurant.

« Ça va être tout un phénomène. Notre clientèle va vouloir s’éclater. Les gens ont soif de se réunir et de faire la fête », croit-il.

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