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Le virage technologique est là pour de bon

La pandémie a forcé des changements dans l’appareil judiciaire qui étaient attendus depuis longtemps

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Photo d’archives Les palais de justice, comme celui de Québec, que l’on voit sur la photo, ont dû s’adapter afin de pouvoir tenir davantage de séances virtuelles en raison de la pandémie.

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La pandémie a bousculé le pouvoir judiciaire et forcé celui-ci à se propulser dans le 21e siècle et, s’il faut en croire ses acteurs, la modernisation de l’appareil judiciaire est là pour demeurer.

Pour Me Daniel Bélanger, procureur en chef pour le bureau de Québec, le virage technologique a apporté beaucoup au milieu juridique, notamment pour les représentants de la Couronne. 

Les déplacements entre districts judiciaires ont été réduits et plusieurs étapes « avant procès » peuvent maintenant se faire à distance. 

Mais le plus gros changement, selon lui, réside dans l’ouverture d’esprit des gens du milieu, qu’il a pu constater tout au long de l’année. 

« Quand les activités judiciaires ont repris, en juin, plusieurs souhaitaient un retour à la normale, mais je peux dire qu’en décembre, tout le monde est maintenant conscient des acquis et des gains d’efficacité obtenus », a-t-il dit, en ajoutant entrevoir 2021 avec beaucoup d’optimisme.  

« L’effet boule de neige va être là parce qu’on a cassé le moule », a-t-il mentionné en donnant comme exemple les comparutions de fins de semaine, qui ont complètement changé de visage depuis le début de la pandémie.

« On peut maintenant avoir, à Québec, un détenu qui comparaît de Gaspé, devant un juge qui est à Chicoutimi, avec un procureur de Trois-Rivières qui autorise le dossier et un avocat de l’aide juridique qui est basé à Montréal », a-t-il expliqué, en précisant que Québec a été le premier pôle de déploiement pour cette justice virtuelle.

« C’est certain qu’on ne reviendra jamais à l’ancienne façon de faire et si des questions demeurent, il me semble évident que désormais, nous serons une version améliorée de ce qui existait auparavant », a-t-il dit. 

Plonger dans la modernité

L’avocat criminaliste Vincent Montminy, figure bien connue des dossiers relatifs au crime organisé, est de la génération qui a vu naître internet, mais, malgré cela, pour lui, avant la pandémie, tout ne se passait qu’en formule « papier » parce que sa profession, différemment des autres, n’avait jamais pris le virage technologique. 

Propulsé en mode virtuel en mars dernier, l’avocat, qui pratique le droit depuis 2004, dresse un bilan plus positif que négatif de ce changement à 180 degrés. 

« C’est très positif de voir que cette profession, qui n’avait pas changé d’un iota, est enfin plongée dans l’ère moderne », a confié l’avocat lorsque joint par Le Journal

À l’aube de l’arrivée des premières doses de vaccin au Canada, l’espoir d’un retour à la vie « d’avant » semble désormais envisageable, mais le criminaliste ne croit pas que cela viendra remodifier le cours de la justice.   

« Pourrait-on revenir à l’ancienne façon de faire ? Je ne pense pas. Parce qu’on a fait des acquis et aussi parce qu’on s’est tous aperçus que pour paralyser la planète, ça ne prenait pas grand-chose, juste une grippe », a-t-il ajouté.