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Les élèves en échec dans la mire du réseau scolaire en 2021

Difficile d’offrir plus de services aux jeunes en difficulté à cause de la pénurie

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Photo d'archives, Agence QMI Après une année 2020 marquée par de nombreux bouleversements dans les classes du Québec, les directions d’école craignent une hausse des échecs. Sur la photo, on peut voir des élèves du Collège Reine-Marie, à Montréal, à la rentrée d’août.

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Lors du retour en classe en janvier, plusieurs élèves retiendront leur souffle, appréhendant le premier bulletin d’une année scolaire tout à fait hors de l’ordinaire. À quel point les élèves en échec seront-ils plus nombreux ? Que prévoit Québec pour aider davantage de jeunes à rattraper leur retard scolaire ? La pénurie dans le réseau scolaire complique la situation, admet le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

À la mi-novembre, les directions d’école sonnaient l’alarme : le taux d’échec est trois fois plus élevé au secondaire, étant passé de 10 % habituellement à 30 %, rapportait Le Journal.

Or, pour le ministre Roberge, il s’agit de « craintes » et non pas de « constats ».

« On ne peut pas avoir des constats sur la réussite scolaire au milieu de l’année, alors qu’il n’y a pas un premier bulletin qui est arrivé », a-t-il affirmé au Journal lors d’une entrevue de fin d’année. 

Le bulletin de la première étape doit être produit cette année au plus tard le 22 janvier. 

« À la lumière de cette information-là, s’il faut qu’on prenne d’autres décisions [...] je vais le faire. Mais c’est quelque chose que je dis souvent, pas d’information, pas de décision », ajoute le ministre, se montrant ouvert à revoir au besoin les paramètres entourant l’évaluation des élèves, comme le réclament des directions d’école et syndicats d’enseignants.

L’argent sera au rendez-vous

S’il faut embaucher des ressources supplémentaires, l’argent sera au rendez-vous, promet par ailleurs M. Roberge. 

« Je sais que le premier ministre va appuyer les mesures qui sont nécessaires pour la réussite ou pour la santé des élèves », a-t-il affirmé, tout en soulignant que l’éducation est aussi une priorité pour ses collègues des Finances et du Conseil du Trésor. « Mais il ne faut pas improviser des politiques sur des impressions », précise-t-il.

Pénurie dans le réseau scolaire

La pénurie dans le réseau scolaire complique toutefois la marge de manœuvre du gouvernement, selon M. Roberge. 

« On peut toujours embaucher plus de professionnels pour venir prêter main-forte au réseau, mais à condition que ces professionnels-là existent. En ce moment, on a ouvert des postes pour 350 professionnels [...], mais on n’a pas réussi à tous les embaucher, affirme-t-il. Une fois que tu as embauché tous les orthophonistes disponibles, ça n’appartient plus au gouvernement, on ne peut pas les former en trois mois. »

Des étudiants en renfort ?

De leur côté, les directions d’école sont aussi très préoccupées par le « casse-tête majeur » que représente la pénurie de personnel, qui est loin de s’améliorer.

La Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement presse Québec de faire appel aux étudiants universitaires en éducation pour donner un coup de pouce aux élèves qui en ont le plus besoin.

Pour les syndicats qui représentent le personnel scolaire, la solution aux problèmes de recrutement passe forcément par une amélioration significative des conditions de travail dans les écoles.

3 enjeux à surveiller 

1. Négociations et journées de grève

Les négociations avec le gouvernement Legault pour le renouvellement des conventions collectives piétinent, déplorent les syndicats d’enseignants qui les représentent. D’ici la fin janvier, tous les syndicats affiliés à la Centrale des syndicats du Québec se prononceront sur un mandat de grève de cinq jours, à utiliser au moment opportun. Les profs, qui ont dû s’adapter constamment en période de pandémie, sont à bout de souffle, selon la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ). « On vit une situation inacceptable depuis des années et la pandémie a contribué à en prendre conscience. Les enseignants veulent que la négociation se règle pour être capables de se concentrer sur les grands besoins présentement », affirme sa présidente, Josée Scalabrini.

2. Des purificateurs d’air dans les classes en 2021 ?

Attendues de pied ferme, les recommandations du comité d’experts sur la qualité de l’air dans les écoles seront connues en janvier. Le sujet est politiquement sensible, alors que le risque de transmission du virus par aérosol soulève de plus en plus d’inquiétudes dans le réseau scolaire. Est-ce que l’achat de purificateurs d’air sera recommandé dans les classes où la qualité de l’air laisse à désirer ? La direction nationale de santé publique a récemment déclaré que ces appareils pourraient être nuisibles s’ils n’étaient pas utilisés convenablement. Cette position ne fait toutefois pas l’unanimité sur le plan scientifique. Dans le réseau scolaire, des écoles privées et des commissions scolaires anglophones n’ont pas attendu le feu vert de Québec pour aller de l’avant avec l’achat de tels appareils, évoquant le principe de précaution. 

3. Le spectre de la COVID plane toujours

Comme ce fut le cas depuis la rentrée, le quotidien des élèves et du personnel scolaire sera inévitablement rythmé par les cas de COVID dans les écoles. Est-ce que le nombre de classes fermées atteindra un nouveau sommet cet hiver, alors que 1466 groupes étaient en isolement lors du dernier jour à l’école le 16 décembre ? Il est aussi permis d’espérer que le prolongement de la période des Fêtes et la campagne de vaccination auprès des personnes à risque permettent d’assouplir certaines restrictions au cours des prochains mois afin que les élèves puissent faire davantage de sport et d’activités parascolaires.