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Une application mobile pour détecter la COVID-19

Il pourrait bientôt être possible d’identifier le virus par la toux avec son cellulaire

REMÈDES cellulaire tousse
Photo Martin Chevalier Des chercheurs suisses de l’École polytechnique fédérale de Lausanne travaillent au développement d’une application qui permet de détecter la COVID-19 en analysant la toux. Ils ont recueilli des milliers d’enregistrements sonores via le site web coughvid.epfl.ch.

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Détecter la COVID-19 grâce à votre cellulaire pourrait bientôt devenir réalité : il suffirait de tousser dans le micro de votre téléphone pour savoir si vous avez contracté le virus.

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Une telle application n’est pas encore disponible, mais des chercheurs américains et suisses y travaillent d’arrache-pied grâce au recours à l’intelligence artificielle.

Fin octobre, des chercheurs du réputé Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont annoncé avoir mis sur pied un outil informatique permettant d’identifier les personnes qui avaient contracté le virus grâce à leur toux. 

Encore mieux : l’outil est encore plus efficace pour détecter les personnes asymptomatiques, qui sont moins susceptibles de se faire tester.

Après avoir recueilli des milliers d’enregistrements sonores, les chercheurs ont découvert que les personnes qui ont contracté la COVID-19 se démarquent par le son de leur toux. 

Efficace à 98,5 %

Ces différences ne sont pas détectables par l’oreille humaine. Or, des algorithmes basés sur l’intelligence artificielle permettent toutefois de les repérer. 

Leur taux de succès est impressionnant : cet outil permet de repérer les personnes positives à 98,5 %, un chiffre qui grimpe même à 100 % pour celles qui sont asymptomatiques, selon les données publiées par le MIT cet automne.

L’équipe travaille maintenant à intégrer ce modèle informatique dans une application qui pourrait être installée sur n’importe quel téléphone cellulaire, une fois les autorisations réglementaires obtenues.

Si une telle application devenait disponible à grande échelle, elle pourrait révolutionner le processus de dépistage en permettant d’obtenir un prédiagnostic dans le creux de la main. 

Un test de dépistage traditionnel serait toujours nécessaire pour confirmer le verdict obtenu par l’application.

Les chercheurs estiment que cet outil pourrait ainsi contribuer à ralentir l’épidémie si des milliers de personnes peuvent l’utiliser avant de se rendre en classe, au travail ou au restaurant par exemple.

« Un game changer »

L’utilisation à grande échelle de cette application pourrait en effet marquer un tournant dans la lutte contre la COVID-19, affirme Benoit Barbeau, professeur de virologie à l’UQAM.

« Un des problèmes criants de la pandémie, ce sont les porteurs asymptomatiques qui contribuent à la propagation du virus. D’arriver avec une technologie à portée de main qui permettrait de détecter des personnes, ça pourrait vraiment être un game changer, dit-il. C’est un outil très évocateur de la puissance de l’intelligence artificielle. »

L’outil pourrait être particulièrement intéressant pour les jeunes, qui sont plus susceptibles d’être asymptomatiques, ajoute M. Barbeau.

L’équipe du MIT n’est pas la seule à développer un outil de détection de la COVID-19 basé sur la toux. 

Des chercheurs suisses de l’École polytechnique fédérale de Lausanne travaillent aussi sur le même type de projet. 

Des discussions seraient en cours avec l’Organisation mondiale de la santé à ce sujet et une application pourrait être disponible dès le début de 2021, selon différents médias européens.

Ce qu’en pense le doc Béliveau 

Environ la moitié des personnes infectées par le coronavirus sont asymptomatiques, et donc à très haut risque de contaminer involontairement leur entourage. La montée constante du nombre de cas de COVID-19 au cours des derniers mois, en dépit d’un nombre important de tests diagnostiques, indique que les procédures de dépistage actuelles ont leurs limites et ne permettent pas de vraiment contrôler l’épidémie. Un test d’autodiagnostic capable de déterminer en temps réel la présence d’une infection est sans doute le moyen le plus réaliste de diminuer ces possibilités de transmission.

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