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Écoles alternatives: 92 % des raccrocheurs n'ont pas abandonné leurs études

Des raccrocheurs ont été nombreux à poursuivre leurs études malgré les embûches créées par la COVID-19

Student hand taking notes on notebook at night
Photo Adobe Stock

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Alors que la pandémie bousille la motivation de milliers d’élèves, 92 % des raccrocheurs fréquentant des écoles alternatives pour adultes n’ont pas abandonné leurs études malgré les nombreux défis imposés par la COVID-19. 

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L’Alliance des milieux alternatifs de scolarisation du Québec peut bomber le torse : selon des données recueillies auprès de 21 organismes, le taux de persévérance a atteint 92 % pendant le confinement du printemps dernier. 

Le nombre d’inscriptions est par ailleurs en hausse, puisqu’une centaine d’élèves ont même décidé de retourner aux études depuis le printemps : 641 élèves étaient inscrits dans l’un des organismes avant le confinement, alors qu’on en retrouve maintenant 694. 

«J’ai vraiment été surprise, ce sont des chiffres exceptionnels. Il faut dire qu’on a l’autonomie, la souplesse et la créativité pour permettre ce genre de résultats là», affirme Marie-Pier Trudeau, chargée de projet à l’Alliance. 

Sentiment d’engagement

Ces écoles alternatives – comme La Dauphine à Québec, L’Ancre des jeunes à Montréal et de nombreux carrefours jeunesse-emploi aux quatre coins de la province – permettent chaque année à des centaines de raccrocheurs de retourner aux études, tout en bénéficiant d’un accompagnement psychosocial et d’un environnement qui diffèrent des traditionnels centres d’éducation aux adultes qui relèvent du réseau scolaire. 

Ces organismes communautaires permettent aux élèves de développer «un réel sentiment d’engagement envers l’organisme», souligne Mme Trudeau. 

Il n’est pas rare qu’un élève ait accès à deux ou même trois intervenants pour lui donner un coup de pouce, précise-t-elle. 

Se revirer de bord en 3 jours

L’autonomie permet aussi à ces organismes d’agir rapidement, ajoute la chargée de projet. Ce printemps, la majorité des organismes se sont réorganisés pour offrir des services en ligne en trois jours seulement, ce qui a permis d’éviter une rupture de fréquentation scolaire pour plusieurs. 

«Ils n’ont pas besoin d’attendre que les consignes viennent d’en haut», illustre Marie-Pierre Trudeau. 

À La Dauphine, à Québec, des services en ligne ont été rapidement offerts ce printemps et environ 75 % des jeunes étaient de retour cet automne.  

Les jeunes peuvent y poursuivre leurs études dans deux petits groupes, qui accueillent sept à huit élèves assis à deux mètres de distance et protégés par des plexiglas, dans des locaux ventilés grâce à des purificateurs d’air. 

Des masques, lunettes et visières sont aussi offerts gratuitement aux jeunes, en plus des services de plusieurs intervenants réunis sous le même toit. 

« C’est vraiment un service clé en main», lance la responsable de l’École de la Rue La Dauphine, Caroline Betty.  

Qu’est-ce qu’un milieu alternatif de scolarisation ?        

  • Offre une formation menant à un diplôme reconnu par le ministère de l’Éducation    
  • Géré par un organisme autonome et communautaire    
  • Pour des jeunes de 16 ans et plus admissibles à la formation générale des adultes    
  • Offre un accompagnement psychosocial en plus de la scolarisation