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On lui avait dit qu’elle ne terminerait jamais sa 6e année

Sophie Péladeau, 24 ans
Photo courtoisie Sophie Péladeau a quitté l’école à 18 ans alors qu’elle n’avait pas fini sa sixième année. Elle a réussi à compléter une attestation d’éducation à l’enfance cet automne, malgré la pandémie, et travaille désormais dans un centre de la petite enfance.

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Une jeune femme qui s’est fait dire qu’elle n’arriverait jamais à compléter sa sixième année travaille aujourd’hui dans un CPE après avoir réussi à obtenir une attestation en éducation à la petite enfance, en pleine pandémie.

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Sophie Péladeau n’a pas eu un parcours scolaire facile, c’est le moins qu’on puisse dire. «J’en ai vécu, des choses», lance la femme de 24 ans, qui a été prise en charge par la DPJ lorsqu’elle était enfant et qui a séjourné en centre jeunesse à l’adolescence à la suite d’une dépression majeure. 

Atteinte d’une dysphasie et d’un trouble du déficit de l’attention, elle a lâché l’école à 18 ans, après avoir passé des années à tenter de compléter sa sixième année. Sans succès. 

«On me disait tout le temps que je n’irais jamais plus loin, parce que j’avais trop de misère», raconte celle qui a toujours rêvé de travailler auprès des tout-petits.  

Un an après avoir tourné le dos à l’école, sa mère la convainc de s’inscrire à l’École du milieu de LaSalle, une école alternative pour raccrocheurs chapeautée par un carrefour jeunesse-emploi. 

Rencontre déterminante 

Après des débuts plutôt difficiles, la jeune fille fait une rencontre qui change tout : pour la première fois, un enseignant lui donne confiance en elle. 

«Il a cru en moi, il m’a vraiment aidée, raconte-t-elle. J’ai vraiment avancé avec lui. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à croire en moi.» 

Pendant trois ans, Sophie travaille d’arrache-pied, tout en participant à différentes activités. «Dans cette école-là, tu n’es pas assis du matin jusqu’au soir. On avait souvent des activités l’après-midi, comme aller au gym ou faire de la peinture. Ça permettait de se changer les idées», raconte celle qui a réussi à se rendre jusqu’au troisième secondaire. 

En novembre 2019, Sophie entreprend une attestation professionnelle en éducation à l’enfance, qui devait durer neuf mois. La formation se déroulait pour le mieux lorsque la COVID-19 est venue tout chambouler, en mars.  

La fermeture du centre où elle étudiait l’a forcée à mettre son projet sur pause, bien malgré elle. «J’étais vraiment démotivée», lance-t-elle. 

Stage

Sophie a pu reprendre sa formation en octobre seulement, après avoir trouvé un CPE qui a accepté de la prendre comme stagiaire, tout en poursuivant l’école à distance en même temps. Elle a complété son attestation en novembre et travaille maintenant à temps plein au CPE La petite caserne, à Lachine, où elle avait fait son stage. 

«Je fais ce que j’aime le plus, être avec les enfants» lance-t-elle fièrement.