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Trump le saboteur

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Photo AFP Les élus républicains sont déchirés entre le soutien à Donald Trump et le respect de la démocratie.

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On aurait espéré que le président dingue se calme pendant les Fêtes. Mais non, il a redoublé d’activité. Son délire s’accentue à chaque nouveau tweet. Il est en train de parfaire son œuvre : un triple sabotage de la politique américaine. Un sabotage qui aura des conséquences pénibles pour les Américains et pour le reste du monde.

Le premier sabotage est celui de la présidence de Joe Biden. 

Le Donald annoncerait sa candidature à la présidence le jour même de l’investiture de Biden, question de lui voler la vedette. Trump a aussi appelé une grande manifestation ce mercredi à Washington, pour entretenir l’illusion que l’élection était illégitime. 

  • Écoutez la chronique de Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Nul doute que le patient Trump sera réconforté par la foule venue soutenir ses lubies. 

Trump n’hésitera pas à tenir de vastes rassemblements dans les mois qui viennent, ce qui enflammera davantage l’opinion publique et compliquera l’apaisement et la réunification politique voulus par Biden.

Le second sabotage est celui du parti républicain.

Les élus républicains sont déchirés entre le soutien à Trump et le respect de la démocratie. Appuyer Trump se traduit par de généreuses donations à leur caisse électorale. Appuyer la démocratie provoque la perte des votes d’une bonne partie des électeurs trumpistes. 

Éclatement

Les élus républicains qui ont encore une certaine conscience choisiront la démocratie. Mais de nombreux sénateurs et représentants exigent une commission d’enquête spéciale sur les élections et refusent d’en reconnaître les résultats. Au point où le parti républicain est au bord de l’éclatement. 

La bonne nouvelle est qu’un certain nombre de sénateurs et de représentants républicains pourraient devenir indépendants et appuyer ponctuellement Biden. 

Le troisième sabotage touche la politique extérieure américaine.

Si les alliés des Américains constatent que Joe Biden est à peu près paralysé ou que Trump risque de remporter les élections de 2024, alors les États-Unis perdront définitivement leur rôle de leader mondial. 

En ce cas, peu importe ce que Biden entreprendrait à l’international, les démocraties s’arrangeraient sans les États-Unis. Un tel vacuum aurait des impacts planétaires. Il favoriserait la Chine et les autres dictatures.

Scénarios

Le meilleur scénario est que Trump se retrouve rapidement en prison en raison des poursuites de l’État de New York. Il n’est pas exclu que sentant l’étau judiciaire se resserrer, il tente de rejoindre Gérard Depardieu en Russie – une hypothèse qui aurait paru farfelue il n’y a pas si longtemps.

Le pire scénario est que Biden ne parvienne jamais vraiment à installer son pouvoir, que son leadership soit miné non seulement par Trump, mais aussi par le fanatisme de groupuscules démocrates radicaux. 

Les bons dirigeants espèrent le mieux, mais se préparent au pire. Le Canada pourrait faire face à une instabilité grandissante au sud. Dans les circonstances, il n’a pas d’autres choix que de renforcer tous les aspects de sa sécurité et d’augmenter son autonomie face aux États-Unis. Bonne chance.