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Craignant un confinement prolongé, les détaillants réclament le ramassage sur rue

Un confinement au-delà du 11 janvier est encore envisagé par les autorités

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Photo AFP Une employée d’un Best Buy vient porter à l’auto une commande qu’un client vient ramasser après avoir commandé en ligne. Les commerçants souhaitent que Québec accepte ce mode d’achat de biens non essentiels si le confinement se prolonge après le 11 janvier.

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Les détaillants craignent maintenant que le confinement s’étire au-delà du 11 janvier. Si c’est le cas, ils réclament la cueillette sur rue (ou à l’auto) pour les articles non essentiels, une pratique commerciale encore proscrite au Québec, contrairement à l’Ontario.

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«Selon toute vraisemblance, et devant l’évolution des chiffres de la pandémie, les probabilités sont fortes pour que le gouvernement annonce la prolongation du confinement actuel», a reconnu Jean-François Belleau, directeur des relations gouvernementales au Conseil canadien du commerce de détail. 

Ce n’est évidemment pas ce que souhaite l’industrie. Mais si la Santé publique devait en décider ainsi, elle réitère l’importance de permettre aux détaillants d’offrir l’autocueillette pour les marchandises jugées non essentielles.

«Je pense qu’on doit avoir cette souplesse, la cueillette à l’auto est juste une question de bon sens», affirme Jacques Tanguay, le v.-p. et directeur général de la chaîne Ameublements Tanguay. «Nous avons déjà le droit de livrer des colis au domicile des clients [...]. Je pense que dans bien des cas, la cueillette à l’auto [ou sur rue] est beaucoup plus sécuritaire.» 

Depuis le 25 décembre, la plupart des détaillants du Québec sont tenus de demeurer fermés. Seule la vente d’articles essentiels, comme la nourriture, les médicaments, les matériaux de construction (pour la réparation), entre autres, est toujours permise.

Ce confinement devait prendre fin le 11 janvier. Compte tenu du fait que la situation sanitaire semble se détériorer, on s’attend maintenant à ce que le gouvernement repousse la date de levée de ce confinement commercial.

Des impacts majeurs

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante pense aussi que la cueillette sur rue par le client devrait être permise. Dans une lettre envoyée au premier ministre François Legault, le 17 décembre, l’organisme en faisait la demande.

«Si les rassemblements extérieurs de huit personnes sont permis [...] et si certaines entreprises peuvent continuer d’offrir le ramassage, comme les restaurants ou les commerces jugés essentiels, pourquoi priver nos petites entreprises de quartier de cette possibilité [...]?» écrivait son vice-président québécois, François Vincent.

Le PDG du Conseil québécois du commerce de détail, Stéphane Drouin, n’en pense pas moins. En plus de permettre aux commerçants de continuer de tirer un minimum de revenus de leurs activités, il est d’avis que la cueillette à l’auto ou en bordure de rue permettrait à chacun d’économiser sur les frais de livraison, parfois élevés.

Le vice-président d’Ameublements Tanguay rappelle que le nouveau confinement a « des impacts majeurs » sur son entreprise qui compte 12 magasins et près de 1000 travailleurs.

«En respectant les règles sanitaires, poursuit-il, je pense que la cueillette (sur rue ou à l’auto) serait une chose excessivement raisonnable», tant «pour les détaillants que les consommateurs».