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Donald Trump: dernier tour de piste pour un autocrate

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En fin de mandat, Donald Trump confirme son penchant pour l’autocratie et bon nombre de républicains semblent disposés à le suivre dans cette voie.

À seize jours d’une passation des pouvoirs qui s’annonce de moins en moins pacifique, le président Trump ignore une pandémie meurtrière pour consacrer son abondante énergie à la subversion des institutions démocratiques de son pays.

La publication dimanche du contenu d’un échange téléphonique incriminant en a donné une démonstration éloquente.

Un autre « appel parfait »

On se souvient de « l’appel parfait » où Donald Trump avait pressé le président ukrainien d’annoncer une enquête bidon sur Joe Biden. L’appel enregistré par Brad Raffensperger, secrétaire d’État républicain en Géorgie, n’était pas moins condamnable et, si le temps le permettait, il justifierait fort probablement un nouvel « impeachment ».

Lors de cet appel, le président a répété une litanie de mensonges et de rumeurs, toutes démenties par Raffensperger, pour convaincre le responsable des élections de « trouver » les 11 780 votes qui lui ont manqué pour remporter la Géorgie, en proférant toutes sortes de menaces.

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Manifestement, le président cherchait à convaincre son interlocuteur d’enfreindre les lois pour lui accorder la victoire. Trump, qui a perdu plus de 50 contestations judiciaires, faute de preuves, a réussi à persuader des dizaines de millions d’Américains qu’on lui a injustement dérobé la présidence. 

Son délire de victoire imaginaire est tel qu’à un moment dans la conversation, il affirme avoir remporté, littéralement, tous les États.

Actes inadmissibles

Cet appel, qui n’était probablement pas le seul du genre, était un autre acte antidémocratique, potentiellement criminel, que les partisans et apologistes de Trump n’hésitent pas à défendre. 

Cela n’empêchera pas une bonne partie des républicains du Congrès de cautionner ces mensonges en s’opposant à l’acceptation des résultats du collège électoral, pour ne pas contrarier un président déterminé à rester en poste contre la volonté de l’électorat. Lors de ce vote perdu d’avance, des élus républicains montreront encore une fois à quel point ils souscrivent à la vision autocratique du pouvoir à tout prix personnifiée par Trump.

Deux voies possibles

Les événements de ces derniers jours suggèrent deux voies possibles pour l’avenir du parti républicain.

D’une part, on peut se réjouir de voir des officiers républicains qui insistent malgré les menaces pour défendre l’intégrité du processus électoral et qui osent démentir systématiquement tous les mensonges que le président Trump a fait avaler à des millions d’Américains. 

En privé, plusieurs élus républicains prétendent que leur parti pourra revenir à un semblant de normalité après le départ de Donald Trump, mais la persistance d’un grand nombre d’entre eux à défendre l’indéfendable reste profondément inquiétante.

Le vote de mercredi au Congrès montrera qu’un grand nombre de républicains sont encore terrifiés par l’emprise qu’exerce Donald Trump sur une partie de leur électorat. Le parti se résoudra-t-il à accepter les règles du jeu démocratiques, ou continuera-t-il sur la lancée de Trump ? Pour le moment, l’optimisme n’est pas de mise.