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Vers un couvre-feu: du jamais-vu au Québec depuis la crise d’Octobre

Crise d'octobre
Photo courtoisie, Jacques Bourdon

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Si le gouvernement Legault devait annoncer comme prévu la mise en place d’un couvre-feu pour réduire la propagation de la COVID-19, il s’agirait d’une première depuis la crise d’Octobre de 1970, lorsque l’armée avait envahi les rues de Montréal et de Québec.

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Après sept ans à poser des bombes et à fomenter des complots pour l’indépendance, les membres du Front de libération du Québec (FLQ) frappent un grand coup en octobre 1970.  

  • À ce sujet, écoutez Gilles Proulx sur QUB radio:   

Le commissaire britannique James Richard Cross et le ministre Pierre Laporte sont enlevés à quelques jours d’intervalle par l’organisation qui en profite pour faire part de ses revendications.

«C’est à ce moment que la Loi sur les mesures de guerre est demandée par le maire de Montréal, Jean Drapeau, et le premier ministre du Québec, Robert Bourassa», raconte Martin Pâquet, professeur de sciences historiques de l’Université Laval.

Plus de 6000 soldats de l’armée étaient déployés à Québec et à Montréal.
Photo courtoisie, Jacques Bourdon
Plus de 6000 soldats de l’armée étaient déployés à Québec et à Montréal.

Plus de 6000 soldats sont alors envoyés dans la métropole et la Vieille Capitale, un couvre-feu est établi et plus de 450 personnes sont arrêtées, soupçonnées d’être des sympathisants du FLQ, explique M. Pâquet.   

  • Gilles Proulx raconte comment il a vécu le couvre-feu de 1970 au micro de Richard Martineau sur QUB radio:    

Une première

Cette loi n’a été invoquée qu’à deux autres reprises au Canada, en 1914 et 1941, lors des deux guerres mondiales.

En 1971, après la levée des mesures, jamais plus un couvre-feu n’a été établi dans la province de Québec. L’instauration d’une telle restriction constituerait une première en 50 ans.

Les conséquences risquent d’être toutefois diamétralement opposées de celles de 1970, en raison du remplacement de la Loi sur les mesures de guerre par la Loi sur les mesures d’urgence, en 1988.

«Contrairement à la crise d’Octobre, les policiers ne pourront pas entrer chez les gens sans mandat et les contrevenants ne devraient pas être arrêtés, mais ils recevront des amendes salées», souligne l’historien.

Écoutez la chronique de Félix Séguin sur QUB radio:

Grippe espagnole

En fait, le couvre-feu qui pourrait être mis en place sous peu devrait ressembler beaucoup plus, dans sa mission, à celui de la Première Guerre mondiale.

À la fin du conflit, la mesure avait été maintenue pour réduire la propagation de la grippe espagnole qui était entrée au pays au retour des soldats. 

«Ce sont les vaccins et les mesures, dont le couvre-feu, qui ont mis fin à cette épidémie-là à l’époque», conclut M. Pâquet.

Rectificatif

Dans notre édition de mercredi, nous écrivions que le dernier couvre-feu imposé au Québec remontait à la crise d’Octobre 1970. Par contre, même si la loi sur les mesures de guerre prévoyait une telle disposition, elle n’a jamais été mise en application à ce moment. 

Le dernier couvre-feu non officiel au Québec est plutôt survenu au cours de la Seconde Guerre mondiale. On demandait alors aux gens de plusieurs municipalités de demeurer à la maison après 22 h et d’éteindre leurs lumières, afin que les Allemands ne puissent pas savoir où étaient les villes et ainsi les bombarder. 

Le dernier couvre-feu officiel daterait du début du 20e siècle, au moment de l’épidémie de grippe espagnole.

Situation au Québec

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