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Risque d’insurrection à Washington

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Nous allons vivre aujourd’hui une des journées les plus dramatiques de l’histoire récente des États-Unis.

Le Congrès se réunit en session conjointe pour accepter le résultat de l’élection présidentielle, une réunion qui relève habituellement de la simple procédure. Mais, cette fois, le cérémonial sera perturbé par du chaos suscité par Trump.

Nous allons assister à une tentative flagrante de Trump et de ses acolytes au Congrès de renverser le résultat du vote de 81 millions d’électeurs. Quelque 150 représentants et plus de 15 sénateurs républicains vont s’opposer à la ratification du vote du Collège électoral. Et, coup de théâtre possible, le vice-président Mike Pence, sous l’intense pression de Trump, pourrait trahir ses devoirs constitutionnels et refuser de ratifier la victoire de Biden.

Complot trumpien : les militaires disent non merci

À l’extérieur du Capitole, dans les rues de Washington, les partisans de Trump vont manifester pour faire pression sur le Congrès afin qu’il refuse la victoire démocrate. Trump a indiqué qu’il ira s’adresser à eux. Dans plusieurs tweets ces dernières semaines, il les a incités à la violence. Certains ont dit qu’ils viendraient armés. Les Proud Boys, un groupe d’extrême droite, a annoncé sa participation. Leur chef vient d’être arrêté et accusé de possession de chargeurs d’armes à feu de grande capacité.

De toute évidence, Trump espère qu’ils se déchaîneront dans les rues de Washington, se livrant à des déprédations et provoquant des affrontements. Une telle situation autour de la colline du capitole va donner à Trump le prétexte idéal pour proclamer l’« Insurrection Act » et faire appel à l’armée.

Les hauts responsables militaires semblent avoir été mis au courant des intentions de Trump d’utiliser l’armée pour rester à la Maison-Blanche. Sinon comment expliquer l’extraordinaire lettre ouverte que les dix anciens secrétaires à la défense, tant démocrates que républicains, dont deux que Trump a lui-même nommés, ont publiée dans le Washington Post ? Les ex-patrons du Pentagone déclarent que les forces armées doivent s’abstenir de toute action politique qui porte atteinte aux résultats de l’élection ou entrave le succès de la nouvelle équipe dirigeante. C’est, dit-on, l’ancien vice-président de Bush, Dick Cheney qui les a incités à intervenir.

  • Écoutez la chronique de Normand Lester sur QUB radio:

Un système politique dysfonctionnel

Les efforts maladifs et pathétiques de Trump pour renverser le résultat des élections ont mis à l’épreuve les institutions démocratiques américaines.

Jamais aux États-Unis un parti n’a rejeté aussi explicitement l’idée de démocratie participative que le parti républicain actuel, transformé par Trump en mouvement autoritaire.

Même si leurs efforts pour renverser les résultats de l’élection échouent, Trump et ses complices républicains ont corrompu, peut-être irrévocablement, la démocratie américaine et causé un tort énorme à la réputation des États-Unis à travers le monde.

Ce qui va se passer aujourd’hui à Washington va démontrer à quel point le système politique américain est dysfonctionnel et la nécessité de le soumettre à une refonte majeure, une impossibilité compte tenu de la division actuelle du pays, qui ne disparaîtra pas de sitôt.